Reste à charge zéro : la hausse des cotisations des complémentaires santé pourrait frôler les 9% selon Mercer

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Optique, dentaire et audioprothèse représentent respectivement 24 %, 22 % et 1 % (soit 47 % au total) des cotisations liées aux contrats d’assurance santé complémentaires collectifs souscrits par les entreprises. Sur ces trois postes, le reste à charge zéro peut-il se faire sans hausse de cotisations des complémentaires santé ?

La réponse est non, selon le cabinet de conseil international Mercer qui prévoit une impact tarifaire important pour les entreprises offrant à leurs salariés des garanties « d’entrée de gamme ». « Quelle que soit la solution retenue, la couverture du reste à charge actuel ne peut s’imaginer que par la seule négociation tarifaire avec les professionnels de santé », souligne-t-il dans une récente étude.

Optique

En optique, le reste à charge est en moyenne de 15 %. Selon les négociations en cours, les contours du panier de soins « zéro reste à charge » pourraient être définis par rapport aux habitudes de consommation des bénéficiaires de garanties proches du panier de soins minimum exigé par les contrats responsables.

Avec un panier de soins aligné sur ces prix, une augmentation des cotisations pour les entreprises ayant des garanties « entrée de gamme » est à prévoir, note Mercer. Le poste monture pourrait augmenter de 10 % et le poste verres de 24 %. En tenant compte d’une augmentation de la fréquence de consommation liée à l’effet d’aubaine d’un reste à charge nul, l’impact sur les cotisations santé de ces entreprises pourrait se situer entre 1,9 % et 3,2 % de hausse pour les garanties « entrée de gamme ». L’impact serait en revanche négligeable sur les garanties haut de gamme, selon Mercer.

Dentaire

En dentaire, le reste à charge s’élève à 18 % pour les prothèses et à 3 % pour les soins indique l’étude. L’objectif du gouvernement est de favoriser la prévention en revalorisant les soins conservateurs et de limiter le prix des prothèses. A court terme cette politique devrait se traduire par une prise en charge plus importante de la part des assureurs. En prenant pour hypothèse que la Sécurité sociale n’augmente pas les bases de remboursement et que les complémentaires santé remboursent 50 % du reste à charge actuel, le poste dentaire pourrait augmenter d’environ 17 %, indique Mercer. Pour une entreprise ayant des garanties minimales, la hausse des cotisations avoisinerait les 3 à 5 % sur les garanties « entrée de gamme » et environ 0.9 % sur les garanties haut de gamme.

Audioprothèses

Pour les prothèses auditives, le reste à charge zéro atteint 38 % (4 % pour les enfants). Ce montant conséquent pour les adultes constitue un vrai frein à l’achat. Sans réduction drastique du coût des prothèses, au risque de peser sur leur qualité, la seule prise en charge par les complémentaires santé de la moitié du reste à charge de leurs salariés coûterait déjà 0.55 % des cotisations santé. Associés à une augmentation potentielle du nombre de prothèses auditives remboursées, les complémentaires santé des entreprises ne pourraient pas absorber ce coût sans une hausse des cotisations estimée à 0.7 %, avance Mercer.

Hausse totale

Au global, le cabinet Mercer chiffre entre 5,6 % et 8,9 % la hausse des cotisations sur les garanties santé « entrée de gamme » et à 1,6 % pour les garanties haut de gamme.

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