Horizons lointains, retraite en peau de chagrin

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Stéphane et Cyrielle et leurs deux très jeunes enfants sont heureux. Ils préparent leur déménagement vers le Vietnam. Pour Stéphane, il s’agit d’une promotion.

Architecte de formation, il va prendre la direction d’une antenne locale de sa société pour développer des projets immobiliers. Cyrielle, laisse son emploi d’assistante de direction dans une PME qui ne la passionne guère. Elle a déjà occupé plusieurs emplois différents selon les mutations de son mari, mais toujours en France et pendant un an en Guadeloupe.

Ne pas confondre détachement et expatriation

Leurs amis avant de partir les ont prévenus qu’ils passeraient les voir souvent. Et surtout leur ont demandé si tout était en ordre pour leurs assurances et leurs couvertures sociales pour eux et pour leurs enfants.

« Tout a été réglé avec la DRH de Stéphane » répond Cyrielle. « Le groupe de Stéphane a opté pour le statut du détachement. Tout est prévu dans le cadre du contrat de l’entreprise ». Il est vrai que le Vietnam n’a pas signé d’accord de Sécurité sociale avec la France.

Arrivés à Hanoi, Stéphane et Cyrielle sont pris en charge par l’antenne locale du groupe. Ils font la connaissance de Français avec lesquels ils sympathisent. Au bout de 3 ans, l’employeur de Stéphane lui demande s’il souhaite rester sur place avec le statut d’expatrié car il ne veut pas reconduire le statut de détaché. Stéphane accepte de poursuivre son activité dans la filiale avec un contrat local. Sa protection sociale change, il relève à présent des assurances sociales et santé du Vietnam. Mais Stéphane a négocié une hausse de salaire qui lui permet de souscrire une solide assurance privée auprès d’une compagnie française.

Les années passent et 15 ans après leur installation, dès l’obtention du BAC de leur fille aînée, Stéphane et Cyrielle décident de rentrer en France. A leur retour, Stéphane négocie une rupture conventionnelle et s’installe avec Cyrielle sur la Côte Basque dont il est originaire. Le couple fonde un bureau d’étude et démarre une activité libérale en liaison avec l’Asie du Sud Est. Ils sont affiliés au RSI et à une caisse de retraite des libéraux.

Activité à l’étranger...

Arrivé chacun à  62 ans, le couple confie la gestion de son dossier de retraite à une société spécialisée dans la reconstitution de carrière. A la lecture de leur dossier, ils découvrent que pour leur régime de base, faute de convention bilatérale avec le Vietnam, la retraite sera calculée au regard de la seule carrière en France et :

  • qu’il va manquer à Stéphane 12 ans, soit 48 trimestres sur sa retraite correspondant à la période d’expatriation.
  • qu’il va manquer à Cyrielle 60 trimestres (15 ans) correspondant à la période où elle n’a pas travaillé et n’a cotisé à aucun régime. Ses 2 enfants lui permettront néanmoins de récupérer 16 trimestres, mais au final, il lui manquera 44 trimestres.

Et ce n’est pas tout, comme ils n’ont pas le nombre de trimestres suffisants, il faudra rajouter à ce coefficient de proratisation la fameuse décote. Et tout cela, sans compter sur les régimes complémentaires ARRCO et AGIRC qui vont eux aussi subir des minorations.

Que faire ?  Racheter des trimestres mais cela ne suffira pas. Se renseigner auprès du régime vietnamien pour connaître les droits de Stephane au regard de la législation du pays. Attendre l’âge de la retraite à taux plein (67 ans pour le couple) en sachant que cela ne réglera pas la question de la proratisation liée aux trimestres manquants. Heureusement qu’ils ont pu se constituer un patrimoine qui compensera en partie cette baisse de pension.

…rime souvent avec trimestres non cotisés

Stéphane et Cyrielle font part de leur situation à leurs amis Marc et Sophie qui eux aussi sont de retours du Vietnam après des années d’expatriation. « Nous n’avons pas eu ce problème leur expliquent ces derniers, car nous avons continué à cotiser à l’assurance volontaire de la Caisse des Français de l’Etranger. Grâce à cette affiliation, nous n’avons pas perdu de trimestres et pu obtenir notre retraite complète, sans décote, à 62 ans. J’ai effectué  la même opération avec les régimes de retrait complémentaires en cotisant à la CRE et à l’Ircafex », précise Marc.

« Y compris pour Sophie qui ne travaillait pas elle non plus ? » demande Cyrielle.

« Surtout pour Sophie qui avait une petite carrière», répond Marc. « La CFE, lui a permis de cotiser en tant que chargée de famille puisque nous avions des enfants à charge. Elle a pu elle aussi avoir une carrière complète à la Sécurité sociale ».

Nous aurions dû en parler avant, lorsque nous étions au Vietnam, concluent Stéphane et Cyrielle, un peu déçus tout de même de leurs amis.

Morale de l'histoire

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