Retraites : pourquoi le déficit pourrait être finalement (bien) plus élevé que prévu
Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a indiqué que son prochain rapport annuel, attendu pour juin, pourrait afficher des projections financières significativement différentes de celles établies lors de l’exercice précédent. Et malheureusement, elles ne seraient pas optimistes.
Une fragilité due à l’évolution démographique
Une courte note, mais lourde de sens. La dernière lettre du Conseil d’orientation des retraites (COR), publiée mercredi, indique que les prochaines projections financières, attendues pour le rapport de juin 2026, pourraient s’écarter notablement des précédents scénarios. La raison principale : la chute du taux de fécondité, qui vient rebattre les cartes du système de retraite et pourrait aggraver fortement les prévisions de déficit.
Une fragilité due à l’évolution démographique
Au cœur de cette réévaluation se trouvent bien les données démographiques actualisées, qui s’écartent des hypothèses retenues jusqu’ici. « La fécondité est notamment inférieure au scénario central (1,56 enfant par femme en 2025) et le solde migratoire est nettement plus élevé. Ces écarts ont conduit les membres du COR à s’interroger sur une révision des hypothèses dans le rapport de juin 2025 », peut-on lire dans la note du COR.
Jusqu’à présent, le COR s’appuyait sur un taux de fécondité de 1,8 enfant par femme pour ses scénarios de référence. Rappelons que l’année dernière, le pays a enregistré un événement inédit depuis l’après-guerre : un solde naturel devenu négatif, c’est-à-dire davantage de décès que de naissances.
Forcément, dans un pays où le système de retraite par répartition est au cœur du financement des pensions, c’est un problème majeur. Moins de naissances aujourd’hui signifie moins de cotisants dans vingt ou trente ans, créant de fait un déséquilibre de financement mécanique.
Une révision des hypothèses à venir
Dans les faits, si le volume des prestations versées aux retraités reste stable, sa part relative dans la richesse nationale augmenterait : les dépenses passeraient ainsi de 14,2 % à 14,8 % du PIB. Cette hausse s’explique par un dénominateur (le PIB) affaibli par une population active moins nombreuse qu'anticipé.
De plus, si le solde migratoire plus important que prévu permettrait à contrario de générer des recettes plus élevées pour le système de retraites, « cet effet sur le solde serait réduit à plus long terme par la hausse des dépenses » note le COR. C’est logique, ces nouveaux actifs deviendront eux-mêmes bénéficiaires du système à long terme, entraînant à leur tour une augmentation des charges.
Pourquoi cette révision intervient-elle maintenant ? L’organisme avait choisi la prudence l'an dernier, préférant attendre les conclusions actualisées de l'Insee (les chiffres actuels datant de 2021). Le rendez-vous est désormais fixé à la séance plénière d'avril 2026. C’est à la lumière de ces nouvelles données que le COR envisage donc désormais une révision en profondeur de ses estimations, ouvrant la voie à un diagnostic financier qualifié de « significativement révisé » par rapport aux projections précédentes.