Réforme des retraites : les experts-comptables durcissent le ton

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Réforme des retraites : les experts-comptables durcissent le ton
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Fondée en 1949 à l’initiative de membres de l’Ordre des Experts-comptables, la Caisse d’assurance vieillesse des experts-comptables (CAVEC) a la charge de la gestion et du pilotage des régimes de retraite complémentaire et de prévoyance pour ses affiliés. Fortement opposés au régime universel, les dirigeants de la caisse ne souhaitent pas que les 1,7 milliard d’euros de réserves constituées par la CAVEC soient absorbés dans un pot commun.

Jusqu’ici leur contestation s’est manifestée par une participation aux manifestations du collectif « SOS retraite » et une « journée du désarroi », ou encore, par une saisine de la Cour des comptes.

À l’occasion d’une conférence de presse donnée ce vendredi 31 janvier, les représentants de la profession réaffirment leur opposition au projet de réforme des retraites.

Les experts-comptables s’insurgent contre l’étude d’impact du projet de loi

Après analyse de l’étude d’impact de plus de 1 000 pages ainsi que des deux projets de loi, les représentants des experts-comptables et des commissaires aux comptes dénoncent une « étude orientée » : « Dans les études de cas proposées, les montants de retraite annoncés dans le futur régime universel sont comparés aux montants des régimes actuels de la Cavec. Or nous ne retrouvons pas du tout les mêmes chiffres. Et pour cause. Dans les simulations de retraite, le gouvernement a revalorisé les retraites du régime universel de 1,3 % de la manière suivante : une progression du revenu de 3,05 % par an sur la période et une inflation de 1,75 % (hypothèse retenue par le COR) »

D’après le dossier de presse de la caisse des experts-comptables, cela correspond à une hausse de 74 % en 43 ans : « Inutile de rappeler qu’en 2019 et 2020, l’Etat a revalorisé les retraites de 0,3 % soit très loin des 3,05 % de revalorisation du point promise. »

Un excédent amassé « en complète autonomie »

La profession est d’autant plus en colère qu’elle décrit un système actuel adapté aux besoins de ses assurés sociaux « réclamant moins de cotisations en début de carrière, quand il s’agit de s’installer, de faire sa clientèle, et permettant ensuite de rattraper totalement ces jeunes années, une fois le cabinet plus solide, les revenus plus élevés. »

Par ailleurs, la caisse est fière de ses 1,7 milliard d’euros de réserves. Un excédent qui repose sur un effort de cotisation important : un âge d’équilibre à 65 ans, en dessous duquel l’assuré subit un malus et au-dessus duquel sa pension est bonifiée, et un rendement technique à 8,7 % (contre 5 % prévu dans le régime universel).

Propositions de la profession comptable

Dans le cadre de la poursuite des négociations avec l’Exécutif, les organisations des experts-comptables (ordre des experts-comptables, CNCC, CAVEC, IFEC et ECF) réclament les évolutions suivantes :

  • Le maintien du régime autonome de retraite complémentaire ainsi que du régime invalidité-décès.
  • La limitation de l’application du régime universel à un Plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) et sur un taux identique à la part salariale du régime général afin de laisser aux professions la latitude d’organiser un régime complémentaire équilibré et adapté.
  • La conservation de la plénitude du droit de propriété (usage) des réserves constituées.
  • La garantie d’une représentation non diluée dans un futur régime universel de retraite.
  • La mise à disposition d’une évaluation précise des conséquences financières de la réforme pour le financement global du régime universel de retraite et pour les professionnels de l’expertise comptable et du commissariat aux comptes.

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