Règles d’éligibilité, taux de financement, rendez-vous personnalisé obligatoire : quelles sont les nouvelles règles de MaPrimeRénov’ ?
Après plusieurs mois de blocage liés à l’absence de budget voté pour 2026, MaPrimeRénov’, l’aide phare de l’État pour la rénovation énergétique des logements, est en passe d’être relancée.
Mais le gouvernement a fixé des règles plus strictes pour tenter de sécuriser le dispositif, améliorer la qualité des rénovations et lutter contre la fraude. Voici ce qu’il faut retenir des principales évolutions.
Un dispositif relancé avec les mêmes fondations
Dès la promulgation officielle du budget, le mécanisme MaPrimeRénov’ reprendra du service. Une échéance imminente qui devrait se concrétiser « dans quelques jours », comme le précisait Vincent Jeanbrun jeudi dernier. Le ministre du Logement a ainsi acté le retour d'une aide qui avait connu un parcours chaotique. Restreinte aux foyers les plus précaires en septembre dernier, elle avait finalement été totalement suspendue en janvier, victime de l’épuisement des crédits de l’État et des critiques récurrentes sur la lenteur de sa gestion.
Or, MaPrimeRénov’ est un outil crucial, à la fois pour les propriétaires qui souhaitent engager des travaux d’amélioration énergétique - avec une prise en charge pouvant aller jusqu’à 90 % du montant total des travaux - et pour des milliers d’artisans, pour qui le dispositif représente une part non négligeable de leur activité.
Premier élément à retenir : le cadre général du dispositif - conditions d’accès, publics visés et taux de prise en charge - ne change pas fondamentalement. Après une restriction à un seuil maximum de revenus annuels de 22 000 euros pour une personne seule, MaPrimeRénov’ concerne de nouveau l’ensemble des ménages respectant les plafonds de ressources définis par l’administration, consultables ici.
Un rendez-vous conseil désormais incontournable
Si les conditions d’accès au dispositif restent donc inchangées, des nouveautés apparaissent en revanche pour les projets dits de « rénovation d’ampleur ». Ces travaux, qui doivent permettre de gagner plusieurs classes sur l’étiquette DPE, devront désormais être validés au préalable par un conseiller France Rénov’.
L’objectif est de « sécuriser les parcours et garantir la qualité des rénovations financées », selon un communiqué du ministère du Logement. Ces rendez-vous pourront avoir lieu en agence, en visioconférence « et probablement même par téléphone si les pièces ont été partagées par mail », précise le cabinet du ministre.
Mieux lutter contre les fraudes
Pour le ministre, ce rendez-vous vise aussi à lutter contre un fléau de MaPrimeRénov’ : les faux dossiers déposés par « des faux clients avec de fausses entreprises ». En 2024, 34 % des 1 000 professionnels contrôlés par la Répression des fraudes faisaient état de « manquements graves ». Autrement dit, près d’un tiers des dossiers seraient non conformes aux exigences du dispositif.
Un problème majeur, car la vérification et les contrôles mobilisent un temps considérable pour les équipes de l’Anah chargées d’instruire les dossiers, ce qui ralentit fortement le versement des aides nécessaires au lancement des travaux. De nombreux forums relaient ainsi les témoignages de propriétaires confrontés à des délais d’instruction très longs, certains peinant même à obtenir une simple prise en compte de leur dossier.
Pour rappel, MaPrimeRénov’ peut également se cumuler avec d’autres dispositifs, notamment les certificats d’économies d’énergie (CEE), des aides proposées par les fournisseurs d’énergie, ce qui renforce encore l’enjeu d’un encadrement plus strict du dispositif.