« Les revenus de remplacement devraient moins contribuer au financement de la protection sociale que les revenus du patrimoine » (Enquête DREES)

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« Les revenus de remplacement devraient moins contribuer au financement de la protection sociale que les revenus du patrimoine » (Enquête DREES)
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Un tiers du revenu national est consacré au financement de la Protection sociale. Selon le Baromètre d’opinion de la DRESS de 2017, 6 Français sur 10 estiment que cette part est normale, 22 % qu’elle est insuffisante et 14 % qu’elle est excessive. La part des personnes considérant que le système de Sécurité sociale français coûte trop cher diminue depuis 2015, même si cette opinion reste majoritaire (57 %).

À NOTER

Cette enquête d’opinion réalisée par la DRESS, le HCFiPS et France Stratégie, pour la première fois en 2017, vise à déterminer les souhaits des Français en matière de financement de la Protection sociale.

Deux tiers des personnes interrogées sont favorables à la progressivité des prélèvements

Les trois quarts du financement de la protection sociale proviennent des cotisations sociales et de la Contribution sociale généralisée (CSG). Le taux de ses prélèvements ne variant pas selon le montant des revenus, ils relèvent plus d’une logique proportionnelle que progressive. Or en 2017, deux tiers des personnes interrogées sont favorables à la progressivité des prélèvements. C’est davantage le cas parmi les personnes appartenant aux ménages modestes (70 %), mais cette opinion est également répandue chez les ménages aisés (60 %).

Les personnes les plus aisées sont plus souvent favorables à ce que l’ensemble des revenus participent davantage au financement de la protection sociale, qu’il s’agisse des revenus d’activité, de remplacement ou du patrimoine.

En revanche, les personnes les plus modestes sont favorables à une contribution moindre des ménages, quelle que soit l’assiette de prélèvements. Elles plébiscitent davantage un financement qui porterait sur les entreprises (c’est le cas de 38 % d’entre elles, contre 30 % des personnes appartenant à un ménage aisé).

La volonté des Français est conforme aux logiques contributives des risques sociaux

Les souhaits des Français sont plutôt conformes aux logiques plus ou moins contributives des différents risques sociaux :

  • Pour financer des allocations chômage, ils souhaitent privilégier les cotisations sociales
  • Pour financer les minima sociaux et les allocations logement, les prestations d’aide à l’autonomie des personnes âgées et les prestations familiales, ils privilégient le budget de l’État et la contribution sociale généralisée (CSG)
  • Les mutuelles et assurances privées sont souvent citées pour la prise en charge de la dépendance des personnes âgées

Selon l’enquête de la DREES, pour les risques donnant droit à des prestations non contributives, le budget de l’État et, dans une moindre mesure, la CSG sont massivement cités :

  • Pour les minima sociaux et les allocations logement (86 % et 38 %)
  • Pour les aides à l’autonomie des personnes âgées (82 % et 29 %)
  • Pour les prestations familiales (76 % et 32 %)

La dépendance : un risque qui relève de la solidarité et non de l’assurance

Les deux tiers des personnes interrogées estiment que c’est aux pouvoirs publics de prendre en charge financièrement la perte d’autonomie via le budget de l’État et la CSG, même si la souscription d’assurances privés est la deuxième option privilégiée.

La dépendance est le risque pour lequel les cotisations sociales sont le moins souvent citées comme sources de financement à privilégier. Par ailleurs, si une cotisation spécifique était mise en place, seul un tiers des Français souhaiterait qu’elle soit obligatoire pour tous, une part qui n’a pas évolué depuis plus de dix ans.

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