Permis de conduire : seuls les demandeurs d’emploi pourront désormais bénéficier du CPF

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Permis de conduire : seuls les demandeurs d’emploi pourront désormais bénéficier du CPF

Le volet dépenses du budget 2026 modifie en profondeur les règles d’usage du Compte Personnel de Formation (CPF).

Jusqu’ici, ce dispositif, alimenté tout au long de la vie professionnelle, permettait à chacun de mobiliser ses droits pour financer des actions de formation, y compris la préparation au permis de conduire. Mais cela va changer.

Le permis sort du champ du CPF pour les actifs

Nouveau coup de canif porté à la fois au CPF et, par extension, aux Français eux-mêmes. Un amendement voté au Sénat en décembre et maintenu par le gouvernement dans le cadre du volet dépenses du budget 2026 restreint désormais le financement du permis de conduire via le CPF aux seuls demandeurs d’emploi. Autre restriction majeure : la suppression de l’aide de 500 euros accordée aux apprentis pour le passage du permis.

Concrètement, cela signifie que les salariés déjà en poste ne pourront plus mobiliser leurs droits CPF pour financer leur permis B ou une autre catégorie, alors même que cette option figurait ces dernières années parmi les utilisations les plus fréquentes du compte.

La profession s’indigne

Rappelons que le prix du permis B est généralement évalué entre 1 500 et 2 000 euros. Il s’agit surtout de la formation la plus souvent financée par le CPF, puisqu’elle représentait en 2023, selon le ministère du Travail, 23 % des formations prises en charge. C’est donc près d’un quart des candidats au permis B concernés, et un enjeu économique majeur pour les auto-écoles.

« On ne comprend pas ce qui est en train de se passer », a de son côté immédiatement dénoncé le vice-président de la Fédération des enseignants et Auto-écoles d'Avenir (FENAA). Selon lui, le message transmis serait celui de dire : « il faut que vous soyez au chômage pour pouvoir vous former. On marche sur la tête ».

Le CPF, un outil réorienté vers l’emploi

Pour le sénateur Xavier Iacovelli (Renaissance), qui a présenté cette mesure, l’objectif de cet amendement ne vise pas à réaliser des économies budgétaires, dans la mesure où les actifs utiliseront leur CPF pour d’autres formations, mais plutôt à les inciter à orienter leurs droits vers des dispositifs jugés plus directement liés à l’employabilité, comme les bilans de compétences.

Une analyse contestée par l’association « 40 millions d'automobilistes » et la Fédération des auto-écoles nouvelle génération. Selon elles, cette mesure exclura désormais « ouvriers, aides à domicile, intérimaires, salariés des zones rurales et périurbaines », qui financent pourtant le CPF par leurs cotisations, mais se verront refuser l’accès à ce droit.

Rappelons en effet qu’une très grande majorité des travailleurs français dépend encore de la voiture pour se rendre au travail, faute de réseaux de transports collectifs suffisants, largement concentrés dans les centres urbains et leurs grandes couronnes.

Une fracture sociale et un risque accru sur les routes

Dans une lettre ouverte adressée au gouvernement, l’association 40 millions d'automobilistes appelle les pouvoirs publics à « solennellement revoir leur copie ». Elle estime qu’une alternative est possible et pourrait passer par « un plafonnement du montant mobilisable pour tous, sans remettre en cause le principe d’universalité du CPF ».

L’association y voit, au-delà de la création d’une véritable « fracture sociale », un risque encore plus préoccupant : celui de voir apparaître sur les routes des travailleurs précaires qui, faute d’avoir pu financer leur permis de conduire via le CPF, pourraient être contraints de circuler sans permis ni assurance, avec « des conséquences graves en matière de sécurité routière ».

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