Protection sociale : ce qui change pour vous en mars 2026
Après un début d’année chargé, mars 2026 apporte à son tour plusieurs évolutions importantes pour les salariés, les employeurs et les justiciables.
Semaine de l’épargne salariale, aide à l’embauche des apprentis, nouvelle contribution pour saisir le conseil de prud’hommes ou encore hausse du forfait hospitalier : tour d’horizon des principales mesures à connaître.
Semaine de l’Épargne Salariale : la nouvelle édition se tiendra du 23 au 27 mars 2026
La 9ᵉ édition de la Semaine de l’Épargne Salariale se tiendra du 23 au 27 mars 2026. Créée en 2017, cette initiative vise à mieux informer salariés et entreprises sur les dispositifs d’épargne salariale (intéressement, participation, abondement, plans d’épargne entreprise et retraite).
L’événement rassemblera une trentaine d’acteurs publics et privés, dont l’AMF, l’AFG et la Direction générale du travail. Des ateliers, webinaires et contenus pédagogiques pour seront proposés pour lever les freins à la mise en place ou à la compréhension de ces dispositifs, encore jugés complexes par certains salariés.
Pour en savoir plus : La Semaine de l’Épargne Salariale aura lieu du 23 au 27 mars 2026
Hausse des forfaits hospitaliers
Le gouvernement acte une nouvelle réduction de la part prise en charge par l’Assurance maladie pour certains séjours hospitaliers et passages aux urgences. L’objectif : contenir le déficit de la Sécurité sociale, qui a atteint près de 23 milliards d’euros en 2025.
À compter du 1er mars 2026, plusieurs forfaits augmenteraient :
- Le forfait journalier hospitalier passerait de 20 € à 23 € par jour (et de 15 € à 17 € en psychiatrie) ;
- La participation forfaitaire applicable aux soins lourds de plus de 120 € serait relevée de 24 € à 32 € ;
- Le forfait patient urgences (FPU) serait également revalorisé, passant de 19,61 € à 23 €.
Si les personnes couvertes par une complémentaire santé devaient voir ces hausses absorbées, au moins en partie, par leur mutuelle, les assurés sans couverture (environ 5 % de la population) supporteraient directement l’augmentation du reste à charge.
Pour en savoir plus : Hospitalisations et urgences : vers un remboursement moindre de la Sécurité sociale ?
Conseil de prud’hommes : une contribution de 50 € pour saisir la justice
À compter du 1er mars 2026 au plus tard (un décret d’application est toutefois encore attendu), une contribution forfaitaire de 50 € devra être acquittée pour toute saisine du conseil de prud’hommes ou du tribunal judiciaire en matière civile.
Instaurée par la loi de finances pour 2026, cette somme prendra la forme d’un droit de timbre dématérialisé, payable lors du dépôt de la requête. Elle constituera une condition de recevabilité : à défaut de paiement, la demande pourra être déclarée irrecevable.
La mesure vise à financer l’aide juridictionnelle et à limiter les recours jugés abusifs. Certaines situations resteront exonérées, notamment les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle.
Il s’agit d’un retour à une saisine payante, après la suppression en 2014 de l’ancienne contribution de 35 €.
Pour en savoir plus : Conseil de prud’hommes : faudra-t-il désormais payer 50 € pour saisir la justice ?
Allocations familiales : la majoration repoussée de 14 à 18 ans
À compter du 1er mars 2026, l’âge ouvrant droit à la majoration des allocations familiales passera de 14 à 18 ans. Pour rappel, jusqu’ici, cette majoration était versée lorsque le deuxième enfant atteignait 14 ans et variait, selon les ressources du foyer, entre 18,88 € et 75,53 € par mois.
Cette évolution, actée par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, ne concernera que les enfants nés à partir du 1er mars 2012. Les familles bénéficiant déjà de la majoration pour un enfant ayant atteint 14 ans avant cette date continueront d’en bénéficier selon les règles antérieures à la réforme.
Selon les données de la DREES, les dépenses liées aux enfants augmentent surtout autour de 18 ans, ce qui a conduit le gouvernement à revoir l’âge de majoration. L’exécutif met également en avant un objectif budgétaire : près de 200 millions d’euros d’économies sont attendus dès 2026 pour la branche famille, avec une montée en charge progressive jusqu’en 2029.
Pour en savoir plus :
- Baisse des allocations familiales : ce que le report de la majoration pourrait changer pour votre porte-monnaie
- Allocations familiales : la majoration pourrait être repoussée de 14 à 18 ans à partir de 2026
Aide à l’embauche des apprentis : premier versement pour les employeurs
Depuis le 1er novembre 2025, les aides versées aux employeurs d’apprentis sont désormais calculées au prorata du nombre de jours réellement travaillés pour les contrats de moins d’un an ou interrompus avant leur date anniversaire.
Concrètement : le premier et le dernier mois de contrat ne donnent plus lieu à un versement forfaitaire, mais sont ajustés selon le nombre de jours réellement effectués.
Pour les contrats conclus après le 1er novembre 2025 :
- Le versement a été mis en attente entre novembre 2025 et février 2026.
- L’éligibilité des dossiers est actuellement étudiée depuis mi-février, avec application de la proratisation sur les premiers et derniers mois incomplets.
- Les premiers paiements sont donc attendus courant mars 2026.
Pour en savoir plus : Aide à l’embauche des apprentis : un premier versement repoussé à mars 2026
Carnet de maternité : une nouvelle édition disponible pour les futures mamans
À compter du 1er mars 2026, le carnet de maternité évolue. Gratuit et remis à toutes les femmes après leur premier examen prénatal, il fournit des informations et conseils pour le suivi de la grossesse et de la période post-partum. Il doit être présenté à chaque consultation, jusqu’à 6 à 8 semaines après l’accouchement.
La nouvelle version intègre notamment :
- Des indications sur le risque de dépression post-partum et ses signes (tristesse, anxiété, troubles de mémoire) avec des conseils pour se faire accompagner ;
- Un suivi des vaccinations réalisées pendant la grossesse ;
- Des informations sur le dépistage de la trisomie 21 ou encore sur le diabète gestationnel.
Cette actualisation a pour objectif de renforcer la prévention, d’améliorer l’accompagnement des futures mamans et d’optimiser le suivi médical tout au long de la grossesse.