MaPrimeRénov’ suspendue dès le 1er janvier : un nouveau coup dur pour les particuliers et les professionnels ?
L’un des dispositifs phares de la rénovation énergétique en France, MaPrimeRénov’, est une nouvelle fois au cœur de l’actualité : l’aide publique sera suspendue dès le 1ᵉʳ janvier 2026.
Une décision qui fragilise à la fois les particuliers, privés d’un levier essentiel pour financer leurs travaux, et les professionnels du bâtiment, pénalisés par les fraudes de certains acteurs peu scrupuleux et par l’instabilité d’un dispositif jugé pourtant indispensable à leur activité.
Une nouvelle suspension annoncée
MaPrimeRénov’, épisode 65 ? Le dispositif d’aide à la rénovation énergétique connaît un nouveau rebondissement et, comme les précédents, il ne va pas dans le sens des Français. Après une première interruption en juin 2025 et une réouverture limitée en septembre, MaPrimeRénov’ sera fermée sine die à partir du 1er janvier prochain. « Je l’avais dit : pas de budget, pas de guichet », avait déclaré de façon très claire le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, sur France 3 fin de semaine dernière.
Or, si la loi spéciale concernant le budget a bien été adoptée en urgence mardi, elle ne permet pas de poursuivre le déploiement de l’aide d’État. « En fait, la loi spéciale, ce n’est pas un budget, c’est une espèce de rustine qui permet de ne pas tout bloquer, mais qui, en revanche, bloque toute dépense non contractuelle », a ainsi poursuivi le ministre.
Conséquences pour les ménages
Pour les particuliers, cette suspension signifie que toutes les nouvelles demandes de subvention ne peuvent plus être déposées. Cela complique la planification de projets de rénovation globale, surtout pour les ménages modestes qui s’appuyaient sur cette aide pour améliorer les performances énergétiques de leur logement.
Pour les dossiers déjà déposés avant la suspension, l’Anah s’est engagée à assurer le traitement et le versement des aides, dès lors que les conditions sont remplies et que les travaux sont réalisés dans les délais. Rappelons qu’aujourd’hui, 80 000 dossiers MaPrimeRénov’ sont encore en cours d’instruction. Selon l’Anah, la lenteur des délais de traitement est notamment liée au nombre de dossiers montés par des entreprises qui se prétendent labellisées RGE mais ne le sont pas. Or, tous les travaux doivent obligatoirement être effectués par des entreprises RGE.
Les professionnels du bâtiment sous tension
Du côté des ménages, les hésitations répétées de l’exécutif autour de MaPrimeRénov’ constituent déjà un signal négatif. Mais pour les acteurs du bâtiment, cette nouvelle suspension pourrait marquer un point de bascule. Le dispositif, souvent critiqué pour ses lourdeurs administratives et ses délais de paiement, restait néanmoins un moteur essentiel de l’activité liée à la rénovation énergétique.
Dès avant l’annonce officielle de la fermeture du guichet, plusieurs organisations professionnelles avaient alerté sur les risques d’un arrêt brutal. Des artisans étaient ainsi descendus dans la rue pour dénoncer l’instabilité chronique de MaPrimeRénov’ et les retards persistants dans le versement des aides publiques. « On craint, on va dire, un effondrement de l’activité, pour être très clair. On ne demande pas de l’assistanat, on ne demande pas de la perfusion pour nos entreprises. On demande, à travers les dispositifs qui peuvent être mis en place, qu’ils soient pérennes et administrativement faciles à mettre en œuvre », a déploré Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des indépendants et des TPE, cité par nos confrères de France Info.
L’inquiétude est également partagée par la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb). Son président, Jean-Christophe Repon, estime que la fermeture du guichet MaPrimeRénov’ pourrait se traduire par une baisse d’activité supérieure à 2 % pour le secteur. « Il faut mixer les fonds publics et privés pour pouvoir avoir de la visibilité. On ne peut pas rester sur un programme annuel, avec chaque année un arrêt du PLF qui ne permet pas aux particuliers de se projeter », ajoute le président de la Capeb.