Salariés aidants : quel rôle pour les entreprises ? (Étude Mercer)

PUBLIÉ LE :
Salariés aidants : quel rôle pour les entreprises ? (Étude Mercer)
Adobe Stock

Début octobre, Mercer, courtier-conseil, a publié un livre blanc sur le thème de la dépendance : « La réforme de la dépendance : qu’en pensent les employeurs ? ».

Les salariés aidants, chargés d’accompagner une personne en situation de dépendance sont très présents en France : 4,3 millions de personnes assistent en effet une personne dépendante, en apportant une « aide régulière informelle ». Quel rôle les employeurs peuvent-ils jouer dans la vie des aidants ?

À NOTER

En France, 15 % des 60 ans et plus sont en situation de dépendance et présentent des difficultés (voire une impossibilité) à exercer des actes simples de la vie quotidienne comme se lever, se coucher, s’asseoir, s’habiller, etc.

L’aidant et l’entreprise

Dans la majorité des cas, les aidants sont les proches de la personnes dépendante : conjoint, enfant… L’étude de Mercer révèle que près de 20 % de la population salariée de plus de 40 ans aide un proche dépendant.

Cette aide informelle leur prend du temps : 82 % d’entre eux consacrent 20h / semaine à aider leur proche, ce qui a un impact négatif sur la vie personnelle, professionnelle et le capital santé de l’aidant.

Sur la vie professionnelle, notamment :

  • 79 % des aidants ont des difficultés à concilier leur vie professionnelle et leur vie d’aidant
  • 72 % des aidants considèrent que leur statut a une incidence négative sur leur concentration et leur efficacité

Les entreprises peuvent donc être directement impactées par une éventuelle perte de productivité de leur salarié aidant.

Dépendance : les entreprises reconnaissent avoir un rôle à jouer

Pour comprendre le rôle que souhaitent jouer les entreprises dans le prise en charge de la dépendance, Mercer a interrogé 160 entreprises de toutes tailles.

Il en ressort qu’un employeur sur deux a déjà été sollicité pour aider un salarié aidant. Ce taux augmente avec la taille de l’entreprise, de même que les solutions. Dans les plus grosses entreprises interrogées, 46 % ont réussi à apporter une réponse concrète à leur salarié aidant, contre 39 % dans les entreprises plus modestes.

Certains employeurs reconnaissent en outre ne pas avoir eu d’éléments de réponses à apporter à leurs salariés. Ils sont 19 % dans les entreprises les plus importantes, un taux qui monte à 39 % dans les entreprises ayant moins de salariés.

Bien que certaines entreprises peinent à trouver des solutions, l’immense majorité d’entres elles (80 %) estiment qu’il est de leur responsabilité d’apporter des solutions à un salarié aidant.

Quelles solutions les employeurs peuvent-ils apporter ?

Mais alors, quelles solutions ? Majoritairement, les entreprises pensent que les garanties les plus pertinentes pour leurs salariés sont :

  • Des services d’assistance ;
  • Une pension allouée à leur salarié s’il doit s’absenter pour aider un proche dépendant ;
  • Une pension à leur salarié s’il entre en dépendance.

Pour mettre en pratique leur volonté, 50 % des employeurs seraient prêts à financer à hauteur d'1 à 5 € / mois et par salarié, et 24 % seraient susceptibles de mettre plus de 10 € / mois.

À NOTER

Depuis 2016 le congé du proche aidant est proposé par les employeurs, mais n’est que très rarement utilisé, notamment à cause du fait que ce congé n’est pas rémunéré. Mais le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2020 envisage de rémunérer le congé du proche aidant à compter d’octobre 2020 à hauteur de 43 € par jour pour les personnes vivant en couple et 52 € pour les personnes seules.

Cet article issu de Previssima.fr est soumis au droit d'auteur, protégé par un logiciel anti-plagiat. Toute reproduction, rediffusion ou commercialisation totale ou partielle du contenu, sans l’autorisation expresse de la société Previssima, est interdite. Les informations diffusées sur Previssima.fr (hors forum, commentaires et annuaire) sont toutes vérifiées par un service juridique spécialisé. Toutefois, Previssima ne peut garantir l'exactitude ou la pertinence de ces données. L'utilisation des informations et contenus disponibles sur l'ensemble du site ne peuvent en aucun cas engager la responsabilité de Previssima.