Pas de hausse avant l'automne : l'Agirc-Arrco privilégie ses 91 milliards de réserves
Malgré un niveau de réserves estimé à plus de 91 milliards d’euros, le régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco ne prévoit aucune revalorisation des pensions avant plusieurs mois. Voici pourquoi.
Un bilan financier robuste mais contrasté
L’heure est au bilan pour l’Agirc-Arrco. Le système de retraite complémentaire des salariés du privé se porte très bien, contrairement au régime général qui semble à bout de souffle. L’organisme, qui a présenté mardi 31 mars ses résultats financiers, a enregistré un résultat technique de 0,3 milliard d'euros.
Un « résultat équilibré », souligne l’organisme, bien qu'il soit en recul par rapport à l’exercice 2024 où il atteignait 1,6 milliard d'euros. Concernant les cotisations versées, elles ont été plus importantes que l’année précédente, grimpant à 103,3 milliards d’euros. Toutefois, leur progression ralentit, freinée par un « ralentissement de l’économie ».
Le calendrier des pensions reste inchangé
Outre ce résultat technique solide, l’Agirc-Arrco dispose de réserves de gestion s’élevant désormais à 91,2 milliards d’euros. Cependant, malgré cette « cagnotte », les 13 millions de pensionnés ne devraient pas s’attendre à une revalorisation de leur retraite avant l'automne.
Il faut rappeler que les pensions avaient déjà été gelées l’automne dernier. Contrairement à celles du régime général, indexées sur l’inflation, l'évolution des pensions complémentaires est le fruit de négociations entre syndicats et patronat. La décision finale sera prise lors d'une réunion prévue entre fin septembre et octobre. L’Agirc-Arrco prévient cependant d'ores et déjà que le régime doit faire face à un défi structurel majeur.
Une stratégie de réserve pour sécuriser l'avenir
Celui-ci concerne notamment le nombre de pensionnés « qui vivent plus longtemps en bonne santé », à laquelle il faut ajouter la baisse de la fécondité. Le ratio de dépendance démographique - le nombre de cotisants par rapport au nombre de retraités - tend en effet à se dégrader. Aujourd'hui, le système tient, mais la pression des départs à la retraite de la génération baby-boom pèse de plus en plus lourd.
Pour garantir le versement des pensions sur les quinze prochaines années sans baisse de niveau, l'Agirc-Arrco s'impose donc une règle d'or : conserver l'équivalent de six mois de versements en réserve permanente. Ce matelas de 91,2 milliards n’est donc pas un surplus destiné à être redistribué immédiatement, mais une police d’assurance contre les - inévitables - aléas économiques futurs.
« Par la force de son pilotage dans la durée, l’Agirc-Arrco se prépare au défi du ralentissement démographique, tout en continuant à investir dans l’amélioration constante du service aux assurés », déclare ainsi Brigitte Pisa, Vice-présidente de l’Agirc-Arrco.
Rappelons qu’aujourd’hui, 28 millions de salariés cotisent à l’Agirc-Arrco en France. Il figure ainsi parmi les principaux régimes de retraite en France.