La MSA inquiète du départ massif d’agriculteurs à la retraite

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La MSA inquiète du départ massif d’agriculteurs à la retraite
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Lors de sa conférence de presse du 19 juin 2019, la Mutualité sociale agricole (MSA) s’est inquiétée du départ massif des exploitants agricoles à la retraite. D’ici 10 ans, la moitié d’entre eux partira à la retraite, un véritable défi pour la Caisse qui prend en charges le paiement des pensions de retraite des agriculteurs.

Une installation pour deux à trois départs à la retraite

Le nombre d’exploitants agricoles est en baisse de 1 à 3 % par année, rappelle Pascal Cormery, président de la MSA. Ainsi, pour deux ou trois départs à la retraite, seul un nouvel exploitant s’installe. Cette conjecture engendre un « déficit (…) technique » du régime.

L’urgence est au renouvellement des générations. Pascal Cormery a indiqué que ce renouvellement impliquait de redonner de l’attractivité à cette profession qui souffre de « l’agribashing ». Il déplore également les « distorsions de concurrence », résultant de l’importation de produits traités avec certaines substances nocives, lesquelles sont interdites d’utilisation par les exploitants français, pour raison de santé.

Un avis favorable à la future réforme des retraites

La MSA se montre favorable à la réforme des retraites : « Une des raisons pour lesquelles la MSA est favorable à la réforme des retraites, c’est l’enjeu de l’universalité, la logique d’une solidarité nationale » a déclaré François-Emmanuel Blanc, directeur général de la MSA.

Dans son dossier de presse, la MSA réitère son soutien à la réforme, en indiquant que la MSA partage les objectifs généraux du système universel, et donc à la volonté d’unification des règles d’attribution et de calcul des retraites pour les affiliés des différents régimes. La Caisse souhaite toutefois prendre en compte l’une des particularités des agriculteurs et partage plusieurs recommandations pour le futur régime universel :

  • L’instauration d’un montant de pension minimale, qui doit être identiques à l’ensemble des retraités. Une mesure permettant de prendre en compte les faiblesses de revenu des agriculteurs.
  • La mise en place de règles communes tout en tenant compte des spécificités de certaines professions / secteurs, pour maintenir des mécanismes de solidarités interprofessionnelles.
  • Les droits de réversion et les droits familiaux doivent perdurer, dans les mêmes conditions pour l’ensemble des assurés, dans l’optique de « réduire les écarts de revenus entre les retraités hommes et femmes». Dans ce cadre, elle se montre favorable à l’ouverture du droit à la réversion pour les partenaires pacsés.
  • Suppression progressive de certains statuts précaires non-salariés agricoles, qui apportent des droits diminués en matière de retraite. Ces statuts sont encore majoritairement occupés par des femmes.
  • La conservation de la gestion des retraites des salariés et non-salariés agricoles par la MSA

Reprise de dette par la CADES ?

La MSA a indiqué son souhait de voir sa dette, d’un montant de 3,8 milliards d’euros, reprise par la Caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES) dans le cadre du prochain projet de loi de finance de la sécurité sociale (PLFSS). Une demande « logique » pour la MSA, car les exploitants paient la Contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS), dont une partie finance la CADES.

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