Le 1er mai bientôt travaillé pour certains salariés ? Vote décisif ce vendredi à l’Assemblée nationale

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Le 1er mai bientôt travaillé pour certains salariés ? Vote décisif ce vendredi à l’Assemblée nationale

Faut-il autoriser davantage de salariés à travailler le 1er mai ? La question, hautement symbolique, s’invite ce vendredi à l’Assemblée nationale à travers une proposition de loi déjà adoptée au Sénat. Ce texte est soutenu par le centre et la droite, mais vivement critiqué par la gauche et les syndicats.

Un jour férié à part dans le droit du travail

En France, le 1er mai n’est pas un jour férié comme les autres. Il s’agit d’un jour obligatoirement chômé et rémunéré, sauf dans certains secteurs où l’activité ne peut être interrompue (santé, transports, etc.). Mais cela va-t-il changer ? Après avoir été approuvée par le Sénat, la proposition de loi pour autoriser certains salariés à travailler le 1er mai - soutenue par le gouvernement - va être examinée ce vendredi à l’Assemblée nationale.

Une loi pour « adapter » le droit aux réalités économiques

La proposition de loi souhaite offrir un cadre légal aux établissements dont l'activité est traditionnellement liée à cette date ou à la consommation immédiate. L'objectif affiché par ses promoteurs est de mettre fin à une forme de « flou juridique » pour les commerces de proximité.

Sont notamment ciblés par cette réforme :

  • Les fleuristes : pour la vente traditionnelle du muguet ;
  • Les boulangeries et commerces de bouche : pour la préparation de produits alimentaires de détail ;
  • Les lieux de culture : tels que les cinémas ou certains musées.

Rappelons qu’aujourd’hui, ces professions ont le droit de travailler mais uniquement si elles ne font appel à aucun salarié. Seule solution pour se faire aider : demander à leur famille de participer aux tâches ce jour-là. Une zone grise que la loi vise à modifier.

Le rapporteur du texte, Thibault Bazin (LR), souligne que cette ouverture reposerait sur le principe du volontariat et serait accompagnée d'une compensation salariale (rémunération doublée), à l'instar de ce qui se pratique déjà pour les secteurs dérogatoires. Les primeurs seraient également concernés par cette mesure, mais pas les supermarchés.

Forte opposition syndicale et politique

Un argument auquel la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet ne croit pas. Selon elle, la grande distribution pourrait s'engouffrer dans la brèche et tenter elle aussi de faire venir des salariés ce jour-là, même si le principe restera basé sur le volontariat.

Le texte est en revanche ardemment défendu par certains politiques dont Gabriel Attal, qui a lancé une campagne de communication sur les réseaux sociaux. Sophie Binet y a répondu en estimant que l’ancien locataire de Matignon enchaînait « mensonge sur mensonge ». Au cours d’une interview sur France Inter ce matin, elle a rappelé que « le 1er-Mai, c'est une conquête historique. Cette journée a été arrachée par la lutte, par le sang aussi ».

Une application dès le mois prochain ?

Les débats doivent se tenir toute la journée à l’Assemblée, avec plus d’une centaine d’amendements examinés. À l’extérieur, des rassemblements syndicaux sont prévus.

« Si la loi est adoptée, le gouvernement » fera en sorte qu’elle entre en vigueur dès « le prochain 1er mai » 2026, a assuré de son côté le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou. « Nous ne souhaitons pas revenir sur l’acquis du 1er-Mai, chômé pour l’immense majorité des salariés de notre pays », a-t-il affirmé, mais « sécuriser le cadre existant ».

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