Livret A : les Français tournent le dos à leur (ancien) placement préféré

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Livret A : les Français tournent le dos à leur (ancien) placement préféré

Après un mois de janvier déjà dans le rouge, le Livret A confirme son début d’année difficile. En février, la tendance aux retraits massifs se prolonge, et révèle un arbitrage profond dans les choix d’épargne des Français.

Une dynamique négative qui s’installe

Habituellement favorable à la collecte du Livret A, le mois de février confirme une tendance qui avait commencé à se dessiner fin 2025 et s’est poursuivie en janvier : le Livret A n’a clairement plus la cote. Comment pourrait-il en être autrement, alors que son taux de rendement est tombé à 1,5 %, tandis que d’autres placements, notamment l’assurance vie en fonds euros (avec capital garanti), ont démontré en 2025 leur capacité à offrir une rémunération plus attractive, avec un taux moyen autour de 2,65 % ?

La Caisse des Dépôts confirme ainsi qu’en février, les retraits ont dépassé les dépôts. Le Livret A a enregistré une décollecte nette de 740 millions d’euros sur le seul mois. Du côté du Livret de développement durable et solidaire (LDDS), la collecte s’est révélée nulle. Rappelons que le taux de ce « petit frère » du Livret A est également fixé à 1,5 %.

Le LEP limite les dégâts

À l’inverse, le Livret d’épargne populaire (LEP) parvient à tirer son épingle du jeu. Ce support, réservé aux foyers respectant certains plafonds de revenus, a enregistré 180 millions d’euros de dépôts nets sur la période. Malgré une révision de son taux, passé de 2,7 % à 2,5 % au 1er février, il conserve encore, dans une certaine mesure, les faveurs des épargnants. Sa rémunération, bien que revue à la baisse, reste en effet plus compétitive que celle du Livret A.

Un basculement vers des alternatives plus rémunératrices

Ce mouvement de décollecte ne doit pas être interprété comme une baisse de l’épargne globale des Français. Il s’agit plutôt d’un redéploiement. Depuis plusieurs mois, l’assurance vie capte une part croissante des flux autrefois destinés aux livrets réglementés. En cause : des fonds euros redevenus compétitifs, mais aussi la possibilité de profiter du dynamisme des marchés financiers via les unités de compte (UC) des contrats multisupports.

Le Livret A garde ses atouts de précaution

Faut-il pour autant délaisser totalement le Livret A ou le LDDS ? Certainement pas. Ces supports conservent des avantages imbattables : liquidité totale, capital garanti et exonération fiscale.

Cependant, leur rôle évolue. D’outil d’épargne polyvalent, le Livret A redevient ce pour quoi il a été conçu : une réserve de précaution. Avec un encours moyen d'environ 7 500 € (pour un plafond de 22 950 €), il reste idéal pour gérer les imprévus (électroménager, réparations) ou les loisirs.

Les économistes préconisent d'y conserver l'équivalent de 3 à 6 mois de salaire. Le reste peut être orienté vers des placements comme l’assurance vie, qui permet également de récupérer son capital via des rachats partiels (ou totaux), moyennant un délai de quelques jours à quelques semaines.

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