Les livrets des Français frôlent les 700 milliards d’euros malgré la baisse des taux
Le Livret A, le LDDS et le LEP ont affiché un encours cumulé record de 699,1 milliards d'euros à la fin de l’année 2025. Une résilience qui s’explique principalement par la capitalisation des intérêts, alors même que les épargnants commencent à réorienter leur bas de laine vers des placements de long terme, tels que l’assurance-vie.
La prudence reste le moteur principal de l’épargne
Malgré quelques signes d’affaiblissement, l'attachement des Français à la sécurité de l'épargne réglementée reste indéniable. Selon les dernières données du Fonds d'épargne de la Caisse des dépôts, publiées en exclusivité par Ouest-France, la montagne de liquidités stockée sur le Livret A, le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) et le Livret d'épargne populaire (LEP) a atteint le seuil inédit de 699,1 milliards d'euros à la fin de l'année 2025.
L’effet mécanique de la baisse des taux
L'année 2025 a cependant marqué un tournant majeur avec le reflux de l'inflation, entraînant dans sa chute le rendement des livrets préférés des ménages. Ce désengagement progressif s'est traduit par des ajustements tarifaires à la baisse :
- Le Livret A et le LDDS ont vu leur taux de rémunération fondre, passant de 3 % à seulement 1,7 % au cours de l'année.
- Le LEP, réservé aux ménages modestes, a subi une trajectoire similaire, glissant de 4 % à 2,7 %.
Face à cette érosion des rendements, le comportement des épargnants a radicalement changé, provoquant des flux sortants inédits. Pour la première fois depuis une décennie, le Livret A enregistre une décollecte nette supérieure à 2 milliards d'euros. Le LEP a lui aussi essuyé des retraits, tandis que le LDDS est parvenu à limiter la casse en contenant les sorties de capitaux.
Un arbitrage au profit du long terme
Ce coup de frein sur les livrets de court terme ne signifie pas pour autant que les Français vident leurs comptes pour consommer. On assiste plutôt à un grand arbitrage patrimonial.
Une part significative des liquidités s’est redirigée vers d’autres types de placements, tels que l’assurance-vie notamment. Rappelons que ce produit a enregistré des collectes records depuis le début de l’année.
À fin janvier 2025, ses encours globaux ont franchi pour la première fois le cap vertigineux des 2 000 milliards d'euros. Les investisseurs ont été particulièrement attirés par les bonnes performances des fonds en euros (2,65 % en 2025, selon l'ACPR) qui préservent la garantie du capital. Autre intérêt majeur : la possibilité de profiter du dynamisme des marchés financiers grâce aux unités de compte.