Revenus des indépendants : quel métier non-salarié rapporte le plus ?
Médecins, juristes, pharmaciens… Tous les travailleurs indépendants ne sont pas logés à la même enseigne. Si certains dégagent des revenus très confortables, d'autres peinent à vivre de leur activité. Les dernières données publiées par l'Insee mettent en lumière des écarts de rémunération considérables selon les professions exercées.
La santé et le droit en haut de l'affiche
Les non-salariés « classiques » (hors micro-entrepreneurs), soit environ 1,9 million de personnes, affichaient en 2024 un revenu moyen confortable, autour de 4 150 euros par mois, selon les données publiées par l'Insee. Ce groupe regroupe notamment des professionnels libéraux, des artisans et des commerçants installés.
À l'inverse, les micro-entrepreneurs, qui représentent plus de la moitié des indépendants, doivent souvent se contenter de revenus beaucoup plus modestes, avec 680 euros par mois en moyenne.
Dans le détail :
- Un micro-entrepreneur sur quatre (hors revenus nuls) gagne moins de 80 euros par mois ;
- Un sur deux perçoit moins de 330 euros ;
- Un sur dix dépasse 1 790 euros mensuels.
Les professions qui tirent leur épingle du jeu
Sans surprise, le secteur de la santé domine largement le classement des revenus les plus élevés. Les médecins et dentistes libéraux arrivent en tête avec un revenu moyen de 10 180 euros par mois en 2024.
Le podium est complété par :
- Les juristes et comptables, avec 8 240 euros par mois en moyenne ;
- Les pharmaciens, qui perçoivent 6 390 euros mensuels.
Ces professions réglementées bénéficient généralement d'une demande soutenue, de tarifs relativement élevés et d'un niveau d'expertise qui limite la concurrence.
Les secteurs les plus modestes
À l'autre extrémité du classement, plusieurs activités peinent à offrir des revenus élevés. Les chauffeurs de taxi et de VTC ferment la marche avec environ 1 540 euros par mois en moyenne. Ils sont suivis par les gérants de commerces de détail hors magasin (1 560 euros) et les professionnels de la coiffure et des soins de beauté (1 690 euros).
Dans ces secteurs, la forte proportion de micro-entrepreneurs, dont beaucoup exercent cette activité en complément de revenus, contribue à faire baisser les moyennes. La concurrence importante, les coûts fixes (véhicule, loyer, matériel...) ainsi que des marges souvent limitées expliquent également ces faibles niveaux de rémunération.
Des inégalités entre les femmes et les hommes
Le rapport de l'Insee met également en évidence des écarts persistants entre les femmes et les hommes. Chez les non-salariés classiques, les femmes perçoivent en moyenne 3 620 euros par mois, contre 4 470 euros pour les hommes, soit un écart d'environ 19 %.
Ces différences s'observent dans la plupart des secteurs d'activité et s'expliquent notamment par des spécialités différentes, un temps de travail parfois plus réduit ou encore une répartition inégale des contraintes familiales.
Globalement, les revenus des indépendants classiques ont légèrement progressé en 2024, une fois l'inflation prise en compte, après plusieurs années difficiles. Ils demeurent toutefois inférieurs à leur niveau d'avant la crise sanitaire dans de nombreux secteurs. De leur côté, les micro-entrepreneurs voient leurs revenus stagner, voire légèrement reculer, signe que les écarts entre les différents profils d'indépendants restent particulièrement marqués.