Santé : les candidats à la présidentielle passent un grand oral

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Ce 21 février, cinq des candidats à l’élection présidentielle : Emmanuel Macron, Nicolas Dupont-Aignan, Benoît Hamon, Yannick Jadot et François Fillon, se sont réunis au Palais Brongniart, pour présenter, de façon certes très synthétique, leur programme santé. Retour sur les mesures les plus notables.

Une politique de prévention santé

Tous les candidats font de la prévention santé, un objectif de santé publique. C’est même une « priorité absolue », déclare Nicolas Dupont-Aignan.

François Fillon, pour sa part, propose que tous les 2 ans, soit organisée gratuitement une « consultation longue de prévention, pour chaque Français ».

De son côté, Emmanuel Macron parle de « révolution de la prévention santé », il prévoit notamment, s'il est élu, de mettre en place, pour tous les étudiants en médecine, un « service sanitaire de 3 mois pour développer les actes de prévention ».

Benoît Hamon, pour sa part, propose plusieurs politiques de prévention santé : lutte contre les addictions, contre les perturbateurs endocriniens, grand plan alimentation avec notamment l’accès à l’alimentation bio dans les établissements scolaires, etc.

Enfin, Yannick Jadot, qui partage certaines mesures avec le vainqueur de la primaire socialiste, telles que la sortie du diesel à l’horizon 2025, estime qu’il faut « allouer 10 % des dépenses de santé à la prévention ».

Prise en charge des soins de santé

L’ensemble des candidats se sont exprimés en faveur d’une meilleure prise en charge des soins de santé. Tous proposent un remboursement à hauteur de 100 % des soins optiques, dentaires et audio d’ici 2022.

Quant à l’Aide Médicale d’État (AME), celle-ci cristallise les crispations. François Fillon et Nicolas Dupont-Aignan, s’ils gagnent l'élection, supprimeront l’AME pour la remplacer par des « dispensaires fonctionnant au cas par cas » (Nicolas Dupont-Aignan) ou le « non-paiement des frais de santé strictement contrôlé » (François Fillon).

Benoît Hamon, lui, souhaite une automatisation de l’accès aux soins en intégrant l’AME à la CMU-C. Il propose également d’étendre le dispositif d’Aide à la complémentaire santé (ACS) aux fonctionnaires, retraités et étudiants.

Lutte contre la désertification médicale

Pour lutter contre la désertification médicale, Benoît Hamon préconise le « déconventionnement des médecins qui s’installent en zone surdotée ». Le leader d’En Marche !, Emmanuel Macron, propose de doubler le nombre de maisons de santé médicalisées et de faire appel à des innovations technologiques telles que la télémédecine.

Nicolas Dupont-Aignan recommande de « supprimer toutes les charges sociales » des médecins s’installant dans un désert médical et ce, pendant 5 à 10 ans.

François Fillon est également favorable à des incitations financières pour les médecins s’installant dans des déserts médicaux.

Suppression du tiers-payant

Nicolas Dupont-Aignan s’exprime en faveur de la suppression du tiers-payant pour favoriser « la prise en charge d’un secrétariat médical » mais aussi, de l’augmentation du prix de la consultation médicale à 35 €. Quant à François Fillon, il juge comme étant « absurde la généralisation obligatoire du tiers-payant ».

Quelles dépenses pour l’Assurance maladie ?

Emmanuel Macron fixe l’objectif national des dépenses d'Assurance maladie (ONDAM) à « 2,3 % » sur la période 2018/2022. Le président de Debout la France table sur un ONDAM compris entre « 2,5 et 3 % » sur la même période. Enfin François Fillon prévoit de réaliser « 20 milliards d’euros d’économies » sur 5 ans.

Protection sociale : que veulent les Français ?

Le 1er décembre dernier, la Mutualité française a lancé placedelasante.fr, un site participatif d'échanges et de débats sur le thème de la santé, ouvert à tous. Dans la continuité de cette initiative, elle organise un grand évènement le 21 février 2017 à Paris, au cours duquel les candidats à l'élection présidentielle sont invités à présenter leurs projets respectifs en matière de santé et de protection sociale, et à réagir aux préoccupations exprimées par les Français à ce sujet.

Dans le cadre de son évènement organisé autour des candidats à l’élection présidentielle sur le thème de la santé, la Mutualité française a sollicité le groupe Harris Interactive pour réaliser un sondage sur les attentes des Français.

Les principaux résultats sont les suivants :

  • 61 % des Français considèrent que le système de santé de leur pays fonctionne bien mais 68 % se montrent pessimistes pour son avenir
  • 72% des Français estiment que les candidats à l’élection présidentielle ne parlent pas assez de santé et que les propositions de ces derniers ne répondent pas à leurs préoccupations personnelles

Pour les sondés, les 2 enjeux clés de cette campagne en matière de santé sont le financement de la protection sociale et l'accès aux soins pour tous. Attachés à la Sécurité sociale, les Français ne sont pas prêts à en remettre en cause les principes. Ils restent cependant inquiets à l'égard des déficits et pensent que les soins seront moins bien remboursés à l'avenir.

Selon les Français, la réduction du déficit de la Sécurité sociale passe en priorité par une rationalisation de son fonctionnement (meilleure organisation du système de santé, davantage de contrôles, développement de la prévention), et non par des augmentations de taxes ou des restrictions sur les remboursements.

Pour améliorer l'accès aux soins pour tous, les mesures jugées les plus importantes sont la lutte contre les déserts médicaux et la limitation des coûts qui pèsent sur les patients (dépassements d'honoraires, prix de certains produits).

En-dehors du financement de la protection sociale et de l'accès aux soins, la prise en charge de la dépendance et le développement de la prévention sont les autres enjeux importants de cette campagne pour les Français.

Enfin les Français sont partagés quant à l'utilisation des nouvelles technologies dans les pratiques de consultations et de soins.

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