Les dépassements d’honoraires non remboursés par les complémentaires santé pénalisent-ils les cliniques privées ?

PUBLIÉ LE :

Comparer le financement des hôpitaux publics et des hôpitaux privés est un exercice délicat, tout simplement parce que les données sont difficiles à reconstituer dans le secteur public.

L’Union collégiale, à l’origine du syndicat Le Bloc (syndicat conventionnel de médecins spécialistes) a tenté de relever le défi en confiant une étude à la société IMS.

Le syndicat rappelle que l’hôpital public perçoit des fonds supplémentaires assez importants par rapport au secteur privé pour ses missions d’intérêt public. En contrepartie, il demande à la future majorité de s’attaquer au problème des problème des dépassements d’honoraires dans l’hôpital privé.

Le financement de l’hospitalisation représente la moitié des dépenses de santé, soit environ 100 milliards d’euros. Et dans le domaine de la chirurgie, la moitié elle-même des hospitalisations est assurée par les cliniques privées.

« Le problème est que la population a le sentiment que les cliniques privées sont plus chères que les hôpitaux publics à cause des dépassements d’honoraires, estimés à 1 milliard d’euros, alors qu’elles bénéficient au global de financement moins importants. À cela s’ajoute une souvent une absence d’information en amont sur les remboursements pris en charge par les mutuelles santé. Résultat : la part du privé régresse lentement pour un panel des 258 interventions les plus fréquentes » met en avant le syndicat le Bloc.

Pour ce dernier, les responsables de cette situation sont justement les contrats responsables qui, selon les situations, ne prennent pas en charge ou plafonnent le remboursement des dépassements d’honoraires.

Le Bloc souhaite que la future majorité dresse un nouveau cahier des charges des contrats responsables leur permettant de soutenir leur activité arguant des efforts que les médecins libéraux consentent en matière de modération de leurs tarifs dans le cadre de la signature de l’OPTAM (qui remplace le contrat d’accès aux soins).

L’étude d’IMS s’est concentrée sur l’activité de la chirurgie et d’obstétrique qui correspondent à des activités significatives réalisées par le secteur de l’hôpital public et des cliniques privées. Ses résultats montrent que :

  • Les tarifs privés, en intégrant les honoraires et les dépassements sont inférieurs de 8 % dans le privé
  • 99 % des financements des missions d’intérêt général et de l’accompagnement sont versés aux établissements publics (missions de santé publique, participation à des politiques publiques, soins dispensés à des populations spécifiques, recherche, accueil des internes et stagiaires, innovation,…)
  • 73 % en valeur des actions du fonds d’intervention régional, notamment destinés à la continuité des soins et de la prévention, est dirigé vers les hôpitaux publics

 © fotolia

Cet article issu de Previssima.fr est soumis au droit d'auteur, protégé par un logiciel anti-plagiat. Toute reproduction, rediffusion ou commercialisation totale ou partielle du contenu, sans l’autorisation expresse de la société Previssima, est interdite. Les informations diffusées sur Previssima.fr (hors forum, commentaires et annuaire) sont toutes vérifiées par un service juridique spécialisé. Toutefois, Previssima ne peut garantir l'exactitude ou la pertinence de ces données. L'utilisation des informations et contenus disponibles sur l'ensemble du site ne peuvent en aucun cas engager la responsabilité de Previssima.