Le RMI, ancêtre du revenu de solidarité active (RSA) fête ses 30 ans

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Le RMI, ancêtre du revenu de solidarité active (RSA) fête ses 30 ans
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C’était il y a 30 ans déjà : le 30 novembre 1988, le revenu minimum d’insertion (RMI), ancêtre du revenu de solidarité active (RSA), voyait le jour sous m’impulsion de Michel Rocard, Premier ministre de François Mitterrand.

Le but de la manœuvre : « créer un filet de sécurité pour les plus pauvres » sans en faire « des abonnés de l’assistance », déclarait alors Michel Rocard.

1,8 million de bénéficiaires du RSA en 2017

Au commencement, ils étaient 330 000 à bénéficier du RMI ; en 2017, le nombre d’assurés percevant le RSA culmine à 1,8 million, c’est 6 % des Français qui ont au moins un membre du foyer percevant cette aide sociale, dont le montant varie en fonction des ressources mais également de la composition familiale :

Ainsi, le montant du RSA 2018 s’élève à :

  • Personne seule : 550,93 €
  • Personne seule avec 1 enfant : 826,40 €
  • Personne seule avec 2 enfants : 991,68 €
  • Couple : 826,40 €
  • Couple avec 1 enfant : 991,68 €
  • Couple avec 2 enfants : 1 156,96 €

RMI, RSA : même combat, mêmes échecs ?

Le RMI-RSA avait pour objectif de lutter contre l’indigence et d’encourager le retour à l’emploi. Le bilan actuel est décevant.

D’une part, ces dispositifs n’ont pas contribué à endiguer la pauvreté en France ; en effet, selon les derniers chiffres de l’INSEE, 14 % de la population française vivrait sous le seuil de pauvreté, ce qui représente 8 millions de personnes. Parmi les plus précaires : femmes, enfants, familles monoparentales, etc.

D’autre part, les effets du RSA sur le taux d’emploi sont marginaux. Et, lorsque les bénéficiaires de l’allocation occupent un emploi, celui-ci est majoritairement précaire.

D’ailleurs, il existe une forte persistance dans les dispositifs ; ainsi, 20 % des bénéficiaires du RSA ont perçu des minima sociaux au cours des 10 dernières années et près de la moitié d’entre eux (49 %), au moins les 4 dernières années.

Alors que le tiers des dépenses des départements est alloué au RSA, d’aucuns pensent que cette aide incarne une dérive de l’assistanat.

Vers un revenu universel d’activité (RUA) ?

Lors de sa présentation du Plan pauvreté en septembre dernier, Emmanuel Macron a annoncé la création d’un revenu universel d’activité, fondé sur la rénovation du système de minima sociaux, notamment le RSA et les APL, et dont l’État sera responsable.

Les bénéficiaires de ce dispositif, qui verra le jour en 2020, auront accès à un service d’accompagnement vers l’emploi et seront également tenus de signer et de respecter un contrat d’accompagnement, dont les modalités n’ont pas encore été dévoilées, mais qui comprendrait déjà l’impossibilité de refuser plus de 2 offres dite « raisonnables ».

En outre, alors que le non-recours au RSA s’élevait à 40 % en 2016, à cause notamment de la complexité des procédures ou de la méconnaissance des droits, l’accès à ce revenu universel sera facilité à travers la création d’un « guichet unique » pour simplifier les démarches.

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