Élection présidentielle : Yannick Jadot répond à Previssima sur la protection sociale

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Previssima a sollicité les principaux candidats à l’élection présidentielle pour connaître leur programme en matière de santé, de retraite et de prévoyance. Aujourd’hui, les réponses du candidat d’Europe Ecologie Les Verts (EELV).

Santé

Une Sécurité sociale forte. Politique de prévention renforcée. Désert médicaux. Diminution de la part des complémentaires santé.

La Sécurité sociale est-elle selon vous sauvée ? Faut-il de nouveaux ajustements voire une réforme en profondeur ?

Notre santé n'est pas un bien comme les autres. Sa préservation ne peut être tributaire d'arguments purement économiques. Pourtant, depuis des décennies, le modèle néolibéral souffle un vent défavorable à notre système de protection sociale. Les politiques menées ont rogné petit à petit des droits qui relèvent pourtant du respect de la vie et de la dignité de la personne. Le reste à charge pour les ménages ne cesse d’augmenter, l’égalité territoriale n’existe plus, les hôpitaux se battent contre les contraintes budgétaires. Certaines maternités ou hôpitaux de proximité ferment, aggravant la désertification sanitaire.

En tant qu'écologiste, je porte la volonté de rétablir une Sécurité sociale forte, déconnectée des logiques de marchés et de rentabilité pures, pour porter un modèle de justice sociale, de maillage des services publics, d'égalité et de progrès.

Des maladies ont régressé, d’autres se développent. Des facteurs environnementaux sont de plus en plus en cause : polluants, microparticules, produits se révélant toxiques. La recherche médicale doit être poursuivie, les réels progrès de diagnostics et de traitements reconnus.

Un système de santé équilibré doit associer politique de soins et de prévention. Politique de soins pour soigner les pathologies. Politique de prévention pour chercher et combattre les causes des maladies, véritable définition de la prévention. La prévention est actuellement le parent pauvre de la santé ; l’indigence des moyens financiers consacrés par les Agences Régionales de Santé le prouve.

De nouvelles pathologies apparaissent : obésité, diabète, hypertension, pathologies respiratoires, allergies, maladies neurodégénératives, Alzheimer ou Parkinson. Nous lutterons contre ces nouvelles épidémies par une véritable politique de prévention de santé environnementale qui passe notamment par l’interdiction des perturbateurs endocriniens. Outre éviter la souffrance humaine, cette politique de santé environnementale générera de formidables économies en matière de soins, en particulier liées aux maladies chroniques.

Pour combattre réellement les pathologies respiratoires, il est temps de programmer la sortie du diesel, pour améliorer durablement la qualité de notre air, les particules fines étant responsables de 48 000 morts prématurées par an selon l'agence Santé publique France.

Une politique de prévention est source d’économies, tout comme le moindre recours à la seule médecine issue des technosciences, toujours plus inflationniste.

Nous lutterons également contre les déserts médicaux en maintenant les hôpitaux et maternités de proximité sur tout le territoire, en développement les maisons de santé adossées à des unités de premiers soins et en réglementant l’installation des médecins en fonction de la démographie de la population et de la démographie médicale.

Comment envisagez-vous l’articulation entre la Sécurité sociale et les complémentaires santé privées ?

Nous entendons garantir l'accessibilité financière des soins afin de tendre vers l'équité entre les assurés sociaux. La part de l'Assurance maladie dans le financement des soins de santé sera ainsi significativement augmentée, en diminuant la part des assurances complémentaires. Nous proposerons également la mise en place d'un principe de cofinancement d'une mutuelle en partenariat régions-collectivités.

Retraite

Age de la retraite. Réflexion sur la place du travail.

Prévoyance-protection sociale

Garantir aux auto-entrepreneurs et aux indépendants une protection sociale équivalente.

Quelles sont vos propositions pour améliorer la protection sociale des indépendants ?

Les travailleurs indépendants sont de plus en plus nombreux et le numérique redistribue les cartes économiques. Ces mutations doivent constituer autant d'opportunités économiques. Pour cela, il nous faut garantir aux travailleurs indépendants et aux auto-entrepreneurs une protection sociale équivalente : l’accès universel à la retraite, à l’assurance maladie, à l’assurance chômage, à la formation.

Dépendance

Sécuriser les revenus des personnes âgées. Echanges intergénérationnels. Politique pour les aidants à la personne.

La loi de 2015 sur l’adaptation de la société au vieillissement est-elle suffisante au regard des enjeux sur la perte d’autonomie ?

La loi du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement n'est pas suffisante pour prévenir ou améliorer la prise en charge des personnes en perte d'autonomie, et pour adapter les politiques publiques au vieillissement. Je propose d'aller plus loin.

Il faut sécuriser les revenus et l’accès aux soins en augmentant le minimum vieillesse selon les mêmes critères que les autres revenus sociaux, en revalorisant les retraites à partir des salaires et non de l’indice des prix, et en garantissant une visite médicale annuelle gratuite pour toutes les personnes de plus de 65 ans et la suppression des franchises médicales.

La lutte contre l'isolement des personnes âgées doit également être encouragée en favorisant l'activité bénévole et les lieux d'échanges intergénérationnels (incitation fiscale, soutien aux club seniors, mixité des générations dans la construction de logements neufs, etc.).

Quant aux modes d'hébergement, ceux-ci doivent découler d'un choix ouvert le plus adapté à la situation de la personne : hébergement en structure collective ou autogérée, maintien à domicile. Notamment, le nombre de places en EHPAD public doit être au moins égal au nombre de places dans le secteur privé.

Par ailleurs, les aidants formels à la personne en perte d'autonomie doivent pouvoir bénéficier d'une formation en alternance, la même que celle qui serait intégrée dans le cursus de formation des aide-soignants sous forme de spécialité. Cela implique l’installation dans chaque département d’une unité de soins palliatifs assurant aussi la logistique des réseaux à domicile et dans les résidences de personnes âgées. Il faut revaloriser le métier d'aide à la personne, en termes d'image et de salaire. C'est un secteur qui représente un vrai potentiel d'emplois, et d'emplois gratifiants.

Nouvelle économie

Utilisation de l'ensemble des revenus pour financer le système de protection sociale.

Comment voyez-vous l’évolution du financement de la protection sociale à l’aune de la nouvelle économie, de la révolution numérique et de l’économie collaborative ?

Le financement d’une politique publique de santé ne peut être uniquement basé sur les cotisations salariales, mais sur l’ensemble des revenus et par l'utilisation d’une part de la taxe carbone que nous instaurerons. Cette politique sera ainsi garante d’un système de santé, financièrement viable, solidaire, soucieux de toutes et de tous, respectueux de notre planète.

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