La crise a révélé l’attachement des Français au système de protection sociale (baromètre DREES)

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La crise a révélé l’attachement des Français au système de protection sociale (baromètre DREES)
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Au cœur de la crise sanitaire, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a collecté, fin 2020, l’opinion des personnes résidant en France métropolitaine sur le système de protection sociale français.

Retour sur les chiffres recensés par le Baromètre d'opinion de la DREES publié le 5 mai 2022.

La crise sanitaire a exacerbé la demande de protection sociale

L’enquête fait apparaître qu’en 2020 les Français sont davantage préoccupés par la santé que les années précédentes. Ils sont également plus nombreux à penser (56% contre 43% en 2019) que celle-ci s’est détériorée ces dernières années.

Parmi les personnes interrogées, si une large majorité se considère en bonne santé (76%), 47 % d’entre elles affirment être inquiètes à l’idée de ne pas pouvoir être bien soignées en cas de gros problème de santé.

Face à ce constat, il n’est pas surprenant les sondés soutiennent davantage l’intervention de l’Etat en matière économique et sociale. En effet, 45% d’entre eux jugent le niveau de protection fourni suffisant, soit 10% de plus qu’en 2019. Toutefois, ce soutien accru en 2020 semble vraisemblablement s’expliquer par l’ensemble des mesures exceptionnelles mises en place durant la crise sanitaire.

Par rapport aux années précédentes, la part de Français estimant que l’Etat n’en fait toujours pas assez reste relativement stable (39%). La part de ceux estimant que l’Etat est trop interventionniste n’a quant à elle jamais été aussi faible (16% contre 25% en 2019).

Par ailleurs, les répondants sont de plus en plus nombreux (72%) à penser que la santé n’a pas de prix et se positionnent ainsi contre une limitation des dépenses de santé. De la même manière, une part grandissant d’entre eux estime que, dans un pays développé, il est normal que l’on dépense de plus en plus dans la santé (77% en 2020 contre 58% en 2013).

64% des Français estiment également qu’il est plus important de maintenir au niveau actuel les prestations sociales et les remboursements d’assurance maladie que de prendre des mesures pour réduire le déficit de la Sécurité sociale. Ce chiffre est en hausse par rapport aux années précédentes.

Les plus vulnérables plaident pour un renforcement du système de protection sociale

Parmi les personnes interrogées, 50% de celles ayant connu une dégradation de leur situation financière pendant la crise sanitaire estiment que l’Etat n’intervient pas de manière suffisante dans le domaine économique et social. Ce chiffre se situe à 25% pour les personnes qui, au contraire, ont connu une amélioration de leur situation pendant cette période.

De la même manière, le degré de satisfaction du financement de la protection sociale pendant la crise diffère selon la catégorie sociale à laquelle appartient la personne interrogée. Ainsi, 28% des personnes ayant perçu des prestations de solidarité dans les 12 mois précédant l’enquête (minima sociaux, allocations logement…) jugent ce financement insuffisant, contre 16% chez celles n’ayant bénéficié d’aucune allocation et 12% chez celles ayant perçu des revenus du patrimoine (actifs financiers ou location de biens immobiliers).

Finalement, les personnes les plus précaires, les plus vulnérables, sont globalement en faveur d’un renforcement de l’interventionnisme de l’Etat en matière économique et sociale et défendent un niveau de protection sociale plus élevé. Les groupes socialement favorisés quant à eux, ont une vision plus individualiste et considèrent d’ailleurs que la couverture des risques devrait être réservée aux cotisants.

Les Français globalement satisfaits des soins médicaux

Par rapport aux années précédentes, qu’il s’agisse des hôpitaux ou de la médecine de ville, la satisfaction des Français à l’égard de la qualité des soins médicaux offerts a augmenté. La tendance était pourtant plutôt à la baisse ces dernières années.

Malgré ce soutien à l’égard du système de soins, 61% des personnes interrogées partagent l’idée que le système de Sécurité sociale représente un coût trop important pour la société (+ 5 points par rapport à 2019) et près de 8 personnes sur 10 (chiffre stable) continuent de penser que les dépenses de santé sont trop élevées car le système n’est pas bien géré.

Enfin, bien qu’elles jugent plus important de maintenir au niveau actuel les prestations sociales et les remboursements d’assurance maladie que de prendre des mesures pour réduire le déficit de la Sécurité sociale, seules 16% des personnes interrogées se disent prêtes à accepter une hausse de leurs cotisations (contre 22% en 2015).

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