PER : c’est officiel, le report des plafonds de déduction étendu à 5 ans
La loi de finances pour 2026 introduit une nouveauté pour le Plan d’Épargne Retraite (PER) : les contribuables pourront désormais reporter leurs plafonds de déduction non utilisés sur 5 ans, au lieu de 3. Attention toutefois, cette mesure n’est pas rétroactive. Décryptage d’une évolution qui ouvre de nouvelles perspectives aux épargnants.
PER : un report prolongé dès 2026, sans rétroactivité
Pour rappel, le PER permet de mettre de l’argent de côté pour sa retraite tout en bénéficiant d’une réduction d’impôt.
Chaque année, il existe un plafond de déduction fiscale : c’est le montant maximum que l’on peut soustraire de ses revenus imposables grâce aux versements effectués sur le PER. Si les versements effectués dans l’année sont inférieurs à ce plafond, la part non utilisée peut être reportée : c’est ce qu’on appelle le rattrapage fiscal.
Avant le 1er janvier 2026, lorsqu’un épargnant n’utilisait pas la totalité de son plafond de déduction PER pour une année donnée, il pouvait le reporter sur les trois années suivantes.
Pour mieux comprendre, prenons un exemple, avec les règles antérieures à la réforme :
EXEMPLE SIMPLIFIÉ
En 2026, un contribuable dispose d’un plafond annuel de déduction au titre du Plan d’Épargne Retraite (PER) de 4 200 €. Cette année-là, il décide de verser 1 000 € sur son PER. Son taux marginal d’imposition étant de 30 %, il bénéficie immédiatement d’une économie d’impôt de 300 € (soit 1 000 × 30 %). La partie du plafond non utilisée, soit 3 200 €, peut être reportée sur les trois années suivantes (2027, 2028,2029).
- Utilisation du report en 2027 :
En 2027, ce même contribuable choisit d’effectuer un versement plus important, de 5 000 €. Son plafond annuel de 2027 s’élève également à 4 200 €, mais il peut cette fois utiliser le report de 3 200 € de l’année précédente, ce qui lui offre un total de 7 400 € de déduction disponible. Comme son versement de 5 000 € est entièrement couvert par ce disponible, il bénéficie d’une économie d’impôt de 1 500 € (5 000 × 30 %).
Il pourra encore utiliser le report restant de 2026, soit 2 400 € (3 200 € – [5 000 – 4 200]), sur l’année 2028 ou 2029 s’il le souhaite, selon sa capacité d’épargne ou son niveau d’imposition futur.
La loi de finances pour 2026 étend ce délai à 5 ans, offrant une plus grande flexibilité pour mobiliser les reliquats non utilisés.
Pour mieux comprendre, reprenons notre exemple :
EXEMPLE
Un contribuable dont le plafond annuel de déduction PER en 2026 est de 4 200 €, avec un versement effectué de 1 000 € et un taux marginal d’imposition de 30 %.
En 2026, la déduction utilisée est de 1 000 €, ce qui génère une économie d’impôt de 300 € (1 000 × 30 %). Le plafond non utilisé, soit 3 200 €, peut être reporté.
Avec un report sur 3 ans, ce montant serait mobilisable jusqu’à fin 2029.
Avec un report sur 5 ans, il pourrait être utilisé jusqu’à fin 2031.
- Utilisation du report en 2027 :
Supposons qu’en 2027, le contribuable effectue un versement de 5 000 € sur son PER. Son plafond de déduction pour 2027 est également de 4 200 €.
Il peut donc cumuler son plafond 2027 avec le report de 3 200 € issu de 2026, soit un total de 7 400 € de déduction disponible.
Son versement de 5 000 € est entièrement couvert, ce qui lui procure une économie d’impôt de 1 500 € (5 000 × 30 %).
Le report restant de 2 400 € (3 200 € – [5 000 – 4 200]) pourra ensuite être utilisé en 2028, 2029, 2030 ou 2031, selon les besoins du contribuable et sa capacité d’épargne.
Attention toutefois, cette extension ne concerne que les plafonds des années 2026 et suivantes. Les reliquats antérieurs restent soumis à la règle en vigueur jusqu’alors (report sur 3 années). Concrètement, l’effet réel de cette mesure ne se fera sentir que dans plusieurs années, à partir de 2030.
Qu’est-ce que cela change ?
Concrètement, à court terme, c’est-à-dire entre 2026 et 2029, la situation reste inchangée : les contribuables ne peuvent toujours mobiliser que les trois derniers plafonds (2023-2025).
Ce n’est qu’à partir de 2030 que le reliquat non utilisé de 2026 pourra être utilisé.
En 2031, la cinquième année de report sera enfin pleinement exploitable, donnant tout son sens à l’allongement du dispositif.
Autrement dit, pour ceux qui souhaitent optimiser leurs déductions dès 2026, l’impact réel se fera sentir dans plusieurs années, sauf éventuelle tolérance administrative.
Pourquoi cette mesure ?
L’objectif de cette extension est d’adapter la loi à la réalité des épargnants tardifs. Selon la DREES, en 2022, près d’un tiers des nouveaux adhérents au PER avaient entre 50 et 59 ans.
Pour ces contribuables, les trois années offertes jusqu’alors étaient souvent insuffisantes pour utiliser pleinement leur fraction non utilisée du plafond. En passant à 5 ans, ils disposent de plus de temps pour rattraper leur capacité de déduction fiscale et bénéficier pleinement de l’avantage fiscal du PER.
Un levier supplémentaire pour l’épargne retraite
Cette réforme constitue un avantage significatif pour les contribuables, leur permettant de :
- Lisser leurs efforts d’épargne dans le temps ;
- Maximiser leurs économies d’impôt sur une période plus longue ;
- Adapter les versements à leur capacité d’épargne et à leur niveau d’imposition.
Le mécanisme de calcul de la déduction reste inchangé, mais le contribuable dispose désormais de deux années supplémentaires pour rattraper ses plafonds non utilisés. Une mesure qui pourrait renforcer l’attractivité du PER, notamment pour les revenus intermédiaires qui commencent leur préparation retraite tardivement.


