Épargne retraite : les meilleurs placements pour améliorer votre pension de retraite

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Retraite rime-t-elle forcément avec perte de revenus par rapport à la vie active ? Si c’est souvent le cas, ce n’est pas non plus une fatalité. Pour éviter de fragiliser l’équilibre financier du foyer, le passage à la retraite représente alors une véritable seconde vie à planifier.

De l’assurance vie au PER, en passant par les marchés financiers, l’immobilier, ou même l’or, découvrez des solutions à votre portée pour transformer votre épargne en complément de revenus durable.

La retraite : une baisse de revenus inévitable ?

La retraite ouvre souvent un nouveau chapitre de vie. C’est le moment où l’on retrouve du temps pour soi, mais aussi celui où l’équilibre financier doit être repensé. Car même avec une épargne construite au fil des années, le passage du salaire à la pension reste une étape délicate.

Pourquoi ? Car les inégalités demeurent fortes. Selon un rapport de la Drees, la retraite moyenne à carrière complète s’élevait à 2000 euros brut par mois fin 2023. Une moyenne qui cache par ailleurs d’importantes différences de traitement : les femmes perçoivent en moyenne 1 680 euros, contre 2 280 euros pour les hommes, soit un écart de 26 %.

Dans le même temps, d’après l’Insee, le salaire moyen en France atteignait 2 730 euros nets par mois dans le privé et 2 530 euros dans le public (avec de grandes disparités selon les statuts et les fonctions). Le constat est donc clair : au moment de la retraite, le niveau de vie recule sensiblement. (Précisons tout de même que comparer uniquement des chiffres peut être trompeur, puisque les retraités perçoivent moins de prestations sociales que les actifs, mais acquittent également moins d’impôts et de prélèvements).

Néanmoins, se préparer à la retraite, c’est anticiper, et construire avant tout des sources de revenus complémentaires. Il ne s’agit pas seulement d’épargner, mais de choisir les bons supports. Certains misent sur la sécurité, d’autres sur la performance ou encore sur la fiscalité avantageuse. Le vrai défi, c’est de trouver le bon équilibre entre ces trois dimensions.

Les comptes réglementés : une idée à oublier pour un placement retraite

Les livrets réglementés - Livret A, LEP ou LDDS - sont parfois considérés comme une première marche vers l’épargne retraite. Erreur : leur vocation n’est pas de financer la retraite, mais de constituer une épargne de précaution. Une différence énorme.

Certes, les comptes réglementés ont de quoi rassurer : garantis par l’État, sans risque et disponibles à tout moment, ils offrent une sécurité totale. En revanche, leur rendement reste limité : 1,75 % pour le Livret A et le LDDS depuis août 2025, soit un niveau qui compense à peine l’inflation.

Ces supports ne permettent donc pas de générer un véritable complément de revenus pour la retraite. Leur rôle est ailleurs : servir de filet de sécurité en cas de dépense imprévue (remplacement d’électroménager, travaux, frais médicaux…) ou financer des projets ponctuels comme un voyage ou des loisirs.

Le PER : une solution taillée pour la retraite

Le Plan d’Épargne Retraite (PER) a été créé pour simplifier et moderniser la manière dont chacun peut préparer sa retraite. En pratique, il existe trois formules : le PER individuel (PERin), accessible à tous, le PER collectif (PERcol) proposé dans certaines entreprises, et le PER obligatoire (PERo) réservé à certaines catégories de salariés.

Mais concentrons-nous sur le PER individuel, celui que vous pouvez ouvrir librement, auprès d’une banque, d’un assureur ou d’un gestionnaire d’épargne. Ce produit séduit plus de 7 millions de Français aujourd’hui pour une raison simple : il offre une combinaison rare entre souplesse et avantage fiscal.

Lorsque vous alimentez votre PER, les versements sont déductibles de votre revenu imposable. Autrement dit, vous réduisez vos impôts dès aujourd’hui, tout en mettant de côté pour demain. Ce mécanisme profite particulièrement à ceux dont la tranche d’imposition est élevée (au-delà de 30%), mais reste intéressant pour d’autres profils, surtout si vous souhaitez étaler votre effort d’épargne dans le temps.

L’argent investi reste donc bloqué jusqu’à la retraite, mais là encore, la logique est positive : c’est une épargne de long terme, conçue pour grandir tranquillement sans être piochée au moindre imprévu. Et une fois à la retraite, vous pouvez choisir la forme de sortie :

  • En capital, pour financer un projet ou disposer d’une somme immédiatement ;
  • En rente viagère, pour compléter vos revenus mensuels ;
  • Ou un mix des deux, selon vos besoins.

Cette liberté au moment du déblocage en fait un outil très adaptable. Vous avez également la possibilité de retirer votre épargne avant la retraite dans certains cas exceptionnels :

  • Achat de la résidence principale,
  • Invalidité, décès du conjoint,
  • Fin de droits au chômage,
  • Surendettement ou liquidation judiciaire.

Ces situations sont rares, mais elles montrent que le PER n’est pas aussi rigide qu’il y paraît.

C’est aussi un placement qui s’inscrit dans le temps. L’âge idéal pour l’ouvrir ? Souvent autour de 40 ans, quand les revenus deviennent plus stables et que la capacité d’épargne augmente. Mais rien n’empêche de le faire plus tôt ! Chaque année compte dans la construction du capital. Même un petit versement que vous effectuez de façon régulière peut, sur plusieurs décennies, faire une vraie différence.

À NOTER

En toile de fond, le PER répond à un enjeu bien plus large : celui de la pérennité du système de retraite par répartition. Le vieillissement de la population met sous tension un modèle où les actifs financent les pensions des retraités. Selon un sondage Toluna/Harris Interactive « France 2035, France 2050 », près de trois quarts des Français pensent que ce système aura disparu ou profondément changé d’ici 2050.

L’assurance vie : souplesse et long terme pour un placement retraite

Véritable star de l’épargne à long terme, l’assurance vie séduit depuis des décennies par sa souplesse, sa fiscalité avantageuse et sa capacité à s’adapter à chaque profil d’épargnant. C’est un contrat que vous pouvez alimenter à votre rythme, sans contrainte de versement, et qui vous laisse le choix entre sécurité et recherche de performance.

Concrètement, l’assurance vie repose sur deux grands types de supports :

  • Le fonds en euros, à capital garanti, qui sécurise votre épargne et génère des intérêts annuels. C’est le support privilégié des épargnants prudents.
  • Les unités de compte (UC), investies sur les marchés financiers, dans des fonds actions, obligataires ou immobiliers. Elles offrent un potentiel de rendement plus élevé, mais présentent aussi un risque de perte en capital.

Les contrats multisupports permettent de combiner ces deux univers, en ajustant la répartition selon votre profil d’investisseur. Plus votre horizon de placement est long, plus vous pouvez vous permettre une part d’unités de compte, car le temps joue un rôle clé : il permet de lisser les fluctuations des marchés et d’amortir les périodes de baisse.

Arrivé à la retraite, vous disposez ensuite d’une grande liberté pour récupérer votre capital. Vous pouvez effectuer un rachat total, si vous souhaitez disposer immédiatement de votre épargne, ou un rachat partiel, pour ne retirer qu’une partie des fonds. Beaucoup de retraités choisissent d’ailleurs cette seconde option afin de percevoir un revenu complémentaire régulier.

Certains optent pour les rachats partiels programmés, une formule qui consiste à percevoir automatiquement une somme mensuelle ou trimestrielle, à la manière d’une rente. Cette solution permet de garder le contrôle sur son capital, tout en bénéficiant de revenus constants.

Autre atout souvent méconnu : la transmission du capital. Grâce à la clause bénéficiaire, vous pouvez désigner librement la ou les personnes qui recevront les fonds en cas de décès. Le conjoint survivant, par exemple, peut hériter du capital hors droits de succession, et donc bénéficier de fonds supplémentaires qui viendront à leur tour compléter sa retraite.

À NOTER

Rappelons un point essentiel concernant la fiscalité des rachats d’assurance vie. Après huit années de détention, vous bénéficiez d’un abattement annuel de 4 600 euros sur les gains réalisés (ou 9 200 euros pour un couple marié ou pacsé soumis à une imposition commune). Concrètement, cela signifie que, dans cette limite, les intérêts retirés ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu. C’est pour cette raison qu’il est fortement recommandé d’ouvrir une assurance vie le plus tôt possible : même avec de petits versements, vous enclenchez le compteur fiscal.

Le PEA comme placement pour la retraite : potentiel et fiscalité avantageuse, à condition d’anticiper

Si les marchés financiers vous intéressent et que vous souhaitez profiter de leur dynamisme pour constituer un patrimoine sur le long terme, le PEA peut être un allié intéressant. Ce produit d’épargne est une véritable porte d’entrée vers les actions européennes, avec une fiscalité très favorable après cinq ans de détention : les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu (hors prélèvements sociaux de 17,2 %).

Avec le PEA assurantiel (le PEA bancaire nécessite une formalité de transformation en PEA assurantiel), il est également possible de récupérer les sommes sous forme de rente. La rente peut aussi s’accompagner d’options, telle que l’option de réversion, qui permet d’assurer un revenu au conjoint survivant.

Sachez cependant qu’avec le PEA, tous les investissements sont orientés vers des supports à risque, tels que les actions ou les ETF indiciels. Si le temps tend à lisser les fluctuations de la Bourse, il n’élimine pas pour autant le risque de perte en capital.

Lire aussi :

PEA ou compte-titres ? Lequel choisir pour investir en Bourse en France ?

L’or : la valeur refuge par excellence pour un placement retraite ?

Parmi les placements à long terme, l’or garde une aura particulière. Rare, tangible et universellement reconnu, il traverse les crises sans perdre son éclat. En octobre 2025, il a même franchi la barre symbolique des 4 000 dollars l’once, soit une hausse de plus de 250 % en dix ans. Concrètement, une personne ayant investi 3 000 euros en 2015 aurait vu son capital grimper à 10 500 euros en 2025, soit une belle plus-value de 7 500 euros !

Vous pouvez investir dans le métal jaune de plusieurs façons : pièces, lingots, lingotins, ou encore via des ETF qui répliquent sa valeur à travers un compte-titres ordinaire (CTO). Attention toutefois, le CTO est soumis à la fiscalité des plus-values mobilières (30 % de PFU ou imposition au barème progressif). En revanche, il n’existe toujours pas à ce jour d’ETF aurifère éligible au PEA.

Même s’il peut être volatil à court terme, l’or reste une valeur refuge dans un portefeuille. Il protège contre l’inflation et les secousses des marchés. C’est pourquoi il peut être pertinent d’y consacrer 5 à 10 % de votre épargne : un moyen de diversifier, sécuriser, et pourquoi pas, récolter ses fruits au moment de la retraite.

À NOTER

Vous détenez un CTO et vous hésitez entre le PFU et le barème progressif ? Si votre taux marginal d’imposition est égal ou supérieur à 30 %, le PFU sera probablement plus avantageux, même si vous perdez certains atouts comme la CSG déductible ou l’abattement sur les dividendes. Un petit calcul s’impose donc avant de trancher.

SCPI et immobilier : miser sur la pierre pour son placement retraite

Quand on prépare sa retraite, l’immobilier reste souvent une évidence. C’est concret, rassurant, et cela permet de se constituer des revenus réguliers. Mais il existe plusieurs manières d’y accéder, avec ou sans les contraintes de la gestion locative.

Si vous aimez la pierre au sens propre, l’investissement en direct offre la satisfaction de posséder un bien tangible : un appartement, une maison, un petit immeuble. Une fois le crédit remboursé, les loyers deviennent alors de vrais compléments de revenus.

Certains choisissent même de revendre leur bien au moment de la retraite, pour profiter de la plus-value accumulée au fil des années. L’envers du décor ? Des charges, des impôts fonciers, des locataires à gérer… bref, du temps et de l’énergie.

C’est pourquoi de plus en plus d’épargnants optent pour une solution plus souple : les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier). Vous investissez alors dans un portefeuille collectif de biens (bureaux, commerces, logements), et vous percevez des revenus trimestriels sans rien avoir à gérer. En 2024, selon l’Aspim, le taux de distribution moyen s’élevait à 4,72 %*.

Autre atout, certaines SCPI sont accessibles via une assurance vie ou un PER, ce qui permet d’associer rendement immobilier et avantage fiscal. Sachez que là encore, il s’agit d’un placement de long terme, qui vise avant tout à construire un revenu complémentaire stable, bien utile une fois la vie active derrière soi.

Placement retraite : un objectif, plusieurs choix

Au final, peu importe le type de placement que vous choisissez, vous disposez aujourd’hui de nombreuses façons de préparer votre retraite et de préserver votre niveau de vie.

Pour certains d’entre vous, l’objectif principal sera de réduire vos impôts ; pour d’autres, il s’agira plutôt de se créer des revenus réguliers ou de préparer la transmission de votre patrimoine. La fiscalité joue ici un rôle essentiel et doit donc être anticipée, car elle peut influencer vos choix et maximiser vos gains.

Mais quand il s’agit de bâtir votre retraite, un principe reste incontournable : ne jamais mettre tous vos œufs dans le même panier. Cette règle est d’autant plus importante si votre future pension risque d’être limitée. En diversifiant vos placements et en multipliant vos sources de revenus, vous sécurisez votre avenir, réduisez les risques et vous vous assurez surtout de profiter pleinement de votre retraite, sans avoir à faire de sacrifices sur votre quotidien.

Pour terminer, voici un tableau qui vous résume les avantages et inconvénients de chaque dispositif présenté dans ce long focus. Vous pouvez aussi faire une simulation en ligne pour évaluer vos revenus une fois à la retraite.

Dispositif

Avantages

Inconvénients

PEA (Plan d’Épargne en Actions)

· Exonération d’impôt sur les gains après 5 ans

· Accès aux actions européennes et ETFs

· Possibilité de constituer un capital sur le long terme

· Risque de perte en capital (marchés volatils)

· Limité aux actions européennes

· Avantages fiscaux disponibles uniquement après 5 ans

CTO (Compte-titres ordinaire)

· Accès à tous les marchés et produits financiers

· Flexibilité totale dans les investissements

· Fiscalité des plus-values immédiate en cas de retrait (PFU 30 % ou impôt sur le revenu)

· Risque de perte en capital (marchés volatils)

Assurance vie

· Souplesse des versements et retraits

· Choix entre fonds en euros sécurisés et unités de compte performantes Fiscalité avantageuse après 8 ans

· Rendement du fonds en euros limité

· Frais possibles (entrée, gestion, arbitrage)

PER (Plan d’Épargne Retraite)

· Versements déductibles du revenu imposable

· Sortie flexible en rente ou capital

· Blocage des fonds jusqu’à la retraite (sauf cas exceptionnels)

· Fiscalité à la sortie ou à l’entrée (option) qui impose d’analyser sa situation

Immobilier en direct (location)

· Revenus locatifs réguliers

· Bien tangible et valorisable

· Possibilité de plus-value à la revente

· Gestion locative chronophage

· Frais d’entretien et impôts fonciers

· Capital immobilisé et peu liquide

SCPI (Pierre-papier)

· Revenus réguliers sans gestion directe

· Diversification géographique et sectorielle

· Accessibles via assurance vie ou PER pour fiscalité avantageuse

· Rendement dépendant des loyers et de la valorisation des parts

· Frais d’entrée et de gestion

· Moins liquide que les produits financiers

*Les performances passées ne préjugent en rien des performances futures et cet article a un but uniquement informatif; il ne peut être considéré comme un conseil en investissement.

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