Quel regard portent les Français sur leurs soignants, les réformes les concernant et l'usage du numérique en santé ?

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Quel regard portent les Français sur leurs soignants, les réformes les concernant et l'usage du numérique en santé ?
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L’institut d’études indépendant Odoxa publie aujourd’hui son 13e baromètre santé 360 consacré aux professions libérales de santé (PLS) - médecins généralistes et spécialistes, infirmiers, sages-femmes, kinésithérapeutes, dentistes, pharmaciens et aides-soignants.

Si l’étude démontre à quel point les Français aiment leurs soignants, elle dépeint également le regard différent que portent patients et professionnels de santé sur les réformes de santé actuelles.

Enfin, la question du développement du numérique en santé a été abordée : s’il est fondamental, une plus grande transparence s’avère nécessaire.

Image et perception des professionnels de santé : aspects positifs

En France, les professionnels libéraux de santé jouissent d’une excellente image, ils concentrent en moyenne 91 % de bonnes opinions.

En comparaison, les journalistes (36 %) et les hommes politiques (12 %) apparaissent clairement rejetés.

Si l’on regarde en détails, plus de 80 % des Français estiment les médecins, pharmaciens et infirmiers, comme étant « compétents », « sympathiques », « courageux » et « à l’écoute de leurs patients ».

Cette image positive des professionnels libéraux de santé est plutôt tendancielle puisqu’elle est également observée à l’échelle européenne.

Ce regard positif porté sur les professionnels de santé vient certainement en partie du fait que 9 Français sur 10 en moyenne (89 %), pensent que les professionnels libéraux de santé entretiennent de bonnes relations avec leurs patients. C’est un avis partagé par les professionnels puisque 91 % d’entre eux estiment entretenir d’excellentes relations avec leur patientèle.

Image et perception des professionnels de santé : aspects négatifs

Les relations entretenues entre les professionnels libéraux de santé et les établissements de santé (hôpitaux et cliniques) et avec les pouvoirs publics (ministères) sont globalement perçues comme moins bonnes par les Français ; ce constat est confirmé par les professionnels de santé :

  • 76 % des Français et 4 PLS sur 10 évoquent de mauvaises relations avec les établissements de santé
  • 46 % des Français et les 2/3 des PLS le disent de leurs relations avec les pouvoirs publics

Sur la question du prestige de certaines professions, la majorité des Français pensent qu’il s’est détérioré sur les 10 dernières années. C’est notamment le cas des :

  • Médecins : 55 %
  • Infirmiers : 53 %

Avis partagé par les professionnels de santé concernés, puisque 94 % des médecins et 81 % des infirmiers pensent que le prestige de leur profession s’est détérioré en 10 ans.

D’ailleurs, 1 médecin sur 2 (54 %) et les ¾ des infirmiers ne recommanderaient pas leur profession à leur enfant.

Les réformes concernant les professions libérales de santé

Il apparaît que les Français soutiennent les réformes concernant les professionnels libéraux de santé :

  • Inciter les médecins à s’installer dans les déserts médicaux : le niveau d’adhésion des sondés reste maximal lorsque la mesure proposée est plus incitative que coercitive. Ainsi, 86 % des Français approuvent la création de maisons de santé dans les zones sous-dotées et 81 % d’entre eux se disent favorables à l’instauration d’une prime accordée aux médecins s’installant dans des déserts médicaux. Les mesures autoritaires sont toutefois également soutenues par l’opinion. Ainsi, plus de 6 Français sur 10 sont favorables aux sanctions financières, voire au déconventionnement des médecins s’installant dans des secteurs surmédicalisés
  • La fin du concours d’entrée pour devenir infirmier est perçu comme une bonne chose pour près de 6 Français sur 10, au contraire des principaux intéressés qui sont 70 % à rejeter cette réforme. Quant à l’extension de la possibilité pour les infirmiers d’effectuer des vaccins sans prescription médicale, elle fait l’unanimité : 69 % des Français, 79 % des infirmiers et 59 % des médecins sont favorables à cette réforme. Par ailleurs, l’opinion (63 %) est globalement favorable à la prescription de certains médicaments par les infirmiers. Ces derniers sont 85 % à plébisciter cette extension de leurs compétences. Pour l’instant, 67 % des généralistes s’y refusent
  • Sur le reste à charge zéro sur les soins dentaires, on assiste à une rupture entre les Français et les dentistes ; si les sondés pensent que cette mesure sera bénéfique pour les patients (90 %) et les Français en général (88 %), la mesure est largement réprouvée par les dentistes qui estiment que cette réforme ne leur profitera pas du tout (91 %), pas plus qu’aux patients (79 %)

Le développement du numérique en santé

Les Français plébiscitent le développement du numérique en santé ; ainsi, près de 7 sondés sur 10 estiment que cela sera bénéfique tant aux patients qu’aux soignants : amélioration de la qualité de soins (68 %), meilleur suivi du traitement (71 %), etc.

En outre, le développement du numérique en santé permettrait d’améliorer le parcours de soins du patient, ce dernier étant sévèrement jugé par les Français qui se déclarent insatisfaits à 44 % (soit une baisse de 13 % depuis mars 2015) et par les professionnels de santé qui, dans une écrasante majorité, en sont mécontents (75 %).

Par ailleurs, pour 85 % des Français, le numérique en santé permettrait de favoriser le développement de maisons de santé pluridisciplinaires qui constituent déjà une tendance forte ces dernières années, puisque 37 % des Français et 45 % des médecins les fréquentent.

Au sujet du numérique en santé, il y a toutefois des limites : 4 Français sur 10 (42 %), ne savent pas si les professionnels de santé qui les suivent échangent entre eux des données de santé les concernant. Pis, parmi les Français qui savent que les professionnels de santé échangent des données les concernant, un sur deux ne sait pas comment ils font pour échanger ces informations. Seulement un tiers pensent qu’ils utilisent des messageries sécurisées.

Et les doutes se confirment : si 9 professionnels de santé sur 10 déclarent partager des informations sensibles sur leurs patients, les 2/3 d’entre eux le font sans utiliser une messagerie sécurisée, par ignorance ou méconnaissance.

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