Vers une dégressivité des allocations chômage des cadres ?

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Vers une dégressivité des allocations chômage des cadres ?
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La rentrée sonne pour le gouvernement. Et avec elle, le retour des discussions autour de la réforme de l’assurance-chômage.

Dans ce cadre-là, syndicats et patronat seront reçus par le Premier ministre Édouard Philippe entre le 29 août et le 4 septembre.

Et parmi les thèmes abordés, la question de l’instauration d’une dégressivité des allocations chômage pour les hauts cadres.

Portée par le député LREM, Aurélien Tuché, « au nom d’une meilleure justice sociale », la proposition a fait bondir le syndicat des cadres.

Plafond d’indemnisation fixé à plus de 6 200 €/ mois pour les cadres

La dégressivité des allocations-chômage à partir de 6 mois pour les hauts cadres s'appliquerait à une part très restreinte de cette catégorie de salariés : celle qui perçoit des revenus mensuels supérieurs à 13 000 €/ mois et qui peut, de ce fait, prétendre à l’indemnisation maximale de Pôle emploi de 6 200 €/mois.

En 2017, seules 1 100 personnes étaient concernées, selon l’UNEDIC.

« La France est le pays où le plafond de l’indemnisation est le plus élevé, à plus de 6 200 euros » affirme Aurélien Tuché. Propos corroborés par Éric Heyer, économiste à l’Observatoire français des conjectures économiques (OFCE) qui déclarait récemment : « A plus de 6 200 €, le plafond d’indemnisation est le plus élevé d’Europe. Sauf qu’il est reversé à quelques cadres qui ont énormément cotisé. On peut le baisser mais les finances de l’UNEDIC y perdraient car il faudrait baisser les cotisations de tous les cadres », prévient-il.

Le syndicat des cadres s’insurge

Pour François Hommeril, président de la CFE-CGC, le syndicat des cadres, s’attaquer au régime indemnitaire des cadres constitue une « forfaiture ».

« Avec cette politique, on cible les cadres de plus de 60 ans (...) Il n'y a pas d'emplois correspondants pour cette population. (...) De plus, les cadres participent davantage au système qu'ils n'en bénéficient, car ils sont très peu nombreux à toucher des allocations » s’insurge-t-il.

Alors qu’Aurélien Tâché justifie sa proposition par une souci de « justice sociale » qui consiste à ne pas « couvrir pendant deux ans des gens qui ont de très hauts revenus et pourraient retrouver un emploi », le président du syndicat des cadres lui a adressé une réponse cinglante : « la justice selon Aurélien Taché : les cadres financent la solidarité mais n’ont pas le droit d’en bénéficier ».

Au gouvernement, on ne ferme la porte à aucune proposition. « Le Premier ministre va recevoir les partenaires sociaux la semaine prochaine. Il serait donc prématuré de notre part d'émettre un avis là-dessus », indique Matignon

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