Jour férié du 1er mai : qui peut travailler cette année ?
Pour ce 1er mai 2026, la question de l’ouverture des commerces de proximité a fait l’objet d’une actualité législative intense. Si le Code du travail reste strict sur le principe du jour férié chômé, quelles sont les règles actuelles ? On fait le point.
Le cadre légal : l'exception du 1er mai
Dans le calendrier français, le 1er mai occupe une place unique. Contrairement aux autres jours fériés qui peuvent être travaillés selon les accords d'entreprise, l’article L. 3133-4 du Code du travail dispose que le 1er mai est le seul jour obligatoirement chômé pour l'ensemble des salariés.
Toutefois, une dérogation historique subsiste pour les secteurs dont l'activité ne peut être interrompue. Sont concernés les services de santé, l'hôtellerie ou encore les sites industriels complexes. Pour ces travailleurs de l'ombre, la loi prévoit une compensation financière stricte : « les salariés occupés le 1er-Mai ont droit, en plus du salaire correspondant au travail accompli, à une indemnité égale au montant de ce salaire ».
Un débat social toujours sensible
Ces dernières semaines, la question d’un éventuel assouplissement a suscité de vives réactions. Plusieurs organisations syndicales – CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires – ont interpellé le gouvernement pour freiner toute évolution rapide du cadre légal.
« On ne réforme pas ainsi brutalement un texte d'histoire sociale et de conquêtes collectives », ont écrit les huit syndicats.
Face à ces prises de position, l’exécutif a finalement temporisé, renonçant à accélérer une réforme qui aurait élargi les possibilités de travail ce jour-là.
Commerces de proximité : une tolérance encadrée
Pour l'édition 2026, le flou persiste mais une forme de pragmatisme semble l'emporter. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a récemment clarifié la position de l'État : il n'a « donné aucune instruction en quoi que ce soit auprès des inspecteurs du travail » pour inciter à la fermeture ou, à l'inverse, à l'indulgence systématique.
Le ministre a aussi précisé que « des inspecteurs du travail sont donc libres de faire des contrôles », tout en misant sur « l'intelligence collective » pour permettre le maintien de certaines activités jugées essentielles ou traditionnelles.
- Boulangers et fleuristes : Ils peuvent ouvrir sous réserve du respect strict du volontariat de leurs employés.
- Cafés et restaurants : Leur situation est plus stable. Un usage administratif de 2016 les autorise à accueillir du public, car ils répondent à un besoin de continuité de la vie sociale.
Dans tous les cas d'ouverture, deux piliers demeurent non négociables : aucun salarié ne peut être forcé de travailler et chaque heure effectuée doit être payée double.