Taxation de l’épargne salariale : malgré les fuites dans la presse, rien n’est tranché selon Lecornu
Fuites, démentis et plainte : le gouvernement multiplie les signaux pour écarter l’idée d’une taxation de l’épargne salariale. Sébastien Lecornu assure que rien n’est tranché et préfère plutôt faciliter le déblocage de ces fonds pour les salariés.
Une piste à un milliard qui a mis le feu aux poudres
C’est le genre de feuilleton dont l’exécutif se passerait bien en pleine préparation budgétaire. Depuis plusieurs jours, une rumeur insistante enflamme le débat public : l’État envisagerait de taxer l’épargne salariale pour renflouer les caisses du Budget 2027. Face à la gronde des épargnants et des acteurs économiques, le gouvernement tente d’éteindre l'incendie.
Si lundi matin, le ministre de l’Économie Roland Lescure avait confirmé sur RTL que cette taxation faisait partie des pistes examinées pour financer le budget 2027 de la Sécurité sociale, Matignon a vite minimisé les propos. « Ce qui a fuité est un document de travail, pas une décision du gouvernement », a ensuite souligné Matignon à la presse, ajoutant que « les ministres n’avaient pas validé non plus » et assurant que « tout le monde est aligné ».
Matignon siffle la fin du match… et saisit le procureur
Mais l’exécutif ne s’est pas arrêté au simple démenti. Les services du Premier ministre Sébastien Lecornu ont annoncé avoir saisi la justice via « un signalement au titre de l’article 40 du code de procédure pénale », transmis à « la procureure de la République de Paris », et portant sur la fuite de « travaux internes (…) n’ayant pas fait l’objet d’une décision définitive du gouvernement ».
Dans un message sur X, le Premier ministre a lui-même indiqué que les « fuites » qui circulent ne sont « ni des annonces, ni des ballons d’essai du Gouvernement ». Et de poursuivre en indiquant que « les arbitrages seront annoncés lorsqu’ils seront rendus. Et dans les temps. Pas avant. »
Le gouvernement pourrait même aller dans l’autre sens
Il se pourrait même que la piste envisagée soit en réalité diamétralement opposée. « Sur le fond, la réflexion aujourd'hui privilégiée par le Premier ministre va plutôt dans le sens inversee d'une fiscalisation de l'épargne salariale, ajoute Matignon.
L’exécutif réfléchirait en réalité à faciliter temporairement l’accès aux fonds déjà constitués, afin d'offrir plus de liberté d'action aux salariés. Cette orientation rejoint directement une proposition de loi adoptée au Sénat pour assouplir les conditions de déblocage de l’épargne salariale.
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