Erreur sur mon relevé de carrière : les démarches à suivre pour corriger les anomalies

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CONCERNE : Agriculteur | Artisan-Commerçant | Micro-entrepreneur | Travailleur indépendant | Assimilé salarié | Etudiant | Fonctionnaire | Libéral | Salarié | Sans activité

Un rapport de la Cour des comptes publié en 2025 indique que plus d’un nouveau retraité sur dix a perçu une pension erronée en 2024. Si le Relevé Individuel de Situation (RIS) constitue le socle de l’historique de votre carrière, il est aussi à l’origine d’une grande partie de ces erreurs : périodes manquantes, salaires mal reportés, activités non prises en compte… Autant d’anomalies susceptibles d’affecter le montant de votre future pension.

Vous avez, vous aussi, repéré des éléments troublants ? Découvrez dans cet article les étapes essentielles pour identifier et corriger ces erreurs, des premiers signaux d’alerte jusqu’aux recours possibles, afin de sécuriser vos droits à la retraite.

Relevé de carrière et RIS : de quoi parle-t-on exactement ?

Le relevé de carrière, accessible en ligne depuis votre espace personnel retraite, retrace l’ensemble des droits acquis au titre de votre activité professionnelle dans le ou les régimes auxquels vous avez été affilié.
Le Relevé Individuel de Situation (RIS), quant à lui, est un document interrégimes. C'est la version « tout-en-un » des différents relevés de carrière. Il centralise l’ensemble des droits à la retraite acquis auprès des régimes de base et complémentaires tout au long de votre parcours professionnel, soit :

  • Vos trimestres validés,
  • Vos périodes d’emploi ou assimilées,
  • Vos revenus soumis à cotisations,
  • Ainsi que les majorations éventuelles (enfants, situations particulières, etc.).

Ce document constitue un repère clé pour :

  • Vérifier que toutes vos périodes travaillées ont bien été prises en compte ;
  • S’assurer de la cohérence des revenus déclarés ;
  • Préparer une demande de retraite en toute sérénité ;
  • Corriger d’éventuelles anomalies avant qu’elles n’impactent vos droits.

Une erreur non rectifiée peut en effet entraîner une minoration du nombre de trimestres validés ou un calcul incorrect de votre pension. D’où l’importance d’une vigilance régulière.

Relevé de carrière : quels sont les profils les plus susceptibles d’avoir des erreurs ?

Certaines trajectoires professionnelles sont plus exposées aux anomalies figurant sur le Relevé Individuel de Situation, en raison de changements fréquents de statut ou d’affiliations à plusieurs régimes de retraite. Sont notamment concernés :

  • Les carrières hachées : successions de CDD, missions d’intérim, emplois saisonniers ou périodes de chômage. Les emplois courts sont plus fréquemment mal déclarés ou oubliés.
  • Les passages entre salariat et indépendance : alternance entre le régime général (Carsat) et la Sécurité sociale des indépendants. Les échanges d’informations entre caisses ne sont pas toujours parfaitement synchronisés.
  • Les exploitants agricoles : affiliés à la MSA, avec des modalités déclaratives parfois complexes (exploitation familiale, associés, évolutions de statut).
  • Les carrières mixtes ou poly-pensionnées : parcours relevant de plusieurs régimes (régime général, fonction publique, SSI, MSA…). Chaque articulation entre organismes augmente le risque d’erreurs, d’oublis ou de doublons.

Certaines situations personnelles nécessitent également une vigilance accrue. C’est notamment le cas si :

  • Vous êtes une femme et avez interrompu votre activité pour l’éducation de vos enfants, certaines périodes étant parfois mal validées ;
  • Vous avez travaillé à l’étranger ou effectué votre service militaire.

À NOTER

Même si vous avez effectué une carrière linéaire en restant 40 ans dans la même entreprise, vous n’êtes malheureusement pas à l’abri d’une mauvaise surprise. Il suffit d’une erreur de saisie ou de transmission entre votre employeur et votre caisse de retraite pour que votre relevé de carrière ne reflète pas correctement votre parcours professionnel… Et que vous vous retrouviez avec une pension de retraite plus faible que celle à laquelle vous auriez dû avoir droit.

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Erreur sur le RIS : comment réagir ?

Vous vous êtes connecté à votre espace personnel sur le site de l’Assurance retraite et avez identifié des informations suspectes, des incohérences, voire des omissions dans votre relevé de carrière ? À partir de 55 ans, vous avez la possibilité de signaler ces anomalies directement depuis la rubrique « Ma carrière ».

Lorsque l’erreur est simple, comme un emploi manquant ou une période mal renseignée, un formulaire dédié vous permet de décrire précisément la situation : dates concernées, employeur, nature de l’erreur. La plateforme centralise la démarche, mais chaque caisse reste compétente pour traiter la demande qui la concerne.

Quels documents pour corriger son relevé de carrière ?

Cette démarche suppose de joindre les justificatifs appropriés. La qualité et la lisibilité des documents transmis sont déterminantes pour la rapidité du traitement. Les pièces le plus souvent demandées sont :

  • Les bulletins de salaire correspondant aux périodes concernées ;
  • Les contrats de travail ou certificats employeur ;
  • Les attestations de chômage ou de formation ;
  • Les documents justifiant une activité indépendante.

Des justificatifs complets, lisibles et bien datés permettent de limiter les délais et d’éviter des demandes complémentaires.

À NOTER

Corriger une erreur sur le RIS peut sembler fastidieux, mais l’enjeu est loin d’être négligeable. Selon la Cour des comptes, l’absence de correction peut entraîner une perte de pension mensuelle comprise entre 40 et 180 euros bruts, soit plusieurs centaines d’euros par an.



Quels délais faut-il respecter ?

En France, quelques centaines de personnes gèrent les dossiers de retraite de millions de pensionnés, actuels ou futurs. Avec un dossier sur dix comportant des anomalies, on comprend l’ampleur - et la difficulté – de cette mission pour les opérateurs de la fonction publique. Une correction peut nécessiter plusieurs semaines, voire plusieurs mois pour les carrières complexes ou multi-régimes.

Si vous n’avez pas eu de réponse à votre sollicitation ou si l’erreur persiste, une relance auprès de la caisse concernée est recommandée. Surtout, n’attendez pas le dernier moment. Mieux vaut apporter des corrections avant la liquidation de la retraite plutôt qu’après.

À NOTER

Une fois le courrier de notification des droits à la retraite reçu, il vous reste un ultime recours si les montants estimés ne vous semblent pas corrects : solliciter la saisine de la Commission de recours amiable (CRA). Les délais varient selon le régime :

  • 2 mois pour les salariés du secteur privé. En l’absence de réponse dans ce délai, le silence vaut rejet implicite.
  • 1 an pour les agents de la fonction publique.

Si la CRA rend une décision défavorable, une toute dernière voie existe : la médiation. Celle-ci suspend les délais de recours judiciaire.

Pour les régimes complémentaires Agirc-Arrco, un recours peut être engagé à tout moment, sans limite de délai. En revanche, la rétroactivité des droits n’est plus possible au-delà de six mois après la liquidation de la retraite. Les nouveaux droits sont alors appliqués à compter du premier jour du mois suivant la demande de révision.

Erreur sur le relevé de carrière : faites appel à un cabinet spécialisé

Votre carrière est très hachée, vous avez exercé plusieurs activités ou vous souhaitez simplement optimiser vos droits à la retraite ? Que vous soyez salarié, TNS ou dirigeant, le recours à un cabinet spécialisé en retraite peut s’avérer particulièrement pertinent.

Ces professionnels réalisent des bilans retraite personnalisés afin de reconstituer l’ensemble de votre parcours et de sécuriser vos droits avant le départ. Le cabinet QualiRetraite constate par exemple que, statistiquement, 84% des dossiers qu’il gère comportent des erreurs.

Au-delà du diagnostic, un cabinet vous accompagne aussi dans les démarches auprès des caisses concernées. Il peut aussi vous aider à :

  • Vérifier que toutes vos périodes d’activité et assimilées sont bien prises en compte ;
  • Identifier les trimestres manquants ou incorrectement validés ;
  • Mesurer l’impact des corrections sur votre âge de départ et le montant estimé de votre pension ;
  • Vous orienter vers des dispositifs permettant d’optimiser votre future retraite (surcote, rachat de trimestres, retraite progressive, cumul emploi retraite, etc.).

Le cabinet se charge également de coordonner les échanges avec les différentes caisses de retraite afin de procéder aux régularisations nécessaires, de sécuriser votre dossier dans sa globalité, et surtout, de récupérer les sommes qui vous reviennent de droit !

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