Smic : une augmentation automatique de 2,4 % actée pour juin
Face à une inflation plus tenace que prévu, le salaire minimum s’apprête à connaître une nouvelle revalorisation automatique.
Une inflation qui déclenche la hausse
Le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, a annoncé mercredi 13 mai sur franceinfo une hausse du Smic « autour de 2,4 % dès le 1er juin ». Celle-ci devrait représenter « environ 44 euros de plus par mois ».
Il y a quelques jours, le ministre de l’Économie Roland Lescure avait déjà ouvert la porte à une progression du salaire minimum « d’au moins 2 % » en juin, sous réserve que l'inflation d'avril soit validée à 2,2 %. C'est désormais chose faite : l’Insee a confirmé ce jour que les prix à la consommation ont bondi de 1 % sur un mois, portant la hausse annuelle à 2,2 % pour le mois d'avril. Le gouverneur de la Banque de France avait de son côté indiqué sur franceinfo qu’« on est monté, en indice harmonisé européen, à 2,5 % ». Des chiffres plus élevés que ceux avancés par l’Insee.
Une revalorisation automatique, sans « coup de pouce »
Rappelons que cette revalorisation est uniquement mécanique. Elle dépend strictement de l’évolution de l’inflation et ne fait pas l’objet d’une décision politique additionnelle. « En six mois, cinq mois en fait, on aura eu une augmentation du Smic de plus de 3 %. C’est le modèle social qui fonctionne », a estimé Roland Lescure. « Cela veut dire que les faibles rémunérations sont protégées contre la hausse de l’inflation », a-t-il ajouté.
D’autres voix, plus critiques, appellent toutefois à aller plus loin : la CGT, par exemple, plaidait dès mars pour « un Smic à 2 000 euros bruts indexé sur l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) ».
Un impact plus large sur le monde du travail
Cette mesure concernera directement plus de 2,2 millions de travailleurs en France, soit l’ensemble des salariés rémunérés au salaire minimum ou dont les revenus sont indexés sur celui-ci. Au-delà de cet effet direct, la hausse aura des répercussions par ricochet sur certaines grilles de salaires conventionnelles, ainsi que sur divers dispositifs liés, tels que les rémunérations des contrats d’apprentissage ou de professionnalisation.