Livret A : enfin une remontée du taux ? La Caisse des dépôts entrevoit un retournement

PUBLIÉ LE :
Livret A : enfin une remontée du taux ? La Caisse des dépôts entrevoit un retournement

Porté par un rebond de l'inflation et des tensions géopolitiques persistantes, le Livret A pourrait voir sa rémunération grimper lors de la prochaine révision estivale.

L’inflation et le Moyen-Orient comme catalyseurs

C’est une annonce qui ne manquera pas de faire réagir les 55 millions de détenteurs d’un Livret A. Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des Territoires et directeur général adjoint du groupe Caisse des Dépôts et Consignations, « s'attend (…) à ce que le taux du Livret A remonte » d’ici à la fin de l’année. La tendance à la baisse ou à la stabilité pourrait donc enfin s’infléchir à partir d’août prochain, période où le taux du Livret A est révisé pour la seconde fois de l’année, après février.

Rappelons que le taux du Livret A est actuellement à 1,5 %, ainsi que celui de son petit frère LDDS. Le LEP est quant à lui à 2,6 %, une situation plus favorable mais qui reste accessible uniquement sous conditions de revenus.

L’inflation et le Moyen-Orient comme catalyseurs

Raison principale de cette probable hausse à venir : « une inflation qui a tendance à remonter », selon Antoine Saintoyant. Après une période de relative accalmie, l'inflation montre en effet des signes de résistance, voire de reprise. Les chiffres de l'Insee pour le mois de mars ont déjà mis en lumière une hausse des prix à la consommation de 1,7 % en mars sur un an, après 0,9 % en février.

Le contexte international joue ici un rôle déterminant. Les tensions au Moyen-Orient et les perturbations sur les marchés pétroliers agissent comme des moteurs inflationnistes. La hausse des prix sur les produits pétroliers est en effet de +7,3 % sur un an en mars, contre -2,9 % en février.

Un calendrier fixé à la mi-juillet

Pour savoir exactement à quelle sauce les épargnants seront mangés, il faudra attendre la mi-juillet. C’est à cette période que la Banque de France et le ministère de l’Économie examinent les données pour fixer le taux applicable au 1er août.

Si une hausse réjouit les épargnants en quête de rendement pour leur bas de laine, elle représente un défi pour d'autres secteurs. Antoine Saintoyant a rappelé que le Livret A n'est pas qu'un outil d'épargne : c'est le moteur de financement du logement social en France. Si la hausse du taux est profitable aux épargnants, elle renchérit le coût des prêts pour les bailleurs sociaux. Cela pourrait donc freiner la construction neuve dans un marché déjà sous pression.

Les nouveaux défis du Livret A : nucléaire et logement

Au-delà de sa rémunération, le Livret A voit également ses missions évoluer. La Caisse des dépôts a confirmé que l'épargne des Français serait mise à contribution pour de grands chantiers nationaux.

Ainsi, l'encours du Livret A devrait en effet servir à financer la construction des futurs réacteurs nucléaires EPR2, à hauteur de 4 milliards par an sur une dizaine d’années. Soit environ 50 milliards d’euros au total. « On a largement la place dans le bilan du Fonds d'épargne (...) pour injecter ces 50 milliards d'euros » à partir de la fin d'année 2026 ou tout début 2027, estime Antoine Saintoyant.

Cet article issu de Previssima.fr est soumis au droit d'auteur, protégé par un logiciel anti-plagiat. Toute reproduction, rediffusion ou commercialisation totale ou partielle du contenu, sans l’autorisation expresse de la société Previssima, est interdite. Les informations diffusées sur Previssima.fr (hors forum) sont toutes vérifiées par un service juridique spécialisé. Toutefois, Previssima ne peut garantir l'exactitude ou la pertinence de ces données. L'utilisation des informations et contenus disponibles sur l'ensemble du site ne peuvent en aucun cas engager la responsabilité de Previssima.