Smic : vers une hausse dès cet été ?
Le Smic pourrait augmenter « d’au moins 2 % » dès le mois de juin, selon les indications du ministère de l’Économie. Cette évolution reste toutefois suspendue à la confirmation des chiffres définitifs de l’inflation pour le mois d’avril, attendus à la mi-mai.
Une indexation dictée par l’inflation
Le mécanisme de protection du pouvoir d’achat est-il sur le point de s’enclencher à nouveau ? Le Smic pourrait en effet bénéficier d’un ajustement automatique dans les prochaines semaines afin de suivre la remontée de l’inflation.
Plusieurs facteurs expliquent cette accélération des prix. Parmi eux, la hausse des cours du pétrole dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient, mais aussi les perturbations du trafic maritime liées au blocage du détroit d'Ormuz. Dans ce cadre, le ministère de l’Économie indique que si les données définitives de l’indice des prix pour avril confirment les premières estimations, le seuil de déclenchement - fixé à une progression supérieure à 2 % - serait atteint.
À ce stade, les prix à la consommation ont augmenté de 1,7 % en mars et auraient accéléré à 2,2 % en avril, selon les dernières estimations provisoires de l’Insee. « On s’attendait à moins », a condédé sur RTL le ministre de l’Économie Roland Lescure.
Une augmentation automatique
« Ça veut dire qu’en six mois, cinq mois en fait, on aura eu une augmentation du Smic de plus de 3 %. C’est le modèle social qui fonctionne », a jugé le ministre, après avoir rappelé que « le Smic a augmenté de 1,2 % de manière mécanique au 1er janvier ».
Cette revalorisation éventuelle ne relèverait pas d’un arbitrage politique, mais de l’application stricte des règles en vigueur. En France, dès lors que l’indice des prix à la consommation des ménages les plus modestes progresse de plus de 2 % par rapport à la dernière référence, le Smic est automatiquement revalorisé dans les mêmes proportions.
Pour Roland Lescure, ce mécanisme illustre le fait que « les faibles rémunérations sont protégées contre la hausse de l'inflation ». Suffisant pour protéger les salariés dont les revenus sont les plus exposés à la flambée des prix de l'énergie et de l'alimentaire ? Rien n’est moins sûr.