Succès ou échec pour le fonds Bpifrance Défense ? Les premiers chiffres donnent le ton

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Succès ou échec pour le fonds Bpifrance Défense ? Les premiers chiffres donnent le ton

Lancé en octobre 2025 afin de canaliser une partie de l’épargne des Français vers les entreprises stratégiques du secteur de la défense et de la souveraineté technologique, le fonds Bpifrance Défense semble, à ce stade, envoyer des signaux encourageants.

La collecte aurait en effet triplé en l’espace d’un mois, dans un contexte où, parallèlement, l’intérêt des épargnants pour l’investissement socialement responsable (ISR) tend à reculer.

Un ticket moyen autour de 1 000 euros

Le gouvernement avait annoncé sa volonté de mobiliser l’épargne des Français afin d’accompagner le renforcement de la politique de réarmement européen. C’est dans cette perspective que Bpifrance, la banque publique d’investissement, a lancé en octobre dernier le fonds Bpifrance Défense, avec pour objectif d’orienter l’épargne des particuliers vers des secteurs stratégiques liés à la défense et à la souveraineté technologique.

Les premiers résultats semblent encourageants. En l’espace d’un mois, la collecte aurait presque triplé, passant d’environ 14 à 40 millions d’euros. Près de 4 000 investisseurs auraient déjà choisi d’y souscrire, pour un ticket moyen avoisinant 1 000 euros.

Un objectif de 450 millions d’euros

Accessible dès 500 euros, le fonds Bpifrance Défense vise une performance annuelle cible de l’ordre de 5 %, non garantie. Il s’agit d’un fonds d’investissement, et non d’un produit d’épargne réglementé : le risque de perte en capital est donc bien réel. Le fonds est d’ailleurs classé 6 sur 7 sur l’échelle de risque, ce qui correspond à un niveau de risque élevé.

Le contexte géopolitique actuel a-t-il joué un rôle déterminant dans cet engouement ? Très certainement. La guerre en Ukraine et les tensions persistantes avec la Russie ont contribué à créer un environnement plus favorable aux entreprises du secteur de la défense. Le fonds permet ainsi d’investir dans environ 4 500 PME, ETI et start-up, dont au moins 20 % du chiffre d’affaires doit dépendre de commandes militaires.

Les sommes investies sont bloquées pendant cinq ans, même si la durée de détention recommandée s’étend plutôt sur une dizaine d’années. Le secteur de la défense s’inscrit en effet dans des cycles économiques longs, les commandes étant souvent pluriannuelles, voire décennales, ce qui suppose une approche d’investissement de long terme.

La défense progresse, l’environnement et le social reculent

Le succès du fonds Défense, et plus largement l’attrait croissant pour les investissements liés aux entreprises de ce secteur, mérite une double lecture. Il traduit en effet une évolution nette des priorités des épargnants français, de plus en plus attirés par les secteurs perçus comme stratégiques et porteurs dans le contexte économique et géopolitique actuel.

Cette dynamique est d’autant plus intéressante alors qu’au même moment, la finance responsable semble, elle, marquer le pas. C’est en tout cas ce que révèle le Baromètre 2025 de l’épargne en France et en régions, réalisé par l’Ifop pour Altaprofits. Selon cette étude, la part des investissements orientés vers des produits intégrant des critères environnementaux et sociaux continue de reculer. Après avoir franchi la barre symbolique des 10 % en 2023, cette proportion est retombée à 7 % en 2025, confirmant une tendance baissière amorcée depuis deux ans.

Plusieurs facteurs permettent d’expliquer ce recul. D’une part, le déficit d’information reste important : près de sept répondants sur dix estiment que la communication autour de l’épargne responsable demeure insuffisante. Cette faiblesse a probablement été accentuée ces derniers mois par une visibilité médiatique moindre des enjeux ESG, au profit d’une communication beaucoup plus soutenue autour des thématiques de souveraineté, de réarmement et d’industrie de défense.

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