Votre dépendance peut-elle attendre encore un peu ?

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CONCERNE : Agriculteur | Artisan-Commerçant | Micro-entrepreneur | Travailleur indépendant | Assimilé salarié | Etudiant | Fonctionnaire | Libéral | Retraité | Salarié | Sans activité

Louise fête ses 55 ans et commence à penser à sa retraite. Elle sait que sa pension sera proche de 1200 euros par mois ce qui lui permettra d’avoir un niveau de vie correct mais sans plus. Elle est propriétaire de son appartement deux pièces en province d’une valeur de 120 000 euros. Elle n’a pas de liquidités de côté car elle préfère, comme elle le dit, « profiter de la vie »

Louise est indépendante et veut surtout le rester. Elle a lu beaucoup d’articles de presse sur la perte d’autonomie et le coût que cela peut représenter. Cela lui fait peur et elle ne veut pas être une charge pour son fils, Paul qui vit avec sa famille en région parisienne.

Louise prend le temps de se faire expliquer l’assurance dépendance

Louise s’est renseignée auprès de son assureur. Elle voudrait souscrire un contrat de dépendance au cas où elle ne pourrait plus assumer seule les actes de la vie ordinaire. Les contrats sont complexes mais son conseiller a pris le temps de lui expliquer toutes les subtilités des différentes formules : dépendance totale, dépendance partielle, dépendance légère, évolution des primes, exclusions et surtout les délais d’attente qui correspondent à la période entre la date d’adhésion et la date des prises d’effets des garanties. « Ce délai d’attente est d’un an, sauf si la dépendance résulte d’une maladie psychique, comme par exemple la maladie d'Alzheimer. Dans ce cas le délai d’attente est porté à 3 ans à compter de la date de conclusion du contrat », insiste l’assureur conseil de Louise.

Louise rend compte à Paul de son entretien avec son assureur. Elle lui dit qu’elle a bien envie de souscrire un contrat de dépendance pour une garantie de 800 euros par mois. Cette somme, ajoutée à celle de sa retraite et pourquoi pas de revenus tirés de la location de son appartement (250 euros nets si on enlève les charges) et dans le meilleur des cas 400 euros d’Allocation pour l’autonomie, lui permettrait de financer une belle maison de retraite tout en gardant de quoi faire plaisir à ses petits enfants sans entamer son patrimoine. Tout cela pour un coût de 55 euros par mois.

Paul n’est pas d’accord. Il pense qu’il vaut mieux mettre cet argent de côté et que cela sera plus utile. Louise ne veut pas contredire son fils.

Peu d’intérêt aux souscriptions tardives

Les années passent et Louise vieillit. Son fils aussi a réfléchi depuis que sa belle-mère est devenue dépendante. Comme elle a peu de revenus, sa femme et son beau-frère sont obligés de mettre la main à la poche pour financer une aide à domicile. 

Un peu paniqué, c’est Paul qui insiste à présent pour que sa mère souscrive un contrat de dépendance. Il la trouve d’ailleurs bien fatiguée ces derniers temps. Louise accepte. Elle approche les 70 ans. Bientôt ne sera plus assurable.  

Seul son conseiller en assurance émet des réserves. Il pense qu’il est un peu tard maintenant. Assez mécontent, Paul invite sa mère à changer d’assureur pour souscrire une couverture dépendance avec une prime de 84 euros par mois. Paul ne comprends pas cette hausse de tarif par rapport au 54 euros dont lui avait parlé sa mère à l’époque. « Plus on avance en âge et plus le tarif est élevé » lui répond l’assureur.

Le « joker » du délai d’attente

Puis les évènements se sont vites enchainés.

Deux ans et demi après la conclusion du contrat, le médecin de Louise diagnostique une maladie d’origine neurologique. Impossible pour Paul de gérer à distance l’état de sa mère, l’assistance d’une tierce personne étant nécessaire. Louise est devenue un danger pour elle et pour les autres. Il convient de trouver vite un EHPAD. « Heureusement que j’ai insisté pour la signature du contrat de dépendance » se félicite Paul. Mais le réveil va être douloureux. Celui-ci découvre que l’assurance ne jouera pas car la survenance de la dépendance provient de causes neuro-psychiques pour lesquelles la garantie ne joue qu’après un délai d’attente de 3 ans. Louise, bien conseillée par son ancien assureur, avait bien averti Paul il y a 15 ans, mais celui-ci ne l’a pas écouté.

Seule consolation : l’assureur va mettre fin au contrat et remboursera à sa mère les primes versées nettes de frais.

Pour le reste, il faudra choisir une maison de retraite médicalisée d’un confort moindre que celui que Louise avait espéré et envisager de vendre l’appartement qui n’est plus en état d’être loué dans de bonnes conditions.

Morale de l'histoire

GARE AU PIÈGE DU DÉLAI DE CARENCE LORS DE LA SOUSCRIPTION DU CONTRAT DE DÉPENDANCE

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