Livret A : la collecte atteint un plus bas historique en mars
La désaffection des épargnants pour le Livret A n’en finit plus. En mars 2026, ce compte réglementé a enregistré sa plus mauvaise performance pour un mois de mars depuis 2009, conséquence directe de la baisse de son taux de rémunération.
Un bilan comptable sans appel
Les chiffres publiés mercredi par la Cour des comptes donnent le ton : les Français, freinés par un taux ramené à 1,5 % en février, ont massivement retiré leurs économies du Livret A le mois dernier.
La décollecte nette s’élève ainsi à 490 millions d’euros. Autrement dit, les retraits ont largement dépassé les dépôts. Pour retrouver une telle désaffection sur un mois de mars, il faut remonter à 2009, en pleine crise financière.
Dans le même temps, le petit frère du Livret A, le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), parvient tant bien que mal à rester en territoire positif. Il affiche une légère collecte de 80 millions d’euros en mars, pour un encours total de 165,3 milliards d’euros.
Enfin, du côté du Livret d’épargne populaire (LEP), la tendance est également négative avec une décollecte de 120 millions d’euros, après un début d’année encore dynamique (+180 millions en février). Rappelons que ce produit reste pourtant plus rémunérateur, avec un taux actuellement fixé à 2,50 %.
Un transfert des fonds vers l’assurance vie
La principale explication de cet exode reste la baisse du rendement du Livret A. Longtemps fixé à 3 %, celui-ci a été ramené à 1,5 % au 1er février dernier, réduisant fortement son attractivité dans un contexte où les ménages restent attentifs à la performance de leur épargne.
Dans ce contexte, une partie des flux s’est réorientée vers l’assurance vie, qui connaît une dynamique plus favorable depuis plusieurs mois. Les fonds en euros, qui garantissent le capital, ont notamment affiché un rendement moyen de 2,65 % selon les dernières données de l’ACPR, bien supérieur à celui du Livret A.
Un espoir de remontée des taux à l’été ?
Désormais, tous les regards se tournent vers la prochaine révision des taux réglementés, attendue en août. Le niveau de l’inflation, estimé à 1,7 % sur un an en mars selon l’Insee, pourrait jouer un rôle clé dans les arbitrages de l’État. Dans ce contexte, une nouvelle baisse apparaît peu probable pour les observateurs.
Certains évoquent même une possible stabilisation, voire une légère remontée à moyen terme. Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des Territoires et directeur général adjoint de la Caisse des Dépôts, indiquait récemment s’attendre à un redressement du taux du Livret A d’ici la fin de l’année.