Retraite et fiscalité : pourquoi le moment du départ peut tout changer pour vos impôts

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Quitter la vie active, c’est souvent une décision réfléchie, mûrie, parfois préparée depuis des années. Pourtant, peu de futurs retraités mesurent à quel point le moment choisi pour partir peut influencer leur fiscalité.

Entre revenus d’activité, pensions de retraite, indemnités de fin de carrière et versements PER, le calendrier joue un rôle déterminant.

Partir en décembre ou en janvier, effectuer un versement sur un PER avant ou après la retraite, différer un retrait de quelques mois… Ces choix, en apparence anodins, peuvent parfois vous faire gagner jusqu’à plusieurs milliers d’euros d’impôts.

D’où l’importance de bien choisir le moment de son départ. Ce n’est pas seulement une étape symbolique : c’est aussi un moment clé d’optimisation patrimoniale, où anticipation et stratégie peuvent faire toute la différence.

Le calendrier du départ en retraite : un détail qui pèse lourd

Le moment choisi pour quitter la vie active peut avoir un impact considérable sur la fiscalité du futur retraité.

Pour bien comprendre, prenons un exemple concret.

EXEMPLE

Prenons l’exemple de Nathalie, 62 ans, cadre salariée, dont le départ à la retraite est prévu fin 2025. Son employeur lui verse une indemnité de départ de 40 000 €, et sa pension annuelle sera de 24 000 €.

Si elle part le 31 décembre 2025, elle perçoit cette même année son dernier salaire, son indemnité et un mois de pension. Résultat : un revenu global d’environ 115 000 €, la propulsant dans une tranche d’imposition à 30 %.

Mais si Nathalie décide de décaler son départ au 1er janvier 2026, tout change.
Son salaire et indemnité restent rattachés à 2025, année où son taux moyen d’imposition est certes élevé, mais sa pension ne sera imposée qu’à partir de 2026 ; une année où ses revenus chuteront et où elle sera imposée à 11 % seulement.

Bilan : près de 2 800 € d’impôts économisés, simplement en décalant la date de départ de quelques jours.

Cet exemple illustre un principe fondamental : la fiscalité de la retraite se joue parfois à quelques semaines près.

PER : optimiser ses versements pour réduire ses impôts

Le Plan d’Épargne Retraite (PER) est un outil essentiel dans la préparation du départ.

Les versements volontaires permettent de réduire le revenu imposable de l’année, tandis que les retraits doivent être planifiés avec soin pour éviter une imposition trop lourde.

Pour mieux comprendre, prenons un nouvel exemple :

EXEMPLE

Prenons l’exemple de Marc, 59 ans, consultant indépendant. Il anticipe une dernière année d’activité particulièrement rémunératrice, avec un revenu annuel prévu de 90 000 €. Son conseiller lui recommande d’effectuer un versement sur son PER avant la cessation de son activité, afin de réduire son impôt sur le revenu et préparer son futur revenu complémentaire de retraite. Compte tenu de son épargne disponible, il envisage de verser 9 000 €.

Pour un indépendant, les versements volontaires sur le PER sont déductibles de ses bénéfices professionnels dans la limite égale au plus élevé des 2 montants suivants :

  • Soit 10 % de ses bénéfices imposables retenus dans la limite de 8 PASS, auxquels s’ajoutent 15 % des bénéfices compris entre 1 et 8 PASS = maximum 87 135 € en 2025 ;
  • Soit 10 % du PASS de l’année N = 4 710 € en 2025.

Dans le cas de Marc, son plafond de déduction fiscale est fixé à 15 435 € en 2025.

Il peut donc déduire les 9 000 € de son revenu imposable.

Cas 1 : aucun versement sur le PER

Si Marc n’effectuait aucun versement, son revenu imposable resterait de 90 000 €, sa tranche marginale d’imposition serait de 30 %, et l’impôt estimé pour l’année s’élèverait à environ 15 300 €.

Cas 2 : versement de 9 000 € sur le PER

En effectuant un versement de 9 000 € sur son PER, son revenu imposable passe à 81 000 €, avec le même taux marginal de 30 %, ce qui réduit son impôt à environ 13 800 €. Grâce à ce simple ajustement, Marc réalise une économie fiscale de 1 500 € tout en constituant une épargne retraite supplémentaire de 9 000 €.

À NOTER

  • Si son revenu avait été plus élevé, Marc aurait pu utiliser le plafond maximal de 87 135 € en 2025 et réaliser ainsi une économie fiscale encore plus conséquente ;
  • S’il avait attendu l’année suivante pour effectuer le versement, alors que ses revenus seraient plus faibles suite à son départ à la retraite, la déduction aurait été moins intéressante : son taux marginal serait inférieur, réduisant l’effet fiscal du versement.

Pour un salarié, le montant déductible est moins important. Il correspond au plus élevé de ces deux montants :

  • 10 % du revenu net imposable, dans la limite de 10 % de 8 PASS de l’année N-1, soit maximum 37 094 € en 2025 ;
  • Soit 10 % du PASS N-1, soit 4 637 € en 2025.

Cet exemple illustre parfaitement que l’efficacité du PER repose sur le timing et l’anticipation. Un versement bien planifié permet d’optimiser sa fiscalité tout en se constituant un capital retraite.

Le timing des retraits sur le PER : un levier fiscal à ne pas négliger

Le moment choisi pour récupérer les sommes épargnées sur un PER peut avoir un impact considérable sur la fiscalité du futur retraité.

Pour mieux comprendre l’importance du timing, prenons un exemple concret :

EXEMPLE

Claire, 63 ans, travaille encore jusqu’en novembre et perçoit un revenu annuel conséquent de 75 000 € provenant de son activité salariée. Elle a également un PER avec un capital de 90 000 € et souhaite retirer 30 000 € pour financer un projet immobilier.

Cas 1 : retrait l’année N de son départ

Si elle effectue le retrait avant la fin de l’année, ses revenus imposables cumuleraient les 60 000 € de salaire et les 30 000 € du PER, soit un total de 90 000 €. Placée dans une tranche marginale d’imposition de 30 %, l’impôt sur le retrait atteindrait environ 9 000 €.

Cas 2 : retrait l’année N+1 de son départ

En revanche, si Claire attend le début de l’année suivante pour effectuer le retrait, elle ne perçoit plus son salaire et bénéficie uniquement de sa pension annuelle complète de 24 000 €. En retirant les 30 000 € du PER sur cette année, le revenu imposable total tombe à 54 000 €, et la tranche marginale descend à 11 %.

L’impôt sur le retrait n’est alors plus que d’environ 3 300 €, ce qui représente une économie fiscale d’environ 5 700 €, simplement en ajustant le calendrier du retrait.

Cet exemple illustre parfaitement qu’en période de transition entre activité et retraite, le moment choisi pour retirer le capital d’un PER peut transformer significativement la charge fiscale, et qu’une planification réfléchie permet de maximiser le revenu net disponible.

Se faire accompagner pour optimiser sa fiscalité

La retraite ne se résume pas à une formalité administrative : c’est une étape stratégique pour votre patrimoine.

Se faire accompagner par un expert permet de planifier le meilleur calendrier de départ, ajuster les versements et retraits d’épargne retraite et optimiser votre fiscalité.

Anticiper ces décisions avec un professionnel vous aide à transformer une étape complexe en véritable opportunité patrimoniale.

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