PER : 10 avantages et inconvénients à connaître avant de se lancer

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CONCERNE : Agriculteur | Artisan-Commerçant | Micro-entrepreneur | Travailleur indépendant | Assimilé salarié | Etudiant | Fonctionnaire | Libéral | Retraité | Salarié | Sans activité

Le Plan d’Épargne Retraite (PER) s’est imposé comme l’un des outils phares pour préparer sa retraite. Flexible, transférable, fiscalement attractif, il séduit un nombre croissant d’épargnants.

Mais comme tout placement, il comporte aussi des limites. L’objectif n’est pas ici de vous détailler son fonctionnement, mais de faire un tour d’horizon concret et lisible des cinq grands avantages et cinq principaux inconvénients afin de vous aider à y voir plus clair.

Plan épargne retraite : les 5 avantages du PER

1. La liberté des versements

L’un des premiers atouts du PER, et peut-être l’un des plus appréciés, tient à la grande souplesse de ses versements. Comme pour l’assurance vie, c’est vous qui décidez ce que vous y versez, quand vous le souhaitez. Aucune obligation de rythme, aucun montant minimal imposé.

Vous pouvez effectuer un versement unique de 10 000 € une année, puis 200 € par mois l’année suivante, ou même ne rien verser pendant plusieurs années (cette stratégie n’est cependant pas idéale pour optimiser la fiscalité du PER, nous y reviendrons plus tard).

Quoi qu’il en soit, la liberté des versements permet d’adapter l’effort d’épargne à la réalité de votre budget. Elle est, à ce titre, particulièrement appréciée des travailleurs indépendants ou des personnes aux revenus irréguliers. Contrairement à d’anciens produits retraite très normés, le PER s’adapte donc à votre vie, et pas l’inverse.

2. Une large palette de supports d’investissement

Le PER offre un accès très large aux supports financiers et s’adapte à votre appétence au risque :

  • Fonds en euros : capital garanti, rendement modéré mais stable.
  • Unités de compte (UC) : actions, obligations, immobilier, thématiques… Potentiel de rendement plus élevé, mais sans garantie.

Il faut savoir qu’aujourd’hui, la majorité des PER fonctionnent en gestion à horizon. Concrètement, cela signifie que votre épargne est investie sur des supports plus dynamiques lorsque la retraite est encore lointaine, puis progressivement sécurisée sur des fonds en euros à mesure que l’échéance approche.

3. Un déblocage anticipé possible dans certains cas précis

Même si le PER reste pensé pour la retraite, il permet une sortie avant l’échéance dans plusieurs cas très concrets. Le plus connu est l’acquisition de la résidence principale, une porte de sortie qui peut séduire les actifs les plus jeunes ayant déjà souscrit à ce dispositif. Cependant, il existe aussi d’autres cas où les sommes investies peuvent être débloquées :

  • Invalidité (du titulaire, du conjoint, d’un enfant),
  • Décès du conjoint,
  • Surendettement,
  • Fin des droits au chômage,
  • Liquidation judiciaire pour les travailleurs indépendants.

4. Une fiscalité très avantageuse pour les contribuables les plus imposés

C’est l’argument phare du PER : les versements volontaires peuvent être déduits de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel.

Ce mécanisme devient particulièrement pertinent si votre Taux Marginal d’Imposition (TMI) est élevé (30 %, 41 % ou 45 %). Chaque euro versé réduit votre base imposable, ce qui constitue un gain immédiat.

EXEMPLE


Robert a un TMI de 41% et verse chaque année 5000 euros sur son PER. Il peut économiser chaque année 2050 euros.

Autre point important : les plafonds de déduction du PER ne se limitent pas à l’année en cours. Ils sont cumulables sur les trois années précédentes. Cela offre une marge de manœuvre très utile si vous n’avez pas utilisé tout votre disponible fiscal. Cette possibilité permet d’optimiser un versement exceptionnel ou de compenser des années où l’épargne était plus difficile. Et la règle pourrait encore évoluer : le PLF 2026 prévoit d’étendre cette transférabilité sur cinq ans. Une souplesse supplémentaire qui étend la capacité à lisser l’effort d’épargne dans le temps.

5. La possibilité de transférer vos anciens produits retraite

Vous détenez un PERP, un contrat Madelin ou un ancien article 83 ? Sachez que vous pouvez les transférer vers un PER.
Ce transfert regroupe vos droits au même endroit, facilite le suivi, modernise la gestion et permet de bénéficier des règles plus souples du PER. Autre atout méconnu : en transférant rapidement, vous profitez aussi de l’harmonisation des frais et d’une gestion souvent moins coûteuse que celle de certains anciens supports.

Plan épargne retraite : les 5 principaux inconvénients du PER

1. Le blocage de l’épargne jusqu’à la retraite (sauf exceptions)

C’est la contrainte majeure : hors cas de déblocage anticipé, dont les situations exceptionnelles ont été présentées ci-dessus, vous ne pouvez pas toucher à votre argent avant la liquidation de votre retraite. Si vous avez besoin de liquidités à 50 ans pour un projet personnel, ce n’est tout simplement pas possible.

Il peut aussi être vécu comme une contrainte pour les personnes aux revenus aléatoires, qui pourraient avoir besoin de puiser ponctuellement dans leur épargne (hors comptes réglementés). L’assurance vie, contrairement à une idée encore trop répandue, permet d’investir sur le long terme tout en conservant la disponibilité du capital. Il s’agit là d’une différence cruciale à prendre en compte avant de s’engager dans un PER.

2. Un avantage fiscal moins intéressant si vous êtes peu imposé

Le gain fiscal du PER repose sur le principe suivant : vous déduisez vos versements aujourd’hui, mais serez imposé à la sortie (sur le capital ou sur la rente, selon votre choix).
Ce mécanisme n’est avantageux que si votre fiscalité est plus élevée pendant la phase d’épargne que lors de la sortie (en gros, si vos revenus baissent à la retraite par rapport à quand vous étiez salarié).

Ainsi, si votre TMI est de 0 % ou 11 %, le PER devient nettement moins pertinent. Dans certains cas, la fiscalité à la sortie peut même être plus lourde que le gain obtenu à l’entrée. Une alternative existe : renoncer volontairement à la déduction fiscale et privilégier l’avantage à la sortie.

Mais attention :

  • Le choix fiscal se fait au moment du versement,
  • Il n’est pas rétroactif,
  • Les anciens versements restent dans le régime choisi initialement.

3. Des frais parfois élevés selon les contrats

Comme tout produit financier, le PER comporte des frais :

  • Frais à l’entrée,
  • Frais sur versement,
  • Frais de gestion annuels,
  • Frais d’arbitrage entre supports.

Selon les acteurs, ces frais peuvent varier du simple au triple. Un PER mal choisi peut donc rogner une partie de votre performance, surtout si vous investissez principalement en fonds euros ou si vous effectuez de nombreux arbitrages.

Pour limiter ces frais, une seule solution, comparez les offres entre elles. Les PER proposés par les banques 100 % en ligne (Fortuneo, BoursoBank, Yomoni…) affichent généralement des frais moins élevés que ceux des établissements traditionnels (LCL, BNP Paribas, SG…), mais ce n’est pas systématique. La comparaison demeure donc indispensable.

4. Le rendement limité des fonds euros

Le fonds euros offre une garantie du capital, ce qui rassure beaucoup d’épargnants. Mais cette sécurité a un prix : le rendement est modeste et, sur le long terme, souvent inférieur à l’inflation. Selon MeilleurPlacement, le taux moyen des fonds en euros s'est établi à 2,5% en 2024, avec des contrats phares qui ont pu aller jusqu'à 3,60%.

Sur 25 ans, cela ne couvre pas toujours l’inflation + frais. Pour viser 5-6 % annualisés, voire plus avec les meilleurs contrats, il faut accepter des unités de compte.

La gestion pilotée à horizon - le choix par défaut des nouveaux PER - tente justement de pallier ce problème en exposant davantage votre épargne aux marchés lorsque la retraite est encore éloignée. Elle implique une acceptation du risque, ce qui ne convient pas à tous, mais ce risque est fortement réduit sur un temps d’investissement justement long. En matière de finance, il n’y a pas de secret : le rendement suit toujours le ratio du risque.

5. La sortie en rente viagère, souvent défavorable pour la transmission

Au moment de la retraite, le PER propose trois options : sortie en capital, en rente viagère, ou un mélange des deux.

La rente viagère peut sembler rassurante - un revenu garanti à vie - mais elle comporte une limite majeure : l’impact sur la transmission. Avec la rente, si vous décédez tôt, vos héritiers ne récupèrent rien. Pour changer cela, il faut avoir prévu une option de réversion. Celle-ci est utile, certes, mais elle réduit automatiquement le montant de la rente versée au titulaire.

Les rentes de réversion peuvent être fixées à 50 %, 70 %, 90 %, voire être supérieures à 100 %. Mais plus le pourcentage choisi est élevé, plus la rente initialement servie est minorée.

Le PER est donc, dans sa version en rente, une forme de « pari » sur la longévité : si le titulaire ou son conjoint ne vit pas suffisamment longtemps, une part importante du capital accumulé peut ne jamais être récupérée.

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