Que pensent les Français de leur système de santé ? Quelles réformes souhaitent-ils ?

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Selon un sondage Odoxa paru le 27 février 2017*, les Français aiment leur système de santé veulent le préserver et l’améliorer. Les propositions faites par les candidats à l’Élection présidentielle auront un impact important sur leurs intentions de vote.

Le meilleur système de santé d’Europe mais peut mieux faire

Selon les personnes interrogées, la France dispose d’un système de santé performant et du meilleur système d’assurance maladie en Europe. Du point de vue des Français seulement, car c’est l’Allemagne qui arrive en premier pour les Européens (82 %). C’est également le cas en ce qui concerne l’Assurance maladie et les remboursements des soins : l’Allemagne a le meilleur système pour 42 % des Européens interrogés.

Le taux de satisfaction des patients Français est le plus élevé en Europe avec 86 % de retour d’expériences positif. Cependant, face aux nombreux problèmes rencontrés (en France et en Europe), 77 % des sondés restent extrêmement attentifs aux propositions des candidats à l’Élysée qui auront un impact sur leur vote dimanche 23 avril.

Réformes : réduire le déficit de l’Assurance maladie et remédier aux déserts médicaux

Toutes les mesures visant à réduire le déficit de l’Assurance maladie sont approuvées du moment qu’elles n’impliquent aucun effort financier de la part des assurés. Dans ce sens, les propositions qui ont le plus de succès sont :

  • Favoriser les soins ambulatoires pour réduire les dépenses d’hospitalisation (83 %)
  • Inciter les médecins à limiter les arrêts maladies (73 %)
  • Développer l’usage des médicaments génériques (72 %)
  • Proposer une assurance complémentaire publique à faible coût pour les personnes dont les revenus dépassent un peu le seuil pour bénéficier de la CMU-C (71 %)
  • Que les mutuelles soient intégrées dans la Sécurité sociale pour qu’elles prennent en charge à 100 % des frais de santé (68 %)

Les propositions qui ont moins de succès sont :

  • Rembourser plus ou moins les personnes selon leur comportement (tabac, alcool, pratique d’un sport…) (44 %)
  • Mettre en place une franchise en faisant payer à l’assurance complémentaire des patients les 1 000 premiers euros (25 %)
  • Ne plus rembourser que les médicaments pour les maladies les plus graves (9 %)

Si tous les sondés s’accordent à dire qu’il y a un problème de répartition des professionnels de santé sur le territoire, les médecins refusent que les pouvoirs publics se chargent de remédier au problème des déserts médicaux. 7 médecins interrogés sur 10 refusent de s’installer en zones rurales ou en banlieues, mais 46 % des médecins pourraient se laisser convaincre si les mesures proposées en contrepartie étaient suffisamment incitatives.
Il ressort de l’enquête que le problème est de trouver des mesures suffisamment souples et efficaces pour inciter les professionnels de santé à s’installer dans un désert médical sans qu’elles nécessitent de leur part un trop grand sacrifice ou un trop gros effort. Les propositions qui ont le plus de succès chez les médecins sont :

  • Mettre en place dans les zones démédicalisées des « Maison de professionnels de santé » (78 %)
  • Mettre à disposition un local professionnel par la municipalité (78 %)
  • Accorder une prime à l’installation pour les médecins s’installant en zones démédicalisées (75 %)
  • Développer la collaboration libérale et le travail en réseau (77 %)
  • Favoriser l’exercice du temps partiel (70 %)
  • Accorder des bourses d’études en échange d’un engagement à exercer dans le secteur quelques années (67 %)

Les propositions remportant le moins de succès auprès des médecins sont :

  • Imposer une affectation autoritaire pendant les 10 premières années d’exercice (11 %)
  • Déconventionner les médecins qui s’installeraient dans des secteurs déjà surmédicalisés (25 %)
  • Ne pas prendre en charge une partie des cotisations sociales des médecins s’installant en zone surmédicalisée (39 %)
  • Majorer de 20 % les actes médicaux et consultations pour les médecins installées en groupe (50 %)

L’hôpital de demain et la santé connectée

Parmi les résultats de l’enquêtes, plusieurs interpellent :

  • 56 % des Français interrogés sont prêts à consulter auprès d’une infirmière plutôt qu’un médecin si cela permettait de garantir la permanence des soins.
  • 85 % des Français sont pour la mise ne place d’un mécanisme de re-certification obligatoire des compétences
  • 67 % des Français se sentent concernés par la prise en charge du vieillissement et de la dépendance

Les directeurs d’hôpitaux sont convaincus que l’hôpital de demain peut jouer un rôle positif contre les déserts médicaux. Notamment en favorisant le développement de la télémédecine et en permettant d’avantages d’interconnexions avec les acteurs de santé locaux.

Sur la prise en charge du vieillissement de la population, les Français se sentent largement concernés et estiment que la solution se situe du côté de la santé connectée. Ils pensent que les nouvelles technologies sont non-seulement sous-exploitées (pour 74 % d’entre eux), mais également méconnues des acteurs de la santé et trop peu évoquées dans le débat politique (pour 83 % des réponses). Pour les directeurs d’hôpitaux, la prise en charge des personnes âgées et de la dépendance constitue le défi à relever pour les hôpitaux.

Méthodologie de l’enquête

Recueil :

  • Échantillon de Français interrogés par Internet les 8 et 9 février 2017
  • Échantillon de médecins interrogés par Internet du 3 au 13 février 2017
  • Échantillon de directeurs d’hôpitaux interrogés par Internet du 2 au 20 février 2017
  • Échantillon d’Européens par Internet du 3 au 13 janvier 2017

Échantillon :

Échantillon de 1001 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération
Échantillon de 3046 Européens (Français, Britaniques, Espagnols, Allemands et Italiens) représentatif des populations de chacun des payx en termes de sexe, d’âge, CSP, régions et en fonction du poids démographique de chacun de ces 5 pays.
Échantillon de 428 médecins
Échantillon de 190 directeurs d’hôpitaux

* Sondage réalisé pour Orange, MNH, FHF, Ramsay Générale de santé, Le Figaro santé et France Inter

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