Le budget dédié à la prévention des accidents du travail augmenté jusqu'en 2028

PUBLIÉ LE :
Le budget dédié à la prévention des accidents du travail augmenté jusqu'en 2028

Face aux centaines de décès liés au travail en 2024, l'exécutif annonce une hausse du budget de l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) pour intensifier les efforts de prévention.

Cette mesure, qui prévoit un renforcement financier progressif jusqu'en 2028, vise à instaurer une véritable culture de la sécurité dans les entreprises.

Un constat inquiétant sur les risques professionnels

Le travail reste un lieu à risque, et les chiffres le confirment. En France, 764 personnes sont mortes en 2024 à la suite d’accidents du travail dans le secteur privé. Ces drames concernent de nombreux secteurs d’activité, notamment le transport, la métallurgie, le bâtiment et les travaux publics (BTP), les services, ainsi que l’agroalimentaire, où le nombre de décès a bondi de plus de 20 % en un an.

Et encore, ce chiffre de 764 victimes ne reflète pas pleinement la réalité de ce qui s’est produit en France l’année dernière. Il n’intègre ni la fonction publique, ni les agriculteurs, ni les chefs d’entreprise, ni même les micro-entrepreneurs, dont une grande partie exerce pourtant dans des secteurs à risque, comme le BTP.

Pour faire face à ce qui demeure aujourd’hui un véritable fléau humain, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé mercredi que le gouvernement augmenterait de 3,4 % d’ici deux ans le budget de l’Institut national de recherche et de sécurité au travail (INRS).

Les actions de l’INRS

Concrètement, le budget de l’INRS sera « progressivement » porté à plus de 90 millions d’euros à l’horizon 2028. Cette hausse, d’environ 3 millions d’euros, doit permettre à l’Institut de renforcer ses actions de recherche, de formation, de diffusion d’outils pratiques et de sensibilisation auprès des entreprises. Un soutien particulièrement important pour les plus petites structures, souvent dépourvues de moyens suffisants en matière de santé et de sécurité au travail.

« Par expérience, je sais que par la prévention, qui n’est pas une option, on peut éviter les accidents », a souligné Jean-Pierre Farandou, ancien dirigeant de la SNCF. Il a également insisté sur la nécessité « d’entretenir une véritable culture de la sécurité » dans le monde professionnel.

Une campagne de communication préventive

Cette annonce intervient un mois après le lancement, par le ministère du Travail, d’une vaste campagne nationale de prévention des accidents du travail. Intitulée « Sécurité au travail : la prévention n’est pas une option », cette initiative vise à mobiliser à la fois les employeurs et les salariés autour des enjeux de sécurité.

La campagne rappelle notamment qu’en 2024, 3 % des décès liés au travail concernaient des salariés de moins de 25 ans, soit 22 décès. Elle souligne également que la première année suivant une prise de poste apparaît comme particulièrement à risque, puisque 22 % des accidents du travail mortels surviennent durant cette période.

Terminons enfin sur une (triste) pilule statistique : la France affiche un taux de mortalité au travail nettement supérieur à celui de ses voisins européens, avec 3,6 décès pour 100 000 salariés, contre 1,6 en moyenne dans l’Union européenne, d’après les données les plus récentes d’Eurostat.

Cet article issu de Previssima.fr est soumis au droit d'auteur, protégé par un logiciel anti-plagiat. Toute reproduction, rediffusion ou commercialisation totale ou partielle du contenu, sans l’autorisation expresse de la société Previssima, est interdite. Les informations diffusées sur Previssima.fr (hors forum) sont toutes vérifiées par un service juridique spécialisé. Toutefois, Previssima ne peut garantir l'exactitude ou la pertinence de ces données. L'utilisation des informations et contenus disponibles sur l'ensemble du site ne peuvent en aucun cas engager la responsabilité de Previssima.