Santé : des médecins nombreux, mais mal répartis

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Le rapport d’information remis au Sénat le 3 août 2017 au nom de la Mission d’Évaluation et de Contrôle de la Sécurité sociale (MECSS) établit que si les médecins sont nombreux en France, ceux-ci sont mal répartis sur le territoire. Un « choc » de la démographie médicale étant prévisible dans les années à venir, quelques stratégies sont préconisées par les rapporteurs pour tenter de pallier à ce phénomène.

Une densité de médecins dans la moyenne des pays de l’OCDE

Le rapport note qu'au cours des quarante dernières années, le nombre de professionnels de santé a augmenté plus vite que la population.

En densité de médecins, la France se situe dans la moyenne des pays de l’OCDE, avec un ratio de 3,3 médecins pour 1 000 habitants, contre 4,1 en Allemagne et 2,8 au Royaume-Uni.

Mais il existe de grandes disparités géographiques : les écarts de densité entre départements vont de 1 à 2 pour la médecine générale et de 1 à 7 pour les infirmiers.

« Choc » probable de la démographie médicale dans les années à venir

Pour les années à venir, les rapporteurs craignent un « choc » de la démographie médicale.

Les causes en sont :

  • Le vieillissement de la population médicale (en 2016, 27 % des médecins ont plus de 60 ans et les moins de 40 ans ne représentent que 18,6 % des effectifs)
  • L’évolution de la manière de travailler (les jeunes générations de médecins ne s’aligneront pas forcément sur la durée moyenne de travail de 57 heures par semaine actuellement, voir plus en zone rurale)
  • L’augmentation de la demande liée au vieillissement de la population

La mauvaise gestion du numerus clausus sur les années passées se fait ressentir (particulièrement pour certains spécialistes comme les ophtalmologistes).

Des systèmes d’aides dispersés

Selon les rapporteurs, les différents dispositifs d’aide à l’installation (mesures fiscales - 31 millions d’euros -, aides de l’Assurance maladie – 46 millions d’euros –, contrats offrant une garantie de revenu aux jeunes praticiens, aides locales, etc.) et les divers intervenants (collectivités territoriales, Assurance maladie, État, ARS), ne s’intègrent pas dans une stratégie globale. Ces initiatives se chevauchent sans coordination ni mesures d’évaluation.

Ils préconisent de renforcer le rôle des Agences régionales de santé (ARS) pour évaluer les besoins par zones, les dispositifs existants, et associer les professionnels de santé et élus locaux au suivi des initiatives.

Les solutions proposées

Trois stratégies sont préconisées :

1) Adaptation aux mutations de l’exercice libéral et aux attentes des jeunes professionnels de santé, notamment par :

  • Le soutien à la création de maisons de santé (nombre passé de 20 en 2008 à 910 en 2017 et 334 en projet), ou autres modes d’exercice en réseau
  • La généralisation de guichet unique auprès des ARS recensant toutes les aides
  • La reconnaissance conventionnelle du médecin remplaçant
  • La valorisation du statut d’adjoint ou de collaborateur susceptibles de favoriser l’accès progressif à l’installation libérale
  • L’amélioration de la protection sociale, etc.

2) Innovation dans les territoires par le déploiement de la télémédecine : les auteurs proposent d’inscrire le financement des actes de télémédecine dans le cadre tarifaire de droit commun de l’assurance maladie, d’en évaluer l’impact économique et thérapeutique, d’aider à la formation et à l’équipement en matériel adapté.

3) Ancrage géographique des praticiens dès le stade de la formation initiale notamment par le renforcement des stages de médecine générale en ville et l’introduction dans la formation d’une préparation concrète aux différents modes d’exercice de la médecine de ville.

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