Les syndicats médicaux réagissent aux déclarations du gouvernement sur les IJ et les arrêts de travail

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Les syndicats médicaux réagissent aux déclarations du gouvernement sur les IJ et les arrêts de travail
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Suites aux récentes déclarations du Premier ministre, Édouard Philippe, et de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn ces derniers jours en ce qui concerne les Indemnités journalières (IJ) et les arrêts de travail, plusieurs syndicats du secteur de la santé réagissent par voie de communiqué de presse.

UMLD : les médecins ne prescrivent pas de jours de congé

Dans un entretien accordé au Journal du dimanche, Édouard Philippe déclarait : « chaque année, un peu plus de dix milliards d'euros sont consacrés à l'indemnisation des salariés arrêtés, et ce volume progresse de plus de 4 % par an. En trois ans, le nombre de journées indemnisées est passé de onze à douze par an et par salarié du privé ». « C'est comme si notre pays avait instauré un jour de congé supplémentaire ».

À NOTER

Dans cette même interview, il écarte la possibilité qu’une partie des indemnisations des arrêts de travail soit transférées aux entreprises.

D’après le syndicat de l’Union française pour une médecine libre, ces propos sous entendent « une défiance à l’égard des médecins dans leur dispensation (complice des arrêts de travail et à l’égard des patients dans leur demande (injustifiée) ».

Dans un communiqué du 28 août, le syndicat souhaite rappeler que « les médecins prescrivent des arrêts de travail à leurs patients, tout au long de l'année et sur tout le territoire, mais ils ne prescrivent pas de jours de congés ».

Il ajoute que « Les médecins hospitaliers ou de ville n'ont pas à respecter de quotas mesurés à l'impact économique de ces arrêts de travail mais à déterminer à chaque instant la nécessité médicale d'une telle prescription ».

France Assos Santé indique, par ailleurs, que si le gouvernement se veut rassurant en expliquant que cette mesure ne concernerait que les arrêts de moins de 8 jours, il ne tient pas compte des Affections de longue durée (ALD) pour lesquelles les malades jonglent entre la maladie et la vie professionnelle « ce qui implique de pouvoir recourir à des arrêts de travail de courte durée lorsque nécessaire ».

Les arrêts de travail de courte durée ne sont pas que des congés déguisés, des arrêts de confort. Ils permettent le maintien au travail de millions de personnes vivant avec la maladie, pour lesquelles la suspicion induite par une telle communication est difficilement supportable

MG France et UFML s’insurgent contre les propos d’Agnès Buzyn

Ce ne sont pas les dernières déclarations d’Agnès Buzyn, ministre de la Santé, qui ont calmé le jeu. Toujours à propos de la polémique autour des arrêts de travail, elle a déclaré sur Radio Classique : « Quand nous contrôlons les arrêts de travail, 15 % sont inappropriés, sont des abus. Il y a quelqu'un qui paye pour tout le monde, c'est la Sécu. Le médecin prescripteur, ce n'est pas lui qui paye »

Une phrase qui agasse les médecins, « La ministre de la santé semble regretter que les médecins ne paient pas les indemnités journalières des patients à qui ils prescrivent un arrêt de travail. Faudrait-il, pour limiter les dépenses de santé en France, que les médecins paient les indemnités journalières ? Pourquoi pas aussi les médicaments ou les examens prescrits à leurs patients ? » réagit le syndicat des médecins généralistes, MG France.

Il ajoute que ce taux de 15 % s’applique aux arrêts faisant l’objet d’un contrôle. Or, ces contrôles portant sur moins de 5 % de l’ensemble des arrêts maladie, seul 0,75 % d’arrêts seraient « inappropriés ». « Ce qui est un chiffre nettement moins spectaculaire… » souligne le syndicat.

De son côté, l’UFML regrette que le gouvernement ne s’inquiète pas des causes de l’augmentation du nombre d’arrêts maladie au lieu de quoi « On désigne des coupables : les médecins, les entreprises et surtout… les patients ! ».

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