Le sommeil : marqueur des inégalités de santé, sociales et territoriales ?

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Le sommeil : marqueur des inégalités de santé, sociales et territoriales ?

Dormir suffisamment ne dépend pas uniquement de l’hygiène de vie individuelle. Les conditions de travail, le type de logement, le niveau de revenus ou encore l’environnement urbain influencent fortement la qualité du repos nocturne. Plus encore, le sommeil s'affirme aujourd'hui comme un révélateur criant des inégalités sociales et territoriales de santé.

Les Français dorment de moins en moins

L’enquête annuelle sur le sommeil des Français, réalisée par OpinionWay pour l’INSV (Institut national du sommeil et de la vigilance) et la Fondation Vinci Autoroutes à l’occasion de la 26ᵉ Journée du sommeil, le vendredi 13 mars prochain, met en lumière un phénomène préoccupant : le sommeil tend à devenir un véritable enjeu de santé publique. « En moyenne, les Français dorment 6 h 50 min en semaine et 7 h 48 min le week-end », soit moins qu’un an auparavant, souligne l’étude. Ces durées restent par ailleurs inférieures aux recommandations généralement fixées entre 7 et 9 heures de sommeil par nuit pour un adulte.

La qualité et la durée du sommeil ne dépendraient par ailleurs pas uniquement des habitudes individuelles. Plusieurs facteurs environnementaux et sociaux entrent ainsi en jeu : pollution sonore et lumineuse, hyperconnexion liée aux écrans, épisodes de chaleur ou encore horaires de travail décalés figurent parmi les principaux éléments susceptibles d’expliquer cette réduction du temps de repos.

Certaines professions apparaissent particulièrement exposées. Les secteurs de la santé, du transport, de la sécurité ou encore de la logistique regroupent en effet de nombreux salariés soumis à des contraintes physiques et organisationnelles importantes, ainsi qu’à des rythmes de travail atypiques qui peuvent perturber l’horloge biologique (le rythme circadien) et compliquer la récupération.

Manque de sommeil : un facteur aggravant des maladies

L’étude démontre également que les personnes aux revenus les plus modestes dorment en moyenne moins longtemps et moins bien. Ce constat est particulièrement marqué pour les citadins vivant en appartement, davantage exposés aux nuisances sonores, à la précarité énergétique (chaleur estivale) ou à l’insécurité.

Ces situations peuvent, à terme, affecter gravement « la santé mentale, les performances cognitives ou encore la santé cardiovasculaire ».

Toujours selon l’INSV, les maladies chroniques, qui concernent 41 % des Français interrogés, « majorent les risques de souffrir de troubles du sommeil ». C’est le cas pour 74 % des patients présentant des affections dermatologiques ou encore pour 64 % des patients qui souffrent de troubles psychiques.

Comme « le sommeil est à la fois un symptôme et un facteur aggravant des problèmes de santé, il est indispensable d’adopter une approche globale, qui dépasse la prise en charge individuelle », a indiqué Jean-Arthur Micoulaud-Franchi, président du conseil scientifique de l’INSV, dans le communiqué.

Un marqueur profond des inégalités sociales

Rappelons que cette étude n’est pas la seule à mettre en exergue les disparités de repos au sein de la population. Les résultats du Baromètre de Santé publique France 2025 révélaient déjà que les durées de sommeil les plus courtes et les plaintes d’insomnie les plus fréquentes sont observées chez les ouvriers et les employés, ainsi que parmi les personnes disposant d’un faible niveau de diplôme.

L’effet de la situation financière apparaît encore plus déterminant : les individus déclarant des difficultés économiques cumulent davantage de signes de sommeil altéré, tant en durée qu’en qualité perçue. Enfin, ces populations rencontrent plus de difficultés pour accéder aux soins spécialisés, tels que les centres du sommeil, retardant ainsi la mise en place de solutions pour retrouver un sommeil véritablement récupérateur.

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