Revalorisation des petites retraites : le bilan (très) mitigé dressé par la Cour des comptes
En 2023, la revalorisation des petites pensions devait permettre d’améliorer concrètement le niveau de vie des retraités aux revenus les plus modestes. Trois ans plus tard, la Cour des comptes estime pourtant que les résultats sont loin des attentes initiales.
Une trajectoire budgétaire sous pression
Dans son traditionnel rapport sur l'application des lois de financement de la Sécurité sociale, la Cour des comptes appelle à dégager dix milliards d’euros d’économies ou de recettes supplémentaires chaque année afin de ramener la Sécurité sociale à l’équilibre d’ici 2030. Parmi les nombreuses pistes évoquées, l’assurance maladie apparaît comme le secteur le plus sollicité. Mais le dossier des retraites fait également l’objet d’une analyse approfondie.
L’institution invite ainsi à s’inspirer de propositions qu’elle avait déjà formulées par le passé. Elle estime notamment que l’indexation des pensions sur l’inflation représente un coût important et suggère d’envisager une indexation sur l’évolution des salaires, voire une sous-indexation. L’un des rapports annexes revient également sur un autre sujet sensible : le bilan en demi-teinte de la revalorisation des petites retraites.
100 euros de revalorisation, vraiment ?
Lors de l’adoption de la très contestée réforme des retraites de 2023, le Gouvernement avait annoncé que la revalorisation des petites retraites serait « de l’ordre de 100 euros pour les retraités qui perçoivent moins de 1 200 euros par mois après une carrière complète à temps plein ». Cependant, l’analyse statistique de la Cour des comptes montre un écart important entre ces promesses et la réalité du portefeuille des assurés.
Pour les nouveaux pensionnés partis au Smic avec tous leurs trimestres, l’augmentation moyenne n'a atteint que 66 euros par mois. La barre symbolique des 100 euros n'a finalement concerné que de très rares profils, principalement liés à des parcours à temps partiel. Pire encore, les critères d'éligibilité ont raboté le gain de près de 200 000 nouveaux bénéficiaires en 2024, réduisant leur hausse à seulement 30 euros mensuels.
Du côté des anciens retraités, l'effort a permis de revaloriser 1,6 million de personnes pour un montant moyen de 45 euros par mois, mais d’autres vagues de revalorisation « seront nécessaires », prévient la Cour.
Les inégalités persistantes entre femmes et hommes
« La question du niveau de revenu minimal à garantir aux retraités, notamment pour ceux qui ont travaillé et cotisé toute leur vie, demeure un enjeu social important », souligne le rapport.
Les sages relèvent également la persistance d’importantes inégalités entre les femmes et les hommes. Ainsi, 60 % des femmes retraitées perçoivent une pension inférieure à 1 200 euros par mois, contre 22 % des hommes. Ce public féminin, tout comme celui des anciens non-salariés (exploitants agricoles, artisans ou commerçants), reste le plus touché par l'impact des carrières courtes ou hachées, que les dispositifs actuels peinent encore à compenser pleinement.
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