Pourquoi les comptes de la CNAV se sont dégradés

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Pourquoi les comptes de la CNAV se sont dégradés
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La commission des Affaires sociales du Sénat a auditionné mercredi 23 octobre Gérard Rivière et Renaud Villard, respectivement directeur général et président de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV). Ils se sont notamment exprimés sur l’équilibre financier de la branche vieillesse.

La non-compensation remise en cause

Gérard Rivière commence son audition par la dégradation des comptes de la branche vieillesse, qui affiche un déficit de 2,1 milliards d’euros pour 2019, alors que les prévisions tablaient sur un déficit bien plus léger. Pour expliquer ce recul, le président de la CNAV pointe du doigt la non-compensation des exonérations de charges votées dans la loi la portant mesures d’urgence économiques et sociales (MUES).

Selon lui, deux autres raisons expliquent l’aggravation du déficit de la branche vieillesse :

  • La fin de la montée en charge de la réforme « Sarkozy » de 2010, qui a repoussé l’âge de la retraite et entraîné une accélération très nette des départs en retraite (+6 % entre 2017 et 2018)
  • Et une plus faible évolution de la masse salariale que celle envisagée, notamment celle "sous plafond de la Sécurité sociale"

Le président de la CNAV rappelle de sa Caisse a émis un avis négatif à l’encontre du PLFSS en condamnant notamment le principe de non-compensation systématique des exonérations de cotisations : « Cette tendance pourrait prendre une tournure particulièrement grave et dangereuse pour la pérennité du système de Sécurité sociale en général et de la retraite en particulier ».

Des dépenses plus élevées que prévues

C’est ensuite au tour de Renaud Villard, directeur de la CNAV, de prendre la parole devant la commission des affaires sociales du Sénat. Il explique que les dépenses de la branche retraite sont plus élevées que ce qu’indiquaient les prévisions. Il explique cette dégradation par :

  • La sensibilité très forte de la branche retraite à la masse salariale, qui explique "plus de la moitié de ce déficit nouveau"
  • La surestimation dans les prévisions de l’impact de l’abattement temporaire de 10 % sur la pension complémentaire Agirc-Arrco de certains retraités en fonction de leur âge, entré en vigueur le 1er janvier 2019

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