« La France devient l’Espagne » : Vers une révolution des horaires de travail l’été ?
Alors que la France traverse une nouvelle vague de chaleur intense, la question de la protection des salariés au travail revient sur le devant de la scène. Avec des températures records qui mettent à rude épreuve l’organisme, les autorités multiplient les contrôles - et les sanctions - auprès des employeurs, tout en explorant des solutions inspirées de pays plus habitués à ces conditions extrêmes.
L’Inspection du travail passe à l’offensive
Invité sur le plateau de France Info ce lundi, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a indiqué que 2 600 contrôles avaient été effectués depuis la fin mai pour vérifier que les entreprises protègent bien leurs salariés des fortes chaleurs. À la suite de ces visites, 227 mises en demeure ont été formulées.
Ces procédures contraignent les entreprises à déployer immédiatement des mesures adaptées :
- La mise à disposition d'eau fraîche et de locaux ventilés ou ombragés.
- L'aménagement des postes pour permettre aux salariés de travailler dans des conditions convenables malgré le mercure élevé.
« J’ai confiance dans les chefs d’entreprise. La grande majorité prend les mesures pour leurs salariés », a cependant tenu à réaffirmer le ministre, pour qui le défi est aussi - et surtout - ailleurs.
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Réadapter les horaires de travail
Jean-Pierre Farandou pense ainsi qu’il faudrait s’inspirer de l’Espagne, où il existe des conventions collectives et des mécanismes de suspension du travail « au sein des branches ». En allant plus loin, il émet l’idée que c’est peut-être toute l'organisation du travail qu'il faut revoir à l'aune de ces canicules.
S'il rappelle fermement que « l'on ne peut pas arrêter le pays » dès que le mercure s'emballe, le ministre cherche des solutions concrètes pour maintenir l'activité sans mettre des vies en danger. C’est dans cette optique qu’un voyage d’études en Espagne a été programmé. « À Madrid, à 40 degrés, ça fonctionne », estime-t-il.
De l’autre côté des Pyrénées, les chantiers s'activent dès l'aube pour s'interrompre impérativement en début d'après-midi, là où le soleil est le plus agressif. Dans les bureaux, les concepts de pause méridienne élargie ou de flexibilité horaire maximale permettent d’éviter les heures les plus étouffantes.
« L’enjeu principal, c’est l’adaptation des horaires », affirme le ministre, qui insiste sur l’importance de comprendre comment la société espagnole s'est adaptée à la chaleur. « Il faut qu'on considère que la France l'été, ça devient l'Espagne », conclut-il.
L'exemple ibérique : congés météo et horaires d'été
De l'autre côté des Pyrénées, un dispositif novateur suscite principalement l'intérêt des Ecologistes français : le jour de congé pour urgence environnementale. Mis en place il y a deux ans, ce mécanisme octroie aux salariés jusqu'à quatre journées d'absence rémunérée si les alertes officielles déconseillent tout trajet en raison de conditions climatiques critiques. Cette mesure s'applique aussi bien lors des canicules intenses que durant des épisodes de crues majeures.
De plus, durant la période estivale - de la mi-juin à la mi-septembre -, l'administration publique et le secteur privé ont la possibilité de condenser l'activité sur une plage horaire resserrée, généralement de 8 heures à 15 heures, pour contourner les heures les plus étouffantes.