Qu’est-ce que le « test du sac à main » que le ministère du Travail vient de juger discriminant ?

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Qu’est-ce que le « test du sac à main » que le ministère du Travail vient de juger discriminant ?

Récemment, le ministère du Travail a qualifié d'illicite le « test du sac à main » lors des entretiens d'embauche. Cette méthode intrusive, souvent réservée aux femmes, vise à évaluer le sens de l'organisation des candidates en leur demandant de vider leur sac.

Une pratique intrusive… et sans valeur professionnelle

On pourrait croire à une mauvaise blague, or il n’en est rien. De plus en plus de témoignages font état d’une pratique pour le moins intrusive en entretien d’embauche : demander aux candidats - et essentiellement candidates - d’ouvrir leur sac pour juger de leur organisation.

Des témoignages récents, relayés dans la presse, décrivent des situations où des postulantes se voient soumises à cette requête inattendue, aussi sexiste qu’invasive.

Une atteinte à la vie privée et une discrimination

Interrogé par une sénatrice sur la légalité de l’émergence de cette pratique, le ministère du Travail a mis les points sur les i via une réponse le 19 février dernier. Il affirme ainsi que la demande explicite d’un employeur à un candidat d’exposer ses effets personnels lors d’un entretien d’embauche est illicite.

Comme l’indique clairement le code du travail (L. 1221-6), les informations demandées, sous quelque forme que ce soit, au candidat à un emploi ne peuvent avoir comme finalité que :

  • D’apprécier sa capacité à occuper l'emploi proposé ;
  • Ou ses aptitudes professionnelles.

« Ces informations doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l'emploi proposé ou avec l'évaluation des aptitudes professionnelles » poursuit notamment l’article. En l’espèce, le fait de faire vider son sac constitue donc une atteinte au droit au respect de la vie privée qui n’est ni justifiée ni proportionnée.

Une vigilance accrue contre les dérives

S’il n’est pas prévu d’apporter des modifications au « cadre législatif ou réglementaire actuel », le ministère du Travail assure qu’il « restera vigilant sur ces pratiques et à tout signalement qui pourrait être réalisé, notamment auprès de l'inspection du travail ».

Si de tels agissements existent dans certaines entreprises, les dirigeants sont invités à former leurs recruteurs et à privilégier des méthodes d’évaluation objectives et respectueuses de la vie privée. Selon Patrice Adam, président de l’Association française de droit du travail et de la sécurité sociale (AFDT), déjà interrogé par Capital.fr sur la question, « la candidate serait en droit de saisir un juge pour réclamer des dommages et intérêts » si elle est soumise à cette pratique totalement farfelue.

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