Prévoyance : une protection essentielle devenue l’activité la plus rentable des assureurs

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Prévoyance : une protection essentielle devenue l’activité la plus rentable des assureurs

Maladie, accident, invalidité ou décès : les aléas de la vie peuvent fragiliser brutalement vos revenus ou la sécurité financière de vos proches. C’est précisément pour répondre à ces risques que l’assurance prévoyance existe. Moins visible que la complémentaire santé ou la retraite supplémentaire, elle joue pourtant un rôle central dans la protection sociale complémentaire.

Mais derrière cette fonction protectrice, les chiffres récents publiés par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) révèlent une autre réalité : la prévoyance est aujourd’hui l’activité la plus rentable des organismes d’assurance. Une situation qui interroge sur l’équilibre entre protection des assurés et logique économique. Le point dans cet article.

L’assurance prévoyance : une activité en forte croissance

En 2023, les organismes d’assurance (entreprises d’assurances, mutuelles et institutions de prévoyance) ont collecté 25,4 milliards d’euros de cotisations en prévoyance, hors assurance emprunteur. Ce montant place la prévoyance au deuxième rang des risques sociaux couverts par les assureurs, derrière la complémentaire santé (43,0 milliards d’euros de cotisations en 2023), mais devant la retraite supplémentaire (19,0 milliards d’euros).

Depuis plus de dix ans, le marché progresse régulièrement (+ 4,2 % par an en moyenne). Une dynamique qui s’explique certainement par plusieurs facteurs : généralisation des contrats collectifs en entreprise, développement de la prévoyance individuelle chez les indépendants, et prise de conscience accrue des risques liés à l’arrêt de travail ou à l’invalidité.

Moins de prestations versées en prévoyance qu’en santé

Premier enseignement marquant de cette étude : la prévoyance redistribue nettement moins que la complémentaire santé.

En moyenne, 64 % des cotisations collectées sont reversées sous forme de prestations de prévoyance (indemnités journalières, rentes d’invalidité, capitaux décès…). À titre de comparaison, la complémentaire santé affiche un taux de redistribution d’environ 81 %.

Cette différence ne traduit pas nécessairement une défaillance du système. La prévoyance repose sur des risques plus aléatoires et souvent moins fréquents que les dépenses de santé. Mais elle souligne une réalité essentielle : une part significative des cotisations ne revient pas directement aux assurés.

Des écarts importants selon le type d’organisme

Tous les acteurs ne jouent pas le même rôle sur le marché de la prévoyance :

  • Les institutions de prévoyance se distinguent par le meilleur retour sur cotisations, avec environ 75 % des montants redistribués. Historiquement tournées vers les contrats collectifs, elles privilégient une logique plus mutualisée ;
  • Les mutuelles se situent dans une position intermédiaire, avec un retour autour de 67 % ;
  • Les entreprises d’assurance ferment la marche : elles ne reversent en moyenne que 58 % des cotisations collectées.

Ces écarts tiennent autant au modèle économique qu’à la structure des contrats commercialisés (collectifs ou individuels).

Des frais de gestion particulièrement élevés

Autre spécificité de la prévoyance : son coût de gestion.

En 2023, près d’un tiers des cotisations (32 %) a servi à financer les charges de gestion, contre seulement 19 % en complémentaire santé. Ces frais comprennent l’administration des contrats, la gestion des sinistres, mais surtout les frais d’acquisition, c’est-à-dire la rémunération des intermédiaires, des réseaux commerciaux et des actions marketing.

Sur ce point, les entreprises d’assurance se démarquent nettement, avec des frais de gestion pouvant atteindre 38 % des cotisations, en grande partie du fait de coûts commerciaux élevés, notamment sur les contrats individuels.

Une rentabilité élevée

Une fois les prestations et les frais de gestion déduits, la prévoyance reste une activité très profitable. En 2023, le résultat technique moyen atteint 14 % des cotisations (contrats emprunteurs compris), quand l’activité santé est quasiment à l’équilibre (- 0,4 %).

Là encore, les différences sont marquées :

  • Les entreprises d’assurance dégagent les marges les plus élevées (16 %) ;
  • Les institutions de prévoyance affichent une rentabilité plus modérée (10 %) ;
  • Les mutuelles restent en retrait (6 %).

Cette rentabilité élevée s’explique notamment par un cadre réglementaire moins contraignant que celui de la complémentaire santé, dont les garanties sont fortement encadrées par les contrats dits « responsables ».

Prévoyance : une utilité incontestable, mais un choix à sécuriser

Les chiffres ne remettent pas en cause l’utilité de la prévoyance. Sans elle, un arrêt de travail prolongé ou une invalidité pourraient avoir des conséquences financières dramatiques. En revanche, ils rappellent une chose essentielle : tous les contrats ne se valent pas.

Pour les assurés comme pour les entreprises, il est indispensable d’analyser précisément les garanties proposées, de vérifier les exclusions, délais de carence et plafonds d’indemnisation. Et surtout, de ne pas se limiter au seul critère du prix.

La prévoyance reste un outil indispensable de sécurisation des parcours de vie. Mais dans un marché où la rentabilité est élevée et les règles moins strictes qu’en santé, le choix du contrat et de l’organisme est plus que jamais déterminant.

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