Pour sauver leurs régimes de retraite, 9 syndicats de professionnels créent le collectif SOS Retraites

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Pour sauver leurs régimes de retraite, 9 syndicats de professionnels créent le collectif SOS Retraites
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9 syndicats de professionnels annoncent la création du Collectif SOS Retraites dans le but de sauver leur régime de retraite complémentaire. Y sont réunis les professions suivantes : médecins (FMF, le Bloc, UFMLS), chirurgiens (UCDF), kinésithérapeutes (Alizé), infirmiers (Convergence infirmière, UNIDEL), orthophonistes et podologues, pilotes (SNPL), hôtesses et stewards (UNAC).

Les professionnels en guerre contre la future réforme des retraites

Selon le communiqué de presse, daté du 29 août, ces professions qui « financent des régimes autonomes depuis des décennies dans avoir jamais rien coûté aux contribuables […] ne peuvent cautionner les propositions de Jean-Paul Delevoye, qui aboutirait à supprimer ces régimes, à faire un hold up d’État sur leurs réserves cotisées et à majorer le coût du maintien des retraites à leur niveau actuel, voire doubler les cotisations retraite versées par certaines de ces professions, sans toutefois garantir le maintien des pensions actuelles. Elles s’opposent également formellement au détournement des réserves de leurs régimes. »

Il ne s’agit pas de la première coordination entre professionnels. En juillet 2018, plusieurs caisses de retraite des professionnels libéraux - notaires (CPRN), pharmaciens (CAVP), dentistes (CARCDSF), vétérinaires (CARPV), experts comptables (CAVEC) - créaient Pro’Action Retraite, une association qui s’opposait à la réforme des retraites, telle qu’elle était proposée.

Dans un récent communiqué de presse, l'association qualifiait « d’inacceptable » la réforme telle qu’envisagée par le gouvernement : « le régime unique porté par le Haut-commissaire Jean-Paul Delevoye mettra en danger les indépendants et les libéraux […] il détruit le modèle solide, vertueux et responsable au sein de notre système de protection sociale »

Pas de convergence des luttes

Si les deux organisations avancent les mêmes revendications, rien ne semble indiquer qu’elles uniront leurs forces. Pour le moment, le Collectif SOS Retraites appelle l’ensemble des professionnels mobilisés à manifester le lundi 16 septembre à Paris.

Les organisations syndicales nationales ont également prévu des mobilisations… à d’autres dates. Ainsi Force ouvrière (FO), opposé à la réforme depuis la concertation, appelle à manifester le samedi 21 septembre à Paris. De leur côté, la Confédération générale du travail (CGT) et SUD-Rail se rassembleront le mardi 24 septembre.

Au sujet de la réforme des retraites :

Précédent de peu la reprise des négociations avec les syndicats, le Président de la République a récemment déclaré, sur France 2, être plus favorable à la prise en compte de la durée de cotisation qu’à la mise en place d’un âge pivot à 64 ans pour tous. Ces déclarations ont vivement fait réagir les syndicats des salariés et les organisations patronales.

Petit tour d’horizon des réactions :

Dans un communiqué, daté du 27 août 2019, la CGT affirme que les récents propos d’Emmanuel Macron ont pour but « d'embrouiller les salariés sur le projet de réformes des retraites présenté par Jean-Paul Delevoye ». Le syndicat réaffirme son opposition à la réforme et appelle tous les salariés, retraités et « privés d’emploi » à se mobiliser à partir du 24 septembre. Par ailleurs, la confédération estime qu’« annoncer un allongement de la durée des cotisations, au-delà même des 43 ans préconisés dans le système actuel ou bien recourir à un âge pivot avec une décote avant 64 ans revient au même… En vérité, compte tenu de l’entrée de plus en plus tardive dans un emploi stable (27 ans en moyenne aujourd’hui), les annonces de Macron reviennent à repousser l’âge légal de départ à la retraite bien au-delà de 64 ans. »

La CGT souhaite « obliger le gouvernement à renoncer à son projet de réforme et gagner une retraite à 60 ans sans décote et avec un minimum de pension à 1 200 euros nets ».

Du côté de la CFDT, Laurent Berger, secrétaire général du syndicat, se sent écouter. Dans une interview accordée au Monde, mercredi 28 août 2019, il se félicite de l’ouverture que constitue le changement de pied d’Emmanuel Macron sur la réforme des retraites : « Nous disions depuis le début que cet âge pivot était une profonde erreur et une injustice. Le Président de la République explique désormais, lui aussi, que ce n’est pas la bonne solution. Tant mieux si nous sommes écoutés. »

Lors des Rencontres des entrepreneurs de France (REF), Geoffroy Roux de Bézieux, patron du Medef a affirmé que la logique du Président de la République ne suffirait pas à rééquilibrer les comptes des régimes de retraite et qu’il est nécessaire d’agir aussi sur l’âge de départ.

Le syndicat Solidaires qualifie les propos d’Emmanuel Macron « d’enfumage pour rendre cette réforme présentable ». Dans un communiqué daté du 27 août, le syndicat plaide pour une réduction du nombre des meilleures années prises en compte dans le calcul de la retraite (de 25 à 10), une diminution de la durée de cotisation pour se rapprocher des durées actuelles constatées (32 années cotisées et 37 années validées), une prise en compte des pénibilités par des départs anticipés, un départ au maximum à 60 ans et un taux de remplacement (pension par rapport au salaire pris en compte) à 75 % pour le taux plein, et une retraite au moins égale au SMIC.

Enfin, pour la CPME, il faut relever l’âge minimal de départ. Dans un communiqué, daté du 27 août, elle affirme la nécessité de concilier durée de cotisation et âge de départ : « Plutôt que de s’engager dans un dispositif complexe d’âge pivot à 64 ans avec un malus et une surcote, la CPME plaide pour un relèvement de l’âge minimal légal d’ouverture des droits à la retraite à 63 ans, le montant des pensions étant ensuite calculé en fonction de la durée de cotisation. »

La confédération des PME « partage la préoccupation d’Emmanuel Macron de mettre fin aux avantages dont bénéficient les régimes spéciaux – mais également les fonctions publiques – tant sur l’âge de départ que sur les modalités de calcul des pensions, et ce par rapport aux salariés du secteur privé appelés à les financer. »

En revanche, elle rejoint les revendications des professionnels libéraux et des indépendants qui « cotisent sans faire appel à d’autres » et affirme donc qu’« il est légitime qu’ils ne soient pas pénalisés en termes de prestations ou de cotisations. »

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