Particuliers et entreprises : le scénario d'une facture santé alourdie par le désengagement de la Sécu cet été ?
Confronté à un déficit de la Sécurité sociale qui vire au rouge vif - désormais estimé à 23,4 milliards d'euros pour 2026 -, l'exécutif espère économiser au moins 2 milliards d'euros d'ici la fin de l'année sur la seule branche maladie. La solution retenue : baisser la prise en charge de la « Sécu » pour basculer le coût vers les complémentaires santé, impactant in fine le portefeuille des ménages et des entreprises.
L'Assurance maladie appelée à se désengager
Le gouvernement cherche de nouvelles pistes d'économies urgentes pour redresser les comptes publics. Il a ainsi prévenu les mutuelles et autres complémentaires santé de son intention de réduire, dès cet été, la part des remboursements de l’Assurance maladie sur les actes médicaux.
« Le gouvernement vient de prévenir séparément les fédérations de complémentaires santé de son projet de relever fortement les tickets modérateurs sur les actes médicaux, par voie réglementaire à l’été », a annoncé dans un communiqué la Fédération des institutions paritaires de protection sociale (FIPS), qui représente les complémentaires paritaires (gérées par le patronat et les syndicats).
Un arbitrage entre baisse générale et ciblage
La méthode précise fait encore l'objet de discussions au sommet de l'État, mais deux scénarios se dégagent :
- Un rabot généralisé sur le taux de remboursement de toutes les consultations médicales (généralistes et spécialistes).
- Un ciblage plus agressif sur certains postes précis, comme le remboursement des médicaments ou les frais de transports sanitaires.
Pour la FIPS, les « conséquences désastreuses de telles mesures » finiront par diminuer « significativement le pouvoir d’achat des salariés et des seniors, et augmenteront les charges des entreprises ».
Un transfert massif vers les complémentaires personnelles et d’entreprise
« Le rétablissement financier de l’Assurance maladie ne sera pas atteint par des transferts de charge décidés en urgence », prévient déjà la FIPS (Fédération des institutions de prévoyance). Ce désengagement de l'État va en effet percuter de plein fouet les particuliers, qui verront les tarifs de leurs mutuelles individuelles mécaniquement augmenter.
Cette réforme concerne tout aussi directement les employeurs, car ces derniers financent au moins 50 % de la complémentaire santé de leurs salariés. Si ces pistes sont validées dans les semaines à venir, les complémentaires santé absorberont automatiquement ce surcoût. Par effet de ricochet, les assureurs pourraient augmenter les cotisations des contrats d'entreprise lors des prochains renouvellements. Or, ces régimes collectifs, souvent négociés par accord de branche ou d’entreprise, intègrent des garanties santé et indemnitaires indissociables de la Sécu.
Pour éviter de subir des hausses de tarifs violentes à l'automne, les directions des ressources humaines (RH) ont tout intérêt à prendre les devants. La période estivale, traditionnellement plus calme, offre une fenêtre de tir idéale pour mener cette analyse à tête reposée, plutôt que de la repousser au rush de la rentrée. Cet audit préventif permet de faire le point sur son contrat actuel et de lancer des comparatifs entre les différentes mutuelles d’entreprise. Tout comme pour les particuliers, la mise en concurrence reste, pour les employeurs, le levier le plus efficace : comparer est la meilleure solution pour dénicher des contrats moins chers, tout en maintenant des garanties semblables pour les salariés.
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