Les parents toucheront-t-ils bientôt 250 euros par mois et par enfant ?
Une allocation mensuelle universelle de 200 à 250 euros par enfant, de la naissance jusqu’à 18 ans. C’est l’une des mesures phares que le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus, rapporteur de la mission d’information sur la baisse de la natalité en France, dit vouloir inscrire dans le rapport présenté la semaine prochaine. L’objectif : simplifier et refonder la politique familiale autour d’un dispositif unique, accessible à toutes les familles, quels que soient leurs revenus.
Cette proposition intervient alors que le gouvernement vient tout juste de dévoiler un plan contre l’infertilité, axé sur la prévention et l’amélioration de l’accès à la congélation d’ovocytes. Deux initiatives distinctes, mais révélatrices d’un même constat : la natalité est redevenue un sujet politique majeur.
Un « versement familial universel » pour tous les enfants de 0 à 18 ans
Invité mercredi 4 février sur Franceinfo, Jérémie Patrier-Leitus a détaillé plusieurs recommandations contenues dans le rapport parlementaire. La mesure la plus structurante consiste à créer un « versement familial universel », versé chaque mois à toutes les familles, pour chaque enfant de 0 à 18 ans. Un projet qui n’est pas sans rappeler celui d’une allocation sociale unique.
Le montant envisagé : 200 à 250 euros par enfant, sans condition de ressources, de lieu de résidence ou de catégorie sociale.
Le député, qui appelle à une « révolution de la politique familiale », défend une idée simple : permettre aux Français qui souhaitent avoir des enfants d’aller au bout de leur projet. Selon lui, « trop de Français renoncent à leur désir d’enfant ».
Une refonte qui passerait par la fusion des aides existantes
Cette allocation universelle ne viendrait pas s’ajouter aux dispositifs actuels : elle aurait vocation à les remplacer. Jérémie Patrier-Leitus propose en effet de fusionner « l’ensemble des aides budgétaires qui existent aujourd’hui » au profit d’un versement unique, plus lisible.
L’élu souhaite aussi que la naissance devienne un « moment fiscal », signe d’un changement de logique : la politique familiale ne serait plus un empilement d’aides ciblées, mais un soutien global, stable et prévisible sur le long terme.
Congé paternité obligatoire et prêt à taux zéro à la naissance
Le rapporteur propose également de rendre le congé paternité obligatoire pendant au moins deux semaines, immédiatement après la naissance. Une mesure qu’il justifie par la nécessité d’un temps d’accueil incompressible, pour les pères comme pour les mères.
Le congé parental serait quant à lui maintenu mais rendu « libre » et « partageable » entre les deux parents.
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Autre piste : un prêt à taux zéro accordé à la naissance de l’enfant, pour que les familles puissent mieux se loger. Jérémie Patrier-Leitus assure que ces mesures pourraient être mises en œuvre sans hausse majeure du budget global, en procédant à un redéploiement des moyens existants.
Pour éviter de se retrouver avec une réponse uniquement financière, d’autres voix mettent en garde sur la nécessité de renforcer les modes de garde, de faciliter la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, et de mieux accompagner les pères dans la prise de responsabilités. Pour la présidente de la mission, Constance de Pélichy (LIOT), l’enjeu est aussi de faire en sorte que l’arrivée d’un enfant ne constitue pas une pénalité durable, ni sur le plan du pouvoir d’achat, ni sur celui des trajectoires professionnelles.
L’arrivée d’un enfant dans un couple se traduit en effet généralement par une chute brutale puis une stagnation durable des revenus de la mère.
Un rapport présenté la semaine prochaine, dans un contexte politique déjà chargé
La publication du rapport parlementaire intervient alors que le gouvernement vient de présenter un plan contre l’infertilité, longtemps attendu. Celui-ci prévoit notamment l’envoi d’un message de sensibilisation à tous les Français à leurs 29 ans, ainsi que des mesures pour faciliter la congélation d’ovocytes.
Deux démarches qui témoignent d’une même préoccupation : la baisse des naissances en France ne relève plus seulement d’un débat démographique, mais d’un enjeu social, économique et politique.
Le rapport de la mission parlementaire, attendu la semaine prochaine, dira si l’idée d’une allocation universelle par enfant peut devenir un nouvel axe de la politique familiale française.