Prévoyance : 4 indépendants sur 10 prennent un risque qui peut leur coûter cher
Maladie, accident, arrêt de travail prolongé… Les travailleurs indépendants ont conscience des risques qui pèsent sur leur activité. Pourtant, 39 % d’entre eux ne disposent d’aucune assurance prévoyance complémentaire, selon une récente étude d’APRIL. Une situation préoccupante, alors que plus de la moitié ne pourrait maintenir son niveau de vie au-delà de trois mois sans revenus.
La liberté d'entreprendre au péril de sa sécurité
Les travailleurs non salariés le savent mieux que personne : chaque journée de travail compte. Car contrairement aux salariés, les indépendants ne bénéficient ni de congés payés garantis par un employeur, ni d'une mutuelle d'entreprise avantageuse, ni de garanties automatiques équivalentes à celles des salariés en cas d'arrêt de travail prolongé. Or, la première édition de l’Observatoire de la protection des indépendants de l’Association des Assurés APRIL révèle un paradoxe. Si 74 % des indépendants jugent la prévoyance importante, seuls 61 % disposent d’une couverture complémentaire à leur régime obligatoire.
Et l’étude révèle d’importantes disparités selon les catégories professionnelles :
- Les professions réglementées sont nettement mieux protégées (85 %) ;
- Les TNS classiques un peu moins (71 %) ;
- Les micro-entrepreneurs restent très exposés (37 %).
Pourquoi un tel écart ? Le prix reste le principal obstacle. Parmi les indépendants non couverts, 47 % évoquent le coût de l'assurance pour expliquer leur choix. Cet argument pèse d'autant plus que près d'un professionnel sur deux (49 %) considère déjà les charges comme sa première préoccupation financière.
Selon l'étude, plus d'un TNS sur deux ne pourrait maintenir son niveau de vie plus de trois mois sans revenus professionnels.
En cas d'arrêt prolongé, les répondants redoutent notamment :
- Une baisse importante de leurs revenus (38 %), susceptible de fragiliser leur équilibre financier personnel.
- Des difficultés à payer leurs charges fixes (32 %), alors même que certaines dépenses professionnelles continuent de courir.
À cela s'ajoute le risque de ne plus pouvoir assurer la continuité de l'activité, cité par 35 % des indépendants interrogés.
Épargne personnelle, conjoint : des solutions qui montrent leurs limites
Face à ces risques, de nombreux indépendants préfèrent compter sur leurs propres ressources plutôt que de souscrire une assurance complémentaire.
Parmi ceux qui ne disposent pas de prévoyance, 35 % misent sur leur épargne personnelle et autant sur leur capacité à reprendre rapidement le travail. D'autres envisagent de solliciter les revenus de leur conjoint (20 %) ou de puiser dans leur patrimoine (17 %).
Ces solutions peuvent néanmoins se révéler insuffisantes lorsque l'interruption d'activité se prolonge, voire provoquer des tensions au sein du ménage. Elles sont surtout suicidaires d’un point de vue patrimonial. De plus, 21 % des indépendants non couverts reconnaissent ne disposer d'aucune véritable solution pour faire face à un coup dur.
Le sondage incite donc à « dépasser la seule sensibilisation aux risques ». L'enjeu consiste notamment à évaluer le niveau réel de protection avant qu'un accident ou une maladie ne survienne. Les professionnels de proximité - assureurs, courtiers, experts-comptables - ont là un rôle important à jouer, puisque 47 % des TNS les citent comme sources d’information pertinentes.
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